Aslim Taslam

 

- N°37 Janvier 2004 -

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Sciences

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Aux origines de l’homme (3)

 

Nous avions fait une présentation brève dans l’article précédent des premiers mouvements qui sont nés avant les théories évolutionnistes attribuées à Darwin. Aujourd’hui, nous proposons une analyse tirée d’une lecture composée de penseurs occidentaux qui ont adopté cette thèse.

 

Michel Lamy dans « L’intelligence de la nature » nous décrit les étapes dans lesquelles les origines de l’homme sont décrites, nous en reprenons les fragments essentiels :

« Géologues et biologistes s’accordent pour penser qu’il y a près de quatre milliards d’années que les conditions favorables à la vie ont été réunies. [...] Pendant cette longue période les êtres vivants vont se multiplier et coloniser ce qui deviendra, pour les écologistes, la biosphère ou la sphère du vivant. Les premiers êtres issus des éobiontes qui sont apparus dans le milieu aquatique étaient des unicellulaires. Celle-ci ayant valeur d’individu devait assurer toutes les fonctions de locomotion, de nutrition, de reproduction, etc. Elle était autotrophe, convertissant par photosynthèse l’énergie lumineuse en énergie chimique. [...] Les Procaryotes (cellules sans noyau véritable) sont les premières formes vivantes. Elles seraient apparues il y a près de quatre milliard d’années, alors que la première cellule d’Eucaryote (matériel nucléaire enveloppé par une membrane nucléaire) apparaît il y a un milliard d’années. Ainsi, pendant trois milliards d’années, les seuls êtres vivants furent des micro-organismes. [...] Alors que les cellules procaryotes se multipliaient activement par multiplication asexuée, l’acquisition de la multiplication sexuée chez les cellules d’Eucaryotes permet une diversification extraordinaire du monde vivant, celle-ci se reproduisant en un temps relativement très court : près de six cent millions d’années. C’est dans cette période qu’apparaissent et disparaissent ces près de deux milliards d’espèces dont il ne reste aujourd’hui que deux millions (dont un million d’insectes), que l’on répartit en cinq règnes d’importance inégale. Les Monères (ou procaryotes : bactéries, cyanobactéries [algues bleues] et actinobactéries), les Prostites (ou Protoctistes), les Champignons, les Plantes (qui font de la photosynthèse) et les Animaux. Les animaux d’abord aquatiques, conquirent le milieu terrestre et se diversifièrent en deux grand phylums : l’un conduisant vers les Invertébrés et les Insectes, l’autre conduisant aux vertébrés, donc aux Mammifères et à l’Homme. » [1]

Cette théorie a pris ses origines en 1859 lorsque Darwin écrit « De l’Origines des Espèces ».
Elle est très souvent qualifiée de complexe, mais dans les faits elle repose essentiellement sur le principe de sélection naturelle. Ernst Mayr [2] en a résumé les principes, sur la théorie de la sélection naturelle et sa logique :

« La théorie de Darwin consiste en trois inférences, basées sur cinq faits provenant en partie de l’écologie des populations et en partie des phénomènes de l’hérédité.

Fait 1 : Les espèces ont un potentiel reproducteur si grand, que leur population s’accroîtrait exponentiellement, si tous les individus qui sont nés pourraient à leur tour se reproduire.

Fait 2 : À l’exception des fluctuations annuelles mineures et de quelques grandes fluctuations occasionnelles, les populations sont normalement stables.

Fait 3 : Les ressources naturelles sont limitées. Dans un environnement stable, elles restent relativement constantes.

Première inférence : Puisque plus d’individus naissent que ne peuvent en nourrir les ressources disponibles, et que la taille des populations reste stable, cela signifie qu’il doit y avoir une lutte féroce pour l’existence entre individus d’une même population, et que seule survit une partie d’entre eux, souvent une très petite fraction à chaque génération.

Fait 4 : Il n’y a pas deux individus identiques : en toute population existe une énorme variabilité.

Deuxième inférence : La survie, à l’issue de la lutte pour l’existence, n’est pas due au hasard. Elle dépend en partie de la constitution héréditaire des individus qui survivent. Cette chance inégale constitue un processus de sélection naturelle.

Fait 5 : Beaucoup de ces variations sont héritables.

Troisième inférence : Au cours des générations successives, ce processus de sélection naturelle conduira à un changement graduel des populations, c’est-à-dire à un phénomène d’évolution, et à la production d’une nouvelle espèce. » [3]

Stephen Jay Gould en résume ainsi les fondements de manière plus succincte :

1- Les organismes varient et leurs variations se transmettent (en partie du moins) à leurs descendants. 2- Les organismes produisent plus de descendants qu’il ne peut en survivre. 3- En règle générale, le descendant qui varie dans la direction favorisée par l’environnement survivra. La variation favorable se répandra donc dans les populations par sélection naturelle. [4]

Nous procéderons à une critique de cette thèse dans les articles à venir incha allah.

 



[1] L’intelligence de la nature, Michel Lamy, Editions du Rocher, pages 26 à 34.

[2] Ernst Mayr : professeur honoraire à Harvard, est l’un des plus grands biologistes évolutionnistes du XXème siècle.

[3] Ernst Mayr, Histoire de la biologie, Fayard, p640-641.

[4] Stephen Jay Gould, Darwin et les grandes énigmes de la vie, Préface.

 

Abdelhak O.
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