Aslim Taslam

 

- N°35 Novembre 2003 -

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Sciences

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Aux origines de l’homme (2)

 

Nous présentons dans ce volet, l’histoire d’un mouvement d’une grande envergure qui s’imposa en occident. Dans cet espace dominé par la religion chrétienne, il était difficile de croire que des esprits pourraient enfin proposer des alternatives à celle-ci. Nous savons combien d’hommes de sciences ont péri autrefois, mais le contexte de la révolution française de 1789 et l’élaboration de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen fut propice à ce nouveau mode de pensée : l’évolutionnisme le plus en vogue aujourd’hui en occident.

 

Lamarck et le transformisme

On attribue souvent l’origine de l’évolutionnisme à Darwin suite à ses travaux sur la sélection naturelle des espèces. Pourtant, ce n’est pas le premier qui est émis une hypothèse allant dans le sens de l’évolution, ni le premier a avoir proposé une théorie et essayé d’en trouver les arguments, on peut affirmer à juste titre que Lamarck fut le véritable père de l’évolution :

« Lamarck, en 1801, dans son « discours d’ouverture », précédant de huit ans la philosophie géologique, a, le premier, lancé l’idée d’une évolution et a collecté durant sa vie des arguments à l’appui de sa thèse. » [1]

Mais déjà à cette époque, cette théorie n’était pas partagée par toute la communauté scientifique, dont le grand défenseur du fixisme [2] :

« Cuvier l’autre célèbre naturaliste du XIXe siècle, avait dans son histoire des ossements fossiles (1812), comparé des animaux actuels à des fossiles et démontré l’existence d’espèces disparues, mais il niait l’évolution » [3]

Lamarck étudia les transformations sur les espèces, suite au changement de milieu de celles-ci, en affirmant qu’elles « ne sont invariables que temporairement ». Elles peuvent changer « de taille, de forme, de proportion entre les parties, de couleur, de consistance, de couleur, d’agilité et d’industrie...Les modifications du milieu troublent les besoins ou en créent de nouveaux ; de nouvelles habitudes créent de nouveaux usages » [4]

Il a mis en évidence certains aspects démontrant la complication des changements qui s’opèrent sur les espèces : la non émergence de dents pour les animaux qui ne mastiquent pas (fourmilier par exemple), la petitesse des yeux de la taupe, qui si elle n’est pas aveugle, ne voit presque plus. A l’inverse, l’emploi d’un organe favorise son développement : les oiseaux d’eau voient leur ailes se palmer. Selon lui, ces caractères seraient ensuite transmis héréditairement.

Critique de cette thèse

Il faut noter que les travaux de Lamarck, n’étaient pas aisés à cause du peu de moyens qu’il disposait et si les résultats sont superficiels, ils ne sont pas tous à rejeter. Le milieu est bien un facteur, par lequel les caractères des espèces peuvent se transformer, cependant :

« L’action du milieu a été exagérée et l’automaticité de l’hérédité des caractères acquis n’est pas défendable. Les zoologistes ont bien montré l’existence de modifications sous l’influence du milieu, comme celle du tube digestif en fonction de la nourriture. Mais chacun sait que les muscles que l’ont fait travailler s’hypertrophient [...] sans se transformer au point de vue structural. Ce qui est discuté est l’utilité que le changement ainsi créé a pour l’individu, ce qui est nullement démontré » [5]

La critique la plus sévère concerne le principe d’hérédité des caractères acquis :

« Les études expérimentales à la suite d’un changement de milieu indiquent que les caractères nouveaux ne passent pas à la descendance » [6]

C’est pourquoi la communauté scientifique ne trouva pas d’engouement particulier pour cette thèse, malgré une avancée significative sur l’influence des milieux. Certains religieux chrétiens dont Saint Augustin, ne voyaient pas de contradiction entre religion et transformation des espèces, qu’il voyait comme étant des potentialités dotées par Dieu. C’est cette insistance sur la complexification vers le plus utile et le principe d’hérédité des caractères qui lui valurent de violentes critiques. Les fixistes régnèrent encore un temps, jusqu’à l’apparition de l’œuvre de Darwin « De l’origine des espèces » où d’autres arguments seront avancés et où tout un mouvement de soutien idéologique sera mis en place. Nous présenterons sa thèse dans le prochain numéro.



[1] L’homme d’où vient-il ? Les réponses de la science et des Ecritures saintes, Dr Maurice Bucaille, Editions Seghers, p27.

[2] Fixisme : antagonisme à l’esprit d’évolution, les espèces seraient apparues sous la forme actuelle depuis toujours. Idée défendue par la Bible jusqu’au XIXème siècle.

[3] L’homme d’où vient-il ? Les réponses de la science et des Ecritures saintes, Dr Maurice Bucaille, Editions Seghers, p27.

[4] Biologie Animale, M. Aron et P. P. Grasse, Masson Paris 1935.

[5] L’homme d’où vient-il ? Les réponses de la science et des Ecritures saintes, Dr Maurice Bucaille, Editions Seghers, p34.

[6] Idem, p35.

 

Abdelhak O.
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