Aslim Taslam

 

- N°28 Avril 2003 -

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Histoire

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La Mésopotamie antique

 

Mesos potamos signifie : région entre les deux fleuves. Si les régions situées entre le Tigre et l’Euphrate sont aujourd’hui terres musulmanes, terres de pétrole, terres de conflits, nous devons nous rappeler que bien longtemps avant notre ère, elles furent terres de déchirements, certes, mais aussi hauts lieux de civilisations.
Sur plusieurs millénaires, le développement de la région s’est effectué à partir du sud avec la civilisation de Summer en remontant vers le nord jusqu’aux sources des deux fleuves.

 

image 119 x 117 (JPEG) La civilisation de Sumer

A l’époque du néolithique, c’est une terre de nomades, vivant de chasse et de cueillette, sous un climat humide et verdoyant. Puis, sous l’influence de la sécheresse, il y sédentarisation autour des points d’eau, principalement les fleuves, on passe de la chasse à l’élevage, de la cueillette à l’agriculture. Apparition de la houe.

Vers le 8ème millénaire avant notre ère, s’infiltrent dans le bassin des deux fleuves, des peuples venus des monts Zagros, au nord-est. Au 4ème millénaire les sumériens arrivent de l’est et les sémites, du sud. L’amalgame de ces populations produit la civilisation sumérienne qui occupe le sud de la région.

image 175 x 158 (JPEG) A Obeid, prés de Ur, se développe la maîtrise de l’eau avec le chadouf. A Ur, naît l’art de la céramique. Le développement de la ville d’Uruk s’articule autour de trois axes :

-  Une écriture primitive, à l’origine du cunéiforme, faite de bâtons en forme de clous, servant à comptabiliser le bétail, les récoltes, etc.

-  La découverte du travail des métaux, outils, armes.

-  Les premières organisations administratives des villages ; le sceau cylindrique fait son apparition, c’est l’ancêtre de la rotative d’imprimerie : les signes cunéiformes sont gravés sur un cylindre, on peut imprimer le texte à volonté sur des tablettes en terre, en y roulant le cylindre comme un rouleau à pâtisserie.

image 200 x 199 (JPEG) A partir de 3500 avant notre ère, avec l’évolution des villages vers le statut de cités états, on assiste à des tentatives d’unification : Un chef ambitieux tente d’annexer des cités voisines à sa propre cité, tel Sargon, roi d’Akkad, qui annexe la cité d’Uruk. Ces tentatives sont difficiles et de courte durée en raison de la forte velléité d’autonomie de chaque cité. La plus durable se produit vers 2105 environ avant note ère. Après une période de troubles causée par les Amorrites, le roi d’Uruk écrase ces derniers, établit l’hégémonie de Ur en remplacement d’Uruk. Son fils, Ur Nammu, est à la fois, roi, architecte, et promoteur d’une riche civilisation. A Ur, se trouve une bibliothèque contenant 35 000 tablettes. L’incendie de cette bibliothèque fait que les tablettes, se solidifient sous l’influence du feu (phénomène de poterie/terre cuite) et sont aujourd’hui une mine d’informations pour les archéologues. C’est à cette époque que se situe l’épisode Abraham, qui aurait quitté Ur avec certains de ses compatriotes, devant la menace amorrite. Ces derniers envahissent de nouveau la région vers 1894, Ur disparaît. C’est la fin de l’empire sumérien.

Babylone

A partir de 1894 av. JC, une petite cité état du centre de la région, Babylone, entre dans l’histoire. Les Amorrites remontent de Ur vers Babylone, ils sont assimilés par les babyloniens, et naît la première dynastie de Babylone. D’origine amorrite, Hammourabi en est le plus éminent souverain. Administrateur, conquérant, législateur, il a laissé le code dit d’Hammourabi, comptes-rendus d’actes de jurisprudence gravés sur une stèle noire plus haute qu’un homme, qui se trouve au Musée du Louvre.
En 1595 av. JC les Kassites, sans doute originaires des Monts Zagros, s’abattent sur Babylone.

Les Assyriens

Au nord de la région, Assour se développe, c’est la cité des Assyriens ainsi que Ninive. A leur tour ils prennent Babylone vers 1251 avant notre ère. Assourbanipal est le souverain assyrien le plus connu. Malgré le faste de cette civilisation, on en retient une image négative : politique de rançon auprès des populations conquises et déportations massives. Dans le même temps on assiste à l’arrivée dans la région d’une population de 4 à 5 millions de personnes, les Araméens, venant d’Arabie, non armés. Ils se sont infiltrés pacifiquement parmi les assyriens.

La période néo babylonienne

C’est une période de renaissance pour les babyloniens. Aidés par les Mèdes, ils prennent Ninive aux Assyriens.
La civilisation néo babylonienne voit le jour. Nabuchodonosor II en est le plus grand souverain. Il fait de Babylone la plus belle ville de l’Orient selon certains textes égyptiens. Le site couvre 975 hectares, mur d’enceinte de 7 mètres d’épaisseur, portes monumentales ornées de céramique, palais, ziggourat de sept étages sur un plan carré de 91 mètres de coté. La ziggourat est à Babylone ce que la pyramide est à l’Egypte. La cité est aussi un centre culturel et un centre de commerce prospère.

Le déclin

En 539 av. JC, Babylone fait l’objet d’une nouvelle invasion, par les Perses avec Cyrus le Grand.
Puis en 331 av. JC, le macédonien Alexandre le Grand arrive dans Babylone en libérateur, il en fait sa capitale, mais occupé sur d’autres territoires, il délaisse la ville et n’y revient que pour y mourir. C’est alors le déclin de la région et il faudra attendre l’arrivée des arabes musulmans pour assister à la renaissance de la région.

Que sont devenues les grandes cités antiques ?

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Babylone, c’est aujourd’hui HELLAH,
Ur c’est NASIRIYAH, Ninive c’est MOSUL.

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Remparts de Mosul


 

Marie-Louise R.
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