Aslim Taslam

 

- N°6 Mai 2001 -- N°82 Décembre 2009 -

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Métier

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Conseiller d’insertion et de probation

 

Le conseiller d’insertion et de probation (CIP) est un fonctionnaire de l’État chargé de la mise en oeuvre et du suivi de toute action susceptible de favoriser l’insertion sociale des délinquants majeurs faisant l’objet d’une mesure judiciaire. A ce titre, il est l’interlocuteur privilégié des magistrats et au premier chef du juge de l’application des peines. Acteur incontournable de la lutte contre la récidive et du développement des alternatives à l’incarcération, le CIP travaille en liaison étroite avec les partenaires locaux, notamment dans le cadre de la politique de l’emploi et de la ville.

 

I : Comment devient-on CIP ?

Le concours de CIP est ouvert au titulaire d’un DEUG, toutes les formations universitaires sont les bienvenues mais les reçus au concours sont majoritairement des juristes (70%).

La phase écrite du concours est constituée de deux épreuves : une note de synthèse et une dissertation de culture générale. Ceux qui ont franchi cette première étape doivent ensuite passer les deux épreuves orales : un oral sur un sujet de culture générale et une épreuve de travail en groupe.

Le concours en poche, l’élève CIP devient élève-fonctionnaire au sein de L’École Nationale d’Administration Pénitentiaire (ENAP), situé à Agen, où il va être formé pendant une durée de deux ans. Il est rémunéré pendant sa formation, qui se déroule en alternance à l’école et sur les terrains de stage (maison d’arrêt, centre de détention, Tribunal de Grande Instance, centre d’action sociale, associations ,commissariat etc.)

La première année de formation est axée sur des enseignements théoriques : droit, réglementation pénitentiaire, sociologie, psychologie, psychiatrie, criminologie. La seconde année s’articule autour de la soutenance d’un mémoire et la mise en application des savoirs. Les élèves sont notamment amenés à concevoir, réaliser, évaluer un projet d’action collective favorisant l’insertion des détenus ou des personnes suivies en milieu libre.

La rémunération net d’un CIP en début de carrière est de 8 867 francs, 15 369 francs en fin de carrière.

 

II : Quel est le rôle du CIP ?

Le CIP assure à la fois une mission d’aide à l’insertion sociale et de contrôle à l’égard des personnes privées partiellement ou totalement de liberté. Il concoure à la préparation des décisions de justice à caractère pénal et en assurent le suivi et le contrôle  ; il participe au maintient des liens sociaux et familiaux des personnes incarcérées.
Le CIP exerce son métier au sein du service pénitentiaire d’insertion et de probation qui est un service départemental. La fonction du CIP l’amène à travailler en liaison étroite avec les autorités judiciaires et civiles, tous les intervenants sociaux, institutionnels et associatifs du département.
Le CIP travaille souvent au sein du tribunal (milieu ouvert) et également au sein d’une maison d’arrêt. Parfois, il travaille exclusivement en milieu fermé (centre de détention, maison centrale). Tout dépend du lieu où il exerce.

Le rôle du CIP en milieu ouvert est :

-  de contrôler le respect des obligations imposées aux personnes placées sous main de justice (PPSMJ). On appelle PPSMJ, toute personne ayant fait l’objet d’une condamnation pénale quelle que soit la sanction prononcée par le tribunal (sursis simple, sursis avec mise à l’épreuve, travail d’intérêt général, peine de prison ferme, etc).

-  d’effectuer quand elles lui sont demandées des investigations (par le biais d’enquête) préalables à la prise de décision par la juridiction de jugement ou d’instruction. Ainsi, pour les jeunes de 18 à 21 ans, le juge d’instruction à l’obligation de saisir le CIP pour réaliser une enquête sur la situation socioprofessionnelle du jeune, une fois les éléments d’enquêtes vérifiées, le CIP peut proposer au juge une mesure alternative à l’incarcération.

-  de proposer des aménagements de peines pour les personnes condamnées à de courtes peines de prison (moins d’un an) : semi-liberté, libération conditionnelle, etc.

En milieu fermé, le travail du CIP consiste à :

- maintenir les liens sociaux et familiaux du détenu.

-  prévenir les risques de désocialisation (notamment par la mise en place d’activités socio-éducatives au sein de la prison : action contre l’illettrisme, aide aux indigents, prévention en matière de santé etc.).

-  individualiser la situation pénale par un suivi individuel du détenu.

-  préparer leur réinsertion sociale à leur sortie de prison (en orientant les détenus vers les structures de droit commun, leur faciliter l’accès aux soins, à un hébergement, à la formation professionnelle etc).

III : Les qualités d’un bon CIP

Ce métier requiert de réelles qualités humaines, liées à la nature même de la mission du CIP (préparer la réinsertion des délinquants) et au public auprès duquel il intervient. Le CIP est souvent confronté à des personnes violentes, marginales, manipulatrices mais aussi en grande souffrance. Un grand sens de l’écoute et une facilité d’adaptation aux situations les plus diverses est nécessaire pour affronter une population en grande précarité sociale et affective.

Le CIP étant l’interlocuteur privilégié des juges, il doit montrer sa capacité à comprendre l’environnement social et la situation psychologique des individus en rupture sociale, qu’il est amené à suivre. Cette qualité lui permet d’évaluer des situations difficiles et de proposer des solutions adaptées.

Une grande persévérance est un atout dans ce métier difficile parce que le CIP est souvent confronté à l’échec. Il ne faut pas oublier qu’il intervient dans la vie d’un individu là où toutes les structures ont échouées (éducation parentale, école, service sociaux, éducateurs etc.).

Enfin, ce métier exige d’avoir soi-même une vie équilibrée, il faut se protéger et savoir laisser les vies brisées croisées dans la journée derrière soi. Il faut pouvoir prendre ses distances faces à la monstruosité des actes commis par certains délinquants (crime de sang, viol, pédophilie, etc).


 

Sabrina L.
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