Aslim Taslam

 

- N°32 Août 2003 -

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Sciences

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Polémiques autour de la création de l’univers (3)

 

Nous avions entamé la critique de la thèse de l’auto création de l’univers, en présentant le premier argument qui est la loi de cause à effet qui s’inscrit comme étant un fait réel, expérimenté et synthétiquement considéré comme étant une vérité par l’entendement. Aujourd’hui, nous en présentons d’autres aspects.

 

Les partisans d’un univers « auto construit » ou « s’auto construisant » croient que la matière possède une énergie propre qui lui permet de se mouvoir en adoptant une nouvelle configuration spatiale, ce qui permettrait donc de conclure d’une inutile intervention d’une force extérieure. C’est ce que nous trouvons par exemple dans la dialectique marxiste, où on suppose que la matière évolue, par des interactions nombreuses, résultantes des éléments et des effets antagonistes et opposés qui ne peuvent pas coexister, une sorte d’éternelle lutte entre une charge négative et une charge positive. La nature sera alors le produit de ces incessantes transformations.

Mais cette affirmation est loin de faire l’unanimité des savants, Abdelmajid Najjar rappelle justement :

« Les composants matériels, quels que soient leurs configurations, ne sont en fait que des séries d’éléments simples, qui font partie des cent et quelques éléments recensés, ces éléments ne sont eux-mêmes qu’un amas d’atomes, [...] la matière n’est autre qu’un ensemble d’électrons et de neutrons [...].Elle a de prime abord aucune existence propre, dans la mesure où les éléments (de la classification périodique) peuvent se mouvoir et prendre la forme d’un second élément, par une réaction naturelle ou par une l’expérimentation humaine, comme c’est le cas pour l’uranium qui devient du radium (en cédant des électrons) ou du radium qui se transforme en plomb. La matière n’a-t-elle donc finalement qu’une existence relative et à jamais fixe ? N’est-elle pas contrainte parfois à sa propre désintégration, par explosion de l’énergie électrique qui est la base de son existence ? » [1]

Mohamed Baqir Sad’r, considère même que cette incapacité créatrice de la matière et la relativité caractéristique de son essence dans le temps impose de fait « que les causes de son existence ne sont pas intrinsèques à la matière mais sont en dehors du domaine de la nature, ces causes sont aussi à l’origine de la différenciation des éléments ou des définitions spatiales. » [2]

Les évolutionnistes bâtissent toute leur argumentation sur la capacité « motrice » de la matière, comme si cela était synonyme de « créatrice ». La première n’est que le fruit des règles qui régissent ces éléments de la nature, mais ce qui nous importe c’est bien de savoir l’auteur même de ces lois. Même si nous considérons que l’univers est été créé de la sorte, par auto création, quand est-il de la matière organique ? Des êtres vivants ? Il y a des zones très sombres à ce sujet. « L’homme cet inconnu ? » d’Alexis Carel, « L’évolution, une théorie en crise », « L’évolution a-t-elle un sens ? » de Michael Danton [3], sont autant de références incontournables pour juger de la grande fragilité d’une thèse qui n’avait pour but que d’assouvir un besoin de paresse évident, de ceux qui s’adonnaient à des prescriptions dites moyenâgeuses ou d’un « jadis » religieux pénible, difficile à enterrer.

Dorothy Davidson affirme à ce sujet : « L’origine de la vie sur terre est un labyrinthe fermé, de telle sorte que ce que renferme ses premiers remparts est toujours inconnu. » [4]

Lorsque les premiers illuminés de la science ont cru pouvoir à jamais réfuter le fait religieux, d’une part dans la mesure où ils l’ont assimilé au début à la seule religion chrétienne, ils se mirent à rechercher le moyen de lui donner un coup de grâce. L’occident sécularisé se devait de prêcher sa bonne foi, avec des miracles reconnus par l’humanité. Combien fut grande la déception, lorsqu’on s’aperçut que ces preuves devaient en fait servir le fait religieux :

« La réalité à laquelle nous nous devons de croire ardemment, est que ces nombreuses tentatives de création de matière organique à partir de matière minérale, ont toutes été vouées à un puisant échec. Avec ceci, quiconque renie l’existence de Dieu, est incapable de fournir la preuve à l’humanité entière que par pur hasard, un amas de quelques atomes, ou de particules, serait en guise de faire apparaître la vie, de la conserver et de l’orienter à l’image des mécanismes de la cellule vivante telle que nous l’observons. » [5]



[1] Abdelmajid Najjar, La croyance en Dieu et ses conséquence dans la vie, p84

[2] Mohamed Baqir Sad’r, Notre philosophie, p319

[3] Vous pouvez consulter à ce sujet les quelques articles que nous avons présentés issus de ce livre.

[4] Dorothy Davidson, L’homme à l’aube de sa vie, p3

[5] Russel Charles Earnest, cité dans « Dieu surgit à l’époque de la science », ensemble d’auteurs, p77

 

Abdelhak O.
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