Aslim Taslam

 

- N°15 Mars 2002 -- N°50 Février 2007 -

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Economie

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Le rôle de la banque islamique

 

 

La contribution du Monde Musulman au nouvel ordre économique international est basée sur une application renouvelée de la loi Islamique, la Charia, à l’économie moderne et aux transactions financières.
Ces mesures dans les secteurs de la finance doivent être perçues comme partie intégrante dans la tentative de développement d’un idéal Islamique de la société et de l’économie, basée sur les principes Islamiques de justice sociale et d’humanité.

L’approche de la banque Islamique entraîne - au delà des implications religieuses - une relation conceptuelle différente entre les activités de finance et d’économie. Le lien créancier-débiteur est remplacé par le risque équitablement partagé entre l’apporteur du capital et l’entrepreneur.

La principale conséquence dans cette autre approche de l’économie Islamique est l’interdiction de payer ou faire payer des intérêts.
L’élimination de l’intérêt du système économique a pour but de "promouvoir des accords économiquement justes, socialement équitables, et à l’éthique correcte en accord avec les principes Islamiques, et favoriser la solidarité et la cohésion de la Communauté Musulmane, harmoniser le commerce, créer de puissantes impulsions économiques, et entraîner la coopération et la co-participation dans toutes les démarches de la vie".
A part le principe-clé de la prohibition de l’intérêt, un second principe Coranique, relatif à l’argent, est la prohibition de la thésaurisation. Il faut engager son argent dans une activité pour soi-même et la communauté.
Les solutions proposées sont le partage du profit et l’accent mis sur la valeur du travail, contrairement à celle du capital, comme source de revenu.
Derrière ces principes et préceptes repose la philosophie complète de l’Islam et de son système de valeurs spécifique. Il tend à instituer une relation équitable entre les droits de l’individu et ceux de la société en établissant l’harmonie, par l’élimination des intérêts contradictoires. La raison économique qui explique l’élimination de l’intérêt se base sur les valeurs de justice, de rendement, de stabilité et de croissance.
A propos de stabilité, on argue que l’économie basée sur l’intérêt à une tendance intrinsèque vers l’inflation, car la création d’argent n’est pas dûe à des investissements productifs, que ce soit au niveau des banques centrales ou au niveau des banques commerciales.

Pour apprécier les implications de la Charia dans les transactions économiques et financières, on doit analyser les institutions majeures de la loi Islamique en relation avec ces secteurs.
Du point de vue de la structure de leur capital, les banques Islamiques reposent en majorité sur leurs actionnaires et leurs dépositaires, constitués essentiellement de personnes physiques. Parmi la communauté bancaire, les institutions Islamiques sont plutôt de taille modeste, à cause de leur stucture d’actionnariat constituée en général du public privé habitant le pays.
Alors que les banques Islamiques commerciales opèrent sur le territoire national, les companies d’investissement et de fonds Islamiques peuvent étendre leur mandat à l’international.
L’interdiction de prendre ou demander un taux d’intérêt affecte toutes les activités des institutions de finance Islamique, en ce qui concerne l’utilisation des fonds. Il est intéressant de noter qu’il existe différentes interprétations sur la façon d’appliquer le terme ’riba’ (intérêt) à l’économie d’aujourd’hui et aux transactions financières. Les ’modernistes’ visant une nouvelle interprétation de l’Islam en général, poussent à une interprétation à l’esprit de la loi et non à la lettre. Ils contestent donc en disant que le Coran a interdit l’usure et non l’intérêt légitime. Pourtant, la majorité des économistes Islamiques maintiennent que l’intérêt est aussi interdit pour tout crédit productif, puisque le terme ’riba’ signifie augmentation et que par conséquent tous les remboursements au delà du montant original du prêt sont illicites. Les banques Islamiques en activité aujourd’hui suivent cet avis dans leurs opérations.

Le concept de partage équitable du risque entre l’apporteur de capital et l’entrepreneur est central dans les activités bancaires Islamiques. Suivant ces principes basiques de finance privée d’intérêts, les institutions Islamiques de finance peuvent engager les actions suivantes pour leurs clients :

-  (a) Financement avec prise de Participation (Moucharaka)

La banque fournit une partie des capitaux propres et du fond de roulement requis pour le projet, et partage avec l’entrepreneur toutes pertes ou tous profits. Les profits sont partagés selon un ratio pré-établi. Les pertes, toutefois, sont calqués sur la part de la contribution au capital.

-  (b) Financement de Confiance (Mudaraba)

La banque fournit tous les capitaux requis. Le client fournit les capacités de gestion pour le projet concerné, encore une fois sur la base d’un partage pré-établi des profits. Les pertes, dans ce cas, sont subies entièrement par la banque seule, le client ne perdant que la valeur de son travail.

-  (c) Financement au Coût-Plus-Profit (Murabaha)

L’institution financière achète les matériaux de base, les biens ou l’équipement et les vend au client avec une marge de profit négociée supérieure au coût.

-  (d) Financement par Location (Ijar)

La banque acquière un équipement ou des bâtiments et les rend disponibles au client sur la base d’un loyer direct.

-  (e) Financement par Lease-Achat (Ijar wa Iktina)

L’arrangement est similaire à ci-dessus excepté que le client a l’option d’acquérir la propriété du bien loué ou du bâtiment en accumulant les traites dans un compte épargne. Le ré-investissement de tout le capital accumulé travaille en faveur du client, lui permettant d’amortir le coût de la location.

Les institutions Islamiques financières peut aussi des prêts à taux zéro pour ces projets. De plus, les diverses activités mentionnées ci-dessus peuvent être combinées sous diverses formes pour réunir les conditions financières de l’économie moderne.

Saïd Zafar


 


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