Aslim Taslam

 

- N°32 Août 2003 -

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Economie

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Placement dans les fonds d’investissement

 

Tout d’abord, je dois vous dire que je vis actuellement au Canada. Ma question concerne les fonds d’investissement. Ici, presque tous les fonds d’investissement placent une part (allant de 1 à 15%) de leur portefeuille en liquide ou en obligation, même s’ils sont orientés vers l’industrie de haute technologie ou le secteur pétrolier. Par exemple, le Fond d’Energie Royal de la Banque Royale du Canada divise son portefeuille comme suit : 79,8% en actions canadiennes, 10,8% en actions américaines et 9.4% en liquidités. Or ces liquidités peuvent être investies en obligations (rémunérées sur la base d’intérêts). Dans cette situation, bien que l’objectif principal de ce fond d’investissement ne vise pas les entreprises travaillant avec des intérêts, une portion de son profit (9,4%) provient d’investissement à base d’intérêts. Est-il donc permis pour le musulman d’investir dans cette situation ? Merci d’avance pour votre temps. Salam

 

Au Nom d’Allah, Clément et Miséricordieux,

Toutes les louanges et les remerciements sont pour Allah, et que la paix et les bénédictions soient sur Son Messager.

Chère frère en Islam, nous voudrions vous remercier pour votre intérêt dans l’enseignement de l’Islam, et nous apprécions la grande confiance vous avez en nous. Nous espérons que nos efforts satisferont vos attentes.

Concernant votre question, Dr Monzer Kahf, conseiller et économiste proéminent, vous répond :

"Les placements dans les fonds d’investissement obéissent au même critères de licité dans les actes d’achat et de propriété que les placements individuels en actions. Le principe est que le musulman ne doit posséder aucune part dans une entreprise dont la gestion, par les actes qu’autorisent ses associés, amènerait à une action illicite.

Mais puisque ceci pose de grandes difficultés à de nombreux musulmans, qui n’ont qu’un faible patrimoine à investir, quelques oulémas (savants juristes du droit musulman) avancent que de telles difficultés appellent à une détente. Ils suggèrent certains critères de sélection : que l’activité principale soit licite (les banques conventionnelles, l’industrie d’armement occidentale et les industries anti-écologiques sont exclues) ; que les profits par intérêts et autres revenus illicites ne dépassent pas 10% du revenu net ; que l’utilisation des avoirs dans des activités basées sur l’intérêt ne dépasse pas 33% ; que la dépendance sur les emprunts ne dépasse pas 50% de la valeur totale nette ; enfin, qu’on devra estimer le taux de croissance du gain supplémentaire issu des activités illicites mineures. On donnera une part équivalente de ses profits à des associations caritatives musulmanes et à des causes islamiques générales, comme l’aide à la résistance contre l’occupation de pays musulman.

Les mêmes critères s’appliquent aux fonds d’investissement ; le pourcentage de liquidités que vous mentionnez est dans les limites acceptables, mais vous devez le compter dans le pourcentage d’activités illicites mineures qui complètent les 90,6% restants. Si ce total ne dépasse pas un tiers, vous êtes OK, à condition de vous séparer sous forme de donation d’un montant égal à la part du gain mineur illégal du point de vue de la Charia".

Source Islam Online


 

Abd-ul-Jalîl B.
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