Aslim Taslam

 

- N°81 Novembre 2009 -

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Santé

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L’allaitement maternel

 

(JPEG) L’allaitement maternel est la norme biologique de notre espèce.
Tout le monde sait que le lait maternel, c’est bon parce que c’est « plein d’anticorps ». Au-delà de son rôle protecteur contre les infections respiratoires et digestives et de son rôle préventif contre toutes les formes d’allergie et contre l’asthme, le lait maternel continue à nous livrer ses secrets :

 

Une étude présentée en Mai 2001 lors d’une conférence sur la prévention des maladies à Atlanta et qui a porté sur 117 cas de Mort Subite du Nourrisson (MSN), estimait que 55% des décès auraient pu être évités si la mère avait allaité.

Le pouvoir analgésique de la tétée a été mis en évidence par plusieurs études dont l’une publiée dans le journal of pediatrics en 2002 et qui révélait que lors d’un prélèvement de sang au niveau du talon chez des nourrissons, la tétée réduisait les pleurs de 91% et les grimaces de douleurs de 84%..

L’allaitement maternel bon pour la santé également à long terme : prévention du diabète, de l’obésité, des maladies cardio-vasculaires...

Il a un rôle préventif dans certain cancers : Une étude publiée dans le journal of national cancer institute en 1999 a révélé que le fait d’être allaité réduisait le risque de survenue d’une leucémie aigüe de l’enfant de 21%. La même équipe révélait en 1995 que l’allaitement maternel réduisait le risque de survenue d’un lymphome avant l’âge de 15 ans. D’autres études ont mis en évidence également son rôle préventif contre le cancer du sein chez la femme allaitante et la fille allaitée et contre le cancer de l’estomac.

Plusieurs travaux en mis évidence le gain de quelques points de QI chez les enfants allaités.

Le lait maternel transporterait les bonnes bactéries digestives de la mère pour mettre en place la flore intestinale de l’enfant, il aurait aussi un rôle transporteur pour les pneumallergènes inhalés par la mère ce qui favoriserait une sorte de désensibilisation précoce chez l’enfant.

Selon des chercheurs australiens, le lait maternel contiendrait des cellules souches. D’après le Dr Cregan qui a fait cette découverte, une mère qui allaiterait sont enfant contribuerait à accomplir sa destinée génétique.

Au delà de tout ce que le lait maternel peut transmettre comme nutriments à la bonne dose et au bon moment. Au delà du fait qu’il est une source d’éléments protecteurs, l’allaitement maternel va contribuer à tisser le lien mère-enfant au fil du temps. Ce n’est pas juste une vue de l’esprit, c’est une réalité scientifique : Michel Odent parle d’un pic sanguin d’endorphines (analogues naturels de la morphine) chez la femme au 4ème jour après une naissance par voie basse, ces endorphines passeraient dans le lait colostral et provoqueraient chez la mère et chez l’enfant une sorte d’addiction l’un pour l’autre.

L’activité sécrétoire de la glande mammaire est déclenchée par une hormone hypophysaire : la prolactine. Il a été prouvé que cette même hormone déclenchait un comportement maternel, en d’autres termes, c’est "l’hormone du maternage" comme le dit si bien Michel Odent dans son livre "Bien naître". Il nous y apprend également que son injection à la souris même impubère entraîne la construction du nid.

L’ocytocine, une autre hormone hypophysaire, est responsable de contractions utérines pendant l’accouchement, et va être durant l’allaitement à l’origine du réflexe d’éjection du lait. Sa sécrétion est provoquée par la succion du bébé. Elle provoque chez les mammifères un comportement d’attachement et un sentiment de confiance. Elle a été surnommée "le filtre d’amour", "l’hormone du paradis sur terre".

A notre époque où il est impératif d’agir pour l’avenir de la vie sur terre, l’allaitement maternel a cette qualité extrêmement appréciable de protéger le petit d’homme du dictât de l’industrie du lait dont les activités sont très polluantes (élevage et traite industriels de bovin, manufacture et transport produisant des gaz à effet de serre, production importante de déchets)

L’allaitement maternel assurant une réponse optimale aux besoins de nourriture et d’amour du bébé, il initie un rapport sain et respectueux de soi et de son environnement. N’est ce pas le meilleur des départs dans la vie que d’être sure de recevoir le meilleur à chaque fois qu’on en a besoin et d’apprendre ainsi à donner le meilleur de soi à nous-même, à notre entourage et à notre environnement ? N’est ce pas la meilleure façon de transmettre à son enfant le fait indéniable qu’Allah pourvoit à tout ?

Pratiquement toutes les femmes qui n’ont pas allaité auraient voulu le faire. C’est souvent par manque d’information et de soutien qu’elles ne l’ont pas fait et très rarement par manque de lait. Même si c’est ce qui leur a semblé.


Références bibliographiques :

-  Allaiter, c’est bon pour la santé, Claude-Susanne Didierjean-Jouveau
-  La voie lactée, Claude-Susanne Didierjean-Jouveau
-  L’art de l’allaitement maternel, publié par La Leche League Canada
-  Les dossier de l’allaitement, revue publiée par La Leche League France
-  Bien Naître, Michel Odent

 

Zoubida A.
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