Aslim Taslam

 

- N°82 Décembre 2009 -

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Coran & Sounnah

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L’homme et sa relation avec les animaux

 

 

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Allah Exalté nous dit dans Le Coran : « Nulle bête marchant sur terre, nul oiseau volant de ses ailes, qui ne soit comme vous en communautés. » (Coran, 6,38).

Vivre en communauté nécessite des règles, et reste impossible sans respect, compassion ni amour. Les animaux sont considérés comme des partenaires de l’homme nécessaires à sa vie sur terre, aussi il se doit d’en disposer de manière convenable. À chacune des créatures Allah 3azawajal a accordé un rôle et un environnement bien établis aussi doit-on en prendre soin pour la bonne harmonie d’une vie en communauté.

Une fois, le Prophète saws est passé près d’un chameau très émacié. Il dit : « Craignez Dieu à propos de ces animaux qui ne peuvent s’exprimer. Si vous les montez, faites-le de façon convenable [en les mettant en forme pour qu’ils puissent le faire aisément] et si vous les mangez, faites-le de façon convenable [en les nourrissant bien pour leur assurer une bonne santé]. » (Abou Daoud)

La miséricorde, en islam, s’étend à toutes les créatures d’Allah Talaa et pas uniquement aux êtres humains. L’islam interdit toute forme de cruauté envers les animaux. Il y a de cela mille quatre cent ans, bien avant l’émergence du mouvement de défense des droits des animaux, qui a débuté avec la publication du livre de Peter Singer « Animal Liberation » (1975), l’islam exigeait que les animaux soient traités avec bonté et affirmait que la cruauté envers eux constituait une raison suffisante pour qu’une personne soit jetée dans le feu de l’Enfer !

Allah Taala dit :

« Nous vous avons désigné les chameaux (et les vaches) bien portants pour certains rites établis par Allah. Il y a en eux pour vous un bien. Prononcez donc sur eux le nom d’Allah, quand ils ont eu la patte attachée (prêts à être immolés). Puis, lorsqu’ils gisent sur le flanc, mangez-en et nourrissez-en le besogneux discret et le mendiant. Ainsi, Nous vous les avons assujettis afin que vous soyez reconnaissants. Ni leur chair ni leur sang n’atteindront Allah, mais ce qui L’atteint de votre part, c’est la piété. Ainsi vous les a-t-Il assujettis afin que vous proclamiez la grandeur d’Allah, pour vous avoir mis sur le droit chemin. Et annonce la bonne nouvelle aux bienfaisants. » Sourate 22 Le Pèlerinage (al-Hajj), versets 36-37.

Le prophète Mouhammad saws a dit : « Une femme a été tourmentée en enfer à cause d’une chatte qu’elle avait enfermée jusqu’à ce qu’elle pérît. A cause de l’animal, elle entra en enfer. Elle ne l’avait ni nourrie, ni abreuvée alors qu’elle l’avait enfermée, ne lui laissant pas la possibilité de consommer ses proies. » (Al-Bukhârî wa Muslim)

Le Prophète Muhammad saws à de nombreuses occasions nous a enseigné l’importance de respecter les animaux et de les laisser vivre en harmonie :

Un jour, des enfants avaient attaché un oiseau vivant en le prenant pour cible. Ibn ‘Umar, disciple du Prophète, s’exclama : « Le Prophète a maudit celui qui se sert comme cible de tout être vivant (attaché). » (Al-Bukhârî wa Muslim)

Le Prophète Mouhammad saws vit une fois un âne marqué sur le visage. Il saws désapprouva la chose et déclara : « Que Dieu maudisse celui qui l’a marqué ! » Il ordonna que l’âne fût marqué sur sa croupe, c’est-à-dire la partie la plus éloignée du visage. (Muslim)

Evoquons encore ces événements : « Nous étions en voyage. Nous vîmes alors un oiseau avec ses deux petits. Nous prîmes les oisillons et leur mère se mit à voler au-dessus de nos têtes. A ce moment arriva le Prophète qui demanda : « Qui a fait de la peine à cet oiseau en lui prenant ses petits ? Allez, rendez-lui ses enfants ! » Un autre jour, il apprit que des hommes avaient brûlé une fourmilière. Il demanda alors : « Qui l’a brûlée ? » Ses compagnons répondirent : « Nous. » Il déclara : « Il ne convient à personne de châtier par le feu, sinon le Maître du feu. » (Abû Dâwûd)

Et il nous dit aussi combien le Créateur apprécie de nous voir protéger sincèrement et avec bonté les espèces qui nous sont inférieures et qui dépendent de nous. Le Prophète saws raconta un jour ce récit : « Alors qu’un homme cheminait, il fut pris d’une grande soif. Il trouva un puits dans lequel il descendit et but. Quand il en sortit, il vit un chien haletant qui mangeait de la boue sous l’effet de la soif. L’homme se dit : « Ce chien est en proie à une soif semblable à celle que je viens d’éprouver il y a peu. » Il descendit alors dans le puits et remplit d’eau sa chaussure qu’il tint entre ses dents jusqu’à ce qu’il se hissât en dehors du puits. Ainsi, il donna à boire au chien. Dieu lui en fut reconnaissant de sorte qu’il lui pardonna, et le fit entrer au paradis. » Les compagnons du Prophète lui demandèrent (surpris) : « Ô Messager de Dieu, nous serions récompensés pour (avoir été compatissants envers) des animaux ? » Le Prophète dit : « Pour tout foie humide (c’est-à-dire tout être vivant), il y a une récompense. » (Al-Bukhârî, Muslim)

Le même événement est rapporté, mais cette fois en faveur d’une prostituée. Le Prophète saws a dit : « Un chien à demi-mort de soif tournait autour d’un puits, lorsqu’il fut remarqué par une prostituée juive qui enleva sa chaussure et s’en servit pour lui donner à boire. Ce geste lui valut d’être pardonnée. » (Al-Bukhârî, Muslim)

Sourate 5 La Table servie (al-Mâ’ida), verset 3.

« Et les bestiaux, Il les a créés pour vous ; vous en retirez des vêtements chauds ainsi que d’autres profits. Et vous en mangez aussi. Ils vous paraissent beaux quand vous les ramenez, le soir, et aussi le matin quand vous les lâchez pour le pâturage. Et ils portent vos fardeaux vers un pays que vous n’atteindriez qu’avec peine. Vraiment, votre Seigneur est Compatissant et Miséricordieux. » Sourate 16 Les Abeilles (an-Nahl), versets 5-7.

« Accomplis la salât (prière) pour ton Seigneur et sacrifie. » Sourate 108 L’Abondance (al-Kawthar), verset 2.

Même lorsqu’il s’agit de se nourrir, nous devons agir avec bienséance comme nous l’enseigne l’islam (coran et sunna) et non barbarie. L’abattage est un acte de sacrifice autorisé par Allah Taala afin de permettre à l’homme de se nourrir. Le prophète saws a dit : « Il n’y a pas un être humain qui tue sans droit un oiseau, ou un animal plus gros, qui ne sera pas questionné par Dieu au jour du Jugement. » On lui demanda : « Et quel est le droit de l’animal, ô messager de Dieu ? » Il répondit : « C’est qu’il l’égorge et en consomme la chair, et non pas qu’il lui coupe la tête tout en jetant le reste. » An-Nasai.

Seul le besoin de se nourrir justifie donc cette autorisation tant que cela reste dans le cadre sacré élaboré par Allah Taala. Le sacrifice constitue un exemple de la synthèse entre le monde d’ici-bas et les recommandations divines permettant d’atteindre un équilibre entre besoins matériels et vie spirituelle. Avant et pendant l’action le croyant se souvient des bienfaits que Dieu lui a attribués, il formule le Nom d’Allah, qui représente une exigence pour valider le sacrifice.

Mais il ne suffit pas de dire : « Bismillâh. Allâhu akbar », le croyant se doit aussi de veiller au bon traitement de la bête : lui épargner la vue du sang, ne pas la prendre n’importe comment, être apte à la sacrifier et le faire le plus rapidement possible à l’aide d’un outil adéquat afin d’alléger sa souffrance. Le Prophète Mouhammad saws commandait aux croyants d’aiguiser leur lame avant de procéder à l’abattage et d’épargner à l’animal toute souffrance !

Le mot sacrifier invite à une certaine éthique, au respect d’une vie pour une autre et exigera donc de suivre des règles et d’avoir de la considération.

Le sacrifice est l’acte qui consiste à trancher les veines jugulaires et l’œsophage d’une bête afin de rendre sa nourriture licite.

Sauf exception, abattre un animal par n’importe quel coup ne peut être considéré comme un sacrifice. Il faut donc couper la gorge au-dessous du larynx et trancher en même temps l’œsophage et les veines jugulaires. Le sacrificateur doit être habilité à exercer cet acte, c’est-à-dire jouissant de ses facultés mentales, pubère ou à l’âge de raison.

Ibn ‘Umar, passant près d’un homme qui avait agenouillé sa chamelle pour la tuer lui dit : « Mets-la debout, le pied lié, c’est la Sunna (la pratique) du Prophète. » Hadith rapporté par al-Bukhârî et Muslim.

Pour que l’égorgement soit en règle, des conditions sont à respecter dont le fait d’avoir un outil bien aiguisé et capable de provoquer un flux de sang. Il est prouvé scientifiquement que la bête ne souffre plus dans la mesure où les veines jugulaires sont sectionnées car cela permet de couper assez rapidement tout lien entre le cerveau et le reste du corps de la bête.

Ainsi le croyant, dans sa manière de vivre et de se nourrir, doit préserver son environnement de toute attitude qui pourrait lui nuire.

Références : Islam-QA et AVS


 

Fatima Zahra T.
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