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- N°5 Avril 2001 -- N°59 Novembre 2007 -

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On a lu

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Abu Hamid Al Ghazali, Les dégâts des mots (La médisance et la calomnie)

 

 

 

« Le Tout Miséricordieux
Il a enseigné le Coran
Il a créé l’homme
Il lui a appris à s’exprimer clairement
 »
Sourate 55, Ar-Rahman (Le Tout Miséricordieux), versets 1-4

Paradoxalement, alors que la parole est la chose la mieux partagée au monde, l’art de parler ne semble guère être pratiqué par le plus grand nombre. Pouvoir parler n’implique pas nécessairement savoir parler, comme il ne suffit pas de savoir parler pour bien parler. L’animal en témoigne.
Prêtons l’oreille ça et là, et l’on entendra, au premier désaccord, les discussions s’envenimer et les mots, tels des armes, plus redoutables, les unes que les autres, fusaient. Trop souvent, on oublie de choisir ses mots, de mesurer son propos, de châtier son langage. Il n’est évidemment pas question de parler bellement. Il ne s’agit pas d’élocution et encore moins de rhétorique, mais bien d’éthique. Si la parole constitue un acte dénué d’effort, il n’en demeure par moins que cet acte reste et doit rester soumis aux mêmes règles que tout autre acte.
Le Musulman ne peut d’une part observer les prescriptions religieuses selon une rigueur et une constance exigées, et d’autre part affranchir sa langue des principes islamiques de bienséance et de savoir vivre. Le Musulman ne ment pas, ne parle pas vainement, ne médit pas. Il mesure son propos, ne fait pas de faux sermons, et ne calomnie pas. Il se garde des méfaits des mots dont il connaît la portée.

« Il ne prononce pas une parole sans avoir auprès de lui un observateur prêt à l’inscrire »
Sourate 50, Qaf, verset 18

Le livre d’Abu Hamid al Ghazali constitue un excellent rappel en la matière. Exposant les méfaits de la langue déliée, il nous renvoie au Coran et aux hadiths afin que nous revenions à la norme. Il est en cela un excellent compagnon et livre de chevet.

« Un jour, l’Envoyé de Dieu saws vint à notre rencontre pendant que nous nous disputions sur une question de la Foi. Il se fâcha terriblement comme on ne l’avait jamais vu auparavant et il nous interpella en ces termes : Attendez ô membres de la Communauté de Muhammad ! Ceux qui ont été avant vous n’ont péri que par cela. Abandonnez la dispute car il n’y a aucun bien ; abandonnez la dispute car le croyant ne se dispute pas ; abandonnez la dispute, car le comble du péché est que tu restes un de ceux qui se disputent ; abandonnez la dispute car je n’intercède pas au Jour de la Résurrection en faveur de celui qui se dispute ; abandonnez la dispute car je garantis trois maisons au Paradis - en bas, au centre et dans les hauteurs - pour celui qui délaisse la dispute avec sincérité ; abandonnez la dispute, car la première chose que mon Seigneur m’a interdit de pratiquer après l’adoration des idoles, c’est la dispute. » (At-Tabarani)

 

Pour en savoir plus

Lire

Les dégâts des mots (La médisance et la calomnie),
Abu Hamid Al Ghazali,
éditions Iqra, Paris, 1995,
ISBN 2-911509-00-5,
140 pages.
 

Abu Hamid Al Ghazali, Les dégâts des mots


 

Fateh K.
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