Aslim Taslam

 

- N°35 Novembre 2003 -- N°58 Octobre 2007 -

Sommaire | Archives | Le mag

Coran & Sounnah

Format texte pour l'impression   Envoyer cet article à un ami
 

Quelques préceptes à suivre à l’occasion de la fête de fin du Ramadan

 

Après avoir passé un mois entier dans le recueillement et la ferveur, il serait fort dommage que le musulman dépouille la noble sobriété dont il avait fait sa parure vingt-neuf ou trente jours durant et retombe dans la frénésie d’un monde frivole et inattentif à la vie future. Aussi la célébration de l’Aid el fitr ne saurait être la réplique islamique des fêtes carnavalesques, mais doit plutôt se situer dans le prolongement de la spiritualité propre au jeûne de Ramadhan. Et pour nous garder de tout excès, tout en jouissant de la façon la plus légitime de ce jour de liesse qui nous est accordé par Allah, quel meilleur exemple à suivre pour nous que celui de notre auguste Prophète saws, qui dans l’adversité comme dans la réjouissance, a fixé dans l’éternité les gestes et attitudes agréés par le Seigneur ? A cette fin nous reproduisons ici une liste de hadiths établis par Dr Youssouf ibn Abdullah Al Ahmad qui nous informe des pratiques du Prophète saws en ce jour glorifié.

 

Soigner son apparence

S’apprêter pour la prière de la fête en se lavant et en revêtant ses plus beaux habits. L’Imam Mâlik rapporte dans Al-Mouwatta d’après Nâfi’ « que Ibn Oumar -qu’Allah soit satisfait de lui et de son père- se lavait le jour de la fête de Ramadan avant de se rendre à l’endroit où se déroulait la prière (mussallâ). » Ce hadith est authentique.
Ibn Al Qayyim a dit : « Il est rapporté dans un hadith authentique que Ibn Oumar -dont la rigueur dans la pratique de la Sunna est connue-, se lavait le jour de la fête avant de sortir (pour se rendre là où se déroule la prière) ». (Zâdoul Maâd 1/442)
De même, il est rapporté d’après une chaîne de transmission authentique que Ibn Oumar -qu’Allah soit satisfait de lui et de son père- mettait ses plus beaux habits lorsqu’il se rendait à la prière célébrée lors des deux fêtes. Ibn Hajar dit : « Ibn Abi Dunyâ a rapporté ainsi que Al-Baihaqi avec une chaîne de rapporteurs authentique que Ibn Oumar mettait ses plus beaux habits lors des deux fêtes. » (Fathul Bâri 2/51)

Consommer des dattes

Il est préférable de consommer un nombre impair de dattes avant de se rendre sur le lieu de l’accomplissement de la prière : trois, cinq ou plus, l’important est que soit un nombre impair, conformément au hadith suivant d’après Anas -qu’Allah soit satisfait de lui- : « Le Prophète saws ne sortait pas le jour de la fête avant d’avoir mangé des dattes ; il en mangeait un nombre impair. » Rapporté par Al Boukhâri.

Proclamer la grandeur d’Allah

Il est recommandé de proclamer la grandeur d’Allah et à haute voix -les femmes le font à voix basse- le jour de la fête, à partir du moment où l’on sort de la maison jusqu’à l’arrivée sur le lieu de prière conformément à ce hadith d’après Abdullah ibn Oumar -qu’Allah soit satisfait de lui et de son père- : « Le Messager d’Allah saws sortait pour la prière des deux fêtes... en proclamant l’unicité d’Allah et Sa grandeur... » (Hadith authentique grâce à l’appui des autres hadiths dans ce sens ; voir Al-Irwâ 3/123). Et d’après Nâfi’, « Lorsque Ibn Oumar sortait le jour de la fête du Ramadan et le jour de la fête du sacrifice, il proclamait la grandeur d’Allah jusqu’à ce qu’il arrive à l’endroit de la prière ; puis, il proclamait la grandeur d’Allah jusqu’à ce que l’imam arrive et proclame la grandeur d’Allah à son tour. » Rapporté par Ad-Dâroulqutni avec une bonne chaîne de rapporteurs.
Parmi les formules de la proclamation de la grandeur d’Allah, figure celle-ci, rapportée dans un hadith authentique : « Ibn Mas’oud proclamait la grandeur d’Allah pendant les jours de tachriq en disant : Allâhou-akbar, Allâhou-akbar, lâ-ilâha-illallah, wallâhou-akbar Allâhou-akbar, wa lillâhil-hamd (Allah est le plus grand, Allah est le plus grand, il n’y a point de divinité digne d’adoration en dehors d’Allah, et Allah est le plus grand, Allah est le plus grand, la louange appartient à Allah.) » Rapporté par Ibn Abi Cheyba avec une chaîne de rapporteurs authentique.

Remarque : La proclamation de la grandeur d’Allah faite en groupe d’une seule voix est une innovation qui ne prend sa source ni chez le Prophète saws ni chez aucun de ses Compagnons. Ce qui est juste et convenable, c’est que chacun la fasse au rythme de sa propre voix et de façon isolée.

Pratiques à observer sur le trajet vers la mosquée

Il est recommandé d’aller à la prière à pied conformément à la Sunna et ce d’après Ali -qu’Allah soit satisfait de lui- : « Fait partie de la tradition (du Prophète saws), le fait d’aller accomplir la prière à pied. » Rapporté par At-Tirmidhi, et c’est un hadith jugé bon grâce à l’appui des autres hadiths qui vont dans ce sens.
Il est aussi recommandé de rentrer de la prière par un chemin autre que celui emprunté à l’aller, conformément à ce hadith rapporté d’après Jabir -qu’Allah soit satisfait de lui- : « Quand c’était un jour de fête, le Messager d’Allah saws prenait un chemin différent (au retour). » Rapporté par Al Boukhâri.

La prière de l’Aid

La prière de la fête est prescrite après le lever du soleil. Elle se fait sans adhân (appel à la prière), ni iqâma (annonce du début de la prière). Il est vivement recommandé aux femmes d’y prendre part. Elle est composée de deux rakaats (cycles de prière). Dans la première rakaat, on prononce le takbir (Allâhou-akbar) sept fois et dans la deuxième, on le prononce cinq fois de suite. Il est recommandé à l’imam de lire la sourate Al-A’lâ (n° 87) dans la première rakaat et la sourate Al-Gâchiyah (n° 88) dans la deuxième rakaat après la lecture de la Fâtiha, le tout à voix haute. On peut également lire après la Fâtiha la sourate Qâf (n° 50) dans la première rakaat et la sourate Al-Qamar (n° 54) dans la deuxième rakaat. Le sermon a lieu après la prière. Quant aux arguments attestant de cette pratique, nous pouvons citer des hadiths rapportés :

1- D’après Aïcha -qu’Allah soit satisfait d’elle- : « Lors des prières de la fête de Ramadan et du sacrifice, le Messager d’Allah saws prononçait le takbir sept fois dans la première (rakaat) et cinq fois dans la deuxième. Hadith authentique (hassan) rapporté par Abû Dawud ; et il est corroboré par beaucoup d’autres.

2- D’après An-Nou’man ibn Bachir -qu’Allah soit satisfait de lui- le Messager d’Allah saws lisait dans la prière du vendredi et des deux fêtes « Glorifie le nom de ton Seigneur, le Très-Haut » (sourate n° 87) et « T’est-il parvenu le récit de l’enveloppante ? » (sourate n° 88) Rapporté par Mouslim.

3- Et Obeidullah Ibn Abdullah rapporte que Oumar ibn Al Khattâb -qu’Allah soit satisfait de lui- demanda à Abû Wâqid Al Leitsi : "Qu’est ce que le Messager d’Allah saws lisait lors des prières des fêtes du sacrifice et de la fin de Ramadan ?" Il dit : « Il lisait dans ces deux (prières) « Qâf. Par le Qur’an glorieux » (sourate n° 50) et « L’Heure approche et la lune s’est fendue. » (sourate n° 54) » Rapporté par Mouslim.

4- Ibn Abbas -qu’Allah soit satisfait de lui et de son père- a dit : « J’ai pris part à la prière de la fête avec le Prophète saws, Abû Bakr, Oumar et Uthman. Tous accomplissaient la prière avant de faire le sermon. » Rapporté par Mouslim.

5- Jabir -qu’Allah soit satisfait de lui- a dit : « J’ai accompli la prière des deux fêtes avec le Messager d’Allah saws plus d’une fois et plus de deux fois sans adhân, ni iqâma. » Rapporté par Mouslim.

Si la fête a lieu un vendredi, celui qui prend part à la prière de la fête n’est pas obligé de faire la prière du vendredi ; ceci conformément au hadith suivant, rapporté d’après Ibn Abbas -qu’Allah soit satisfait de lui et de son père- le Messager d’Allah saws annonça : « Deux fêtes se sont réunies en ce jour, celui qui veut peut se contenter de cela en lieu et place de la prière du vendredi ; quant à nous, nous accomplirons la prière du vendredi si Allah le veut. » Rapporté par Ibn Mâja avec une bonne chaîne de rapporteurs et ce hadith est corroboré par beaucoup d’autres.

Si les gens ne sont au courant du jour de la fête que dans l’après-midi, ils devront tous accomplir la prière de la fête le lendemain. Ceci conformément au hadith rapporté par Abû Oumeir ibn Anas d’après ses oncles qui comptaient parmi les Compagnons : « Une caravane vint trouver le Prophète saws pour lui témoigner qu’ils avaient vu le croissant la veille. Le Messager d’Allah saws leur ordonna de rompre le jeûne et de se rendre à la prière le lendemain matin. » Rapporté par Abû Dawud, An-Nasâi, At-Tirmidhi, et Ibn Mâja et jugé authentique par Al-Baihaqi, An-Nawawi, Ibn Hajar, et bien d’autres.

Souhaiter la fête à ses frères

Il n’y a rien de répréhensible dans le fait de s’adresser mutuellement les souhaits de bonne fête en disant : « Taqabbal-Allâhou minnâ wa minka (Qu’Allah accepte de nous et de vous) » Ibn Al Turkumâni a dit : « Il y a un hadith jugé bon à ce sujet... c’est le hadith rapporté par Muhammad ibn Ziyâd qui dit : J’étais avec Abû Oumâma Al-Bâhili et d’autres Compagnons du Prophète saws et lorsqu’ils rentraient, ils se disaient les uns aux autres : (Taqabbal-Allâhou minnâ wa minka) Ahmad ibn Hanbal a dit : Sa chaîne de rapporteurs est bonne. » (Al-Jawharun Naqi 3/320)

Se réjouir mais sans tomber dans l’illicite

Le jour de fête est un jour de joie, de liesse et d’allégresse ; à ce propos, Ibn Abbas -qu’Allah soit satisfait de lui et de son père- a dit : « Lorsque le Messager d’Allah saws arriva à Médine, il y avait deux jours que les gens réservaient à l’amusement et au divertissement. Alors il demanda : Quels sont ces deux jours ? Ils répondirent : Nous jouions et nous divertissions au cours de ces deux jours à l’époque antéislamique. Le Messager d’Allah saws a dit : Allah vous les a remplacés par ce qui est meilleur encore : le jour de la fête du sacrifice et le jour de la fête de fin de Ramadan. » (Rapporté par l’imam Ahmad d’après une chaîne de rapporteurs authentique)

Prends garde cependant, cher frère, de transgresser les règles en ce jour, ainsi que le font certains. On les voit recourir à des pratiques illicites dans leur parure telles que le fait de laisser traîner les habits au delà de la cheville et se raser la barbe. De même, ils s’adonnent aux réjouissances interdites, notamment en écoutant de la musique et en regardant ce qui est illicite ou encore admettent que des femmes exhibent leurs atours et se mêlent aux hommes.
Et toi, chef de famille qui est soucieux de préserver les tiens, garde-toi d’emmener ta famille dans les endroits mixtes, les plages et les jardins publics où le mal se manifeste de façon flagrante.

La louange est à Allah, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur le Messager d’Allah.


 

Amina C.
Du même auteur...


 Autres articles dans la rubrique Coran & Sounnah

Tous les articles


Sommaire | Archives | Le mag
TOUS DROITS RESERVES © 2001-2008 Aslim Taslam