Aslim Taslam

 

- N°38 Février 2004 -

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Sciences

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La théorie de l’évolution, une théorie en crise

 

Nous avons mis en évidence, le mois dernier, que la théorie de Darwin repose essentiellement sur la sélection naturelle. « Cette préservation des variations favorables et le rejet des variations nuisibles » comme il l’a décrété lui-même dans De l’Origine des espèces. Cette préservation se faisant dans la logique d’une lutte pour l’existence : les faibles sont évincés au profit des plus forts.

 

Les nouvelles espèces apparaîtraient exclusivement à cause des mutations, accidents rares mais fréquents vu le nombre de gènes : si l’espèce différente arrive à survivre, cette « déficience » constitue en fait une nouvelle espèce, si cette spéciation conduit à une anomalie grave, alors -ça va de soit- l’individu ne pourra pas se reproduire. Il est important que la transformation génétique est lieue au niveau des chromosomes sexuels, sinon le caractère héréditaire n’a prend pas sens. Considérons que ce phénomène existe et qu’il se réalisa de multiples fois : la citation de Michel Lamy constituait ensuite une hypothèse très répandue dans les milieux universitaires, selon laquelle la nature aurait pris cette forme finale, après une succession de transformations incessantes - et relativement rapide dans l’échelle du temps-, pour former la biosphère que nous connaissons aujourd’hui avec en son sein un homme, qui ne serait qu’un animal un peu plus favorisé que les autres espèces, même si les darwiniens préfèrent ne pas élever l’homme, ni lui conférer cette place de prééminence. Les adjectifs « inférieurs » et « supérieurs » n’ont pas non plus de sens chez eux, puisque la sélection s’opère sous l’effet d’un hasard incertain et sans aucun déterminisme ou un ensemble de pré requis qui auraient été décidé par la Nature, celui-ci étant défendu par l’école des biologistes naturels ou dits téléologistes, qui n’hésitent pas eux, à placer l’homme au centre de l’univers.

Les analyses de Darwin sur la sélection naturelle, l’adaptation qui s’opère selon le changement des milieux, se sont révélées être relativement bien argumentées et les exemples donnés ont été plus nombreux que ceux de Lamarck : dans une espèce donnée, des faits plus significatifs sont constatés, notamment ce qui concerne ces travaux sur les animaux d’élevage. Le danger aura été l’utilisation de ces hypothèses pour faire une loi presque digne d’une glose biblique, sur une loi touchant, non pas une espèce animale donnée, mais bien toutes les espèces, en créant des liens physiques et biologiques entre toutes les espèces : en généralisant le principe de sélection naturelle à l’évolution ; bien que ce soit deux concepts distincts. Cet abus s’explique par l’empressement de ces élites athées, encore minoritaires à l’époque, à vouloir s’emparer des masses : comme la religion constitue un ciment commun des peuples, le remettre en cause c’est s’assurer la récupération de personnes se voyant enfin délivrées du joug des anciens inquisiteurs. Karl Marx n’hésitera pas à dénoncer l’opium du peuple, en désignant la nouvelle divinité -beaucoup plus rentable, il faut le dire- qui est le capital. Distiller la croyance, en « démontrant » que le fixisme proposé par la Bible est une aberration. Excuser nos ancêtres qui ne connaissaient pas la cellule et ses mécanismes complexes, la religion n’étant que l’une de leurs inventions primitives. La théorie est vite instrumentalisée et l’homme est vite immortalisé ; l’ironie voulant que sa dépouille repose désormais à l’abbaye de Westminster à Londres. Nous allons montrer en quoi cette théorie ne peut en aucun cas être supposée comme étant été validée et prouvée scientifiquement : l’hypothèse et le doute sont les premières étapes par laquelle toute les sciences, pour être ensuite ou validée ou infirmée.

Il faut rappeler que le principe de sélection naturelle tel qu’il avait été défini par Darwin, n’a pas été accepté de son temps. Une théorie sur l’évolution généralisée des espèces ne sera admise qu’en 1940. Ernst Mayr relève justement la critique principale :

« Il se trouva même des partisans de Darwin pour admettre que la théorie de la sélection naturelle reposait presque entièrement sur le raisonnement déductif. Ses opposants firent remarquer que cette méthode était spéculative et ils demandaient des preuves, obtenues par induction ou par expérience. La seule preuve, ou presque, que Darwin pouvait offrir, c’était l’analogie avec la sélection artificielle. Or, T.H. Huxley l’a admis, aucun éleveur n’a jamais réussi à produire une nouvelle espèce, reproductivement isolée, par ce moyen. D’ailleurs, les races de chiens et de pigeons les plus aberrantes étaient considérées comme « pathologiques » par Kôlliker qui avec raison, remarqua qu’elles ne seraient sûrement pas capables de se maintenir par elles-mêmes dans la nature » [1]

Pour donner des exemples de ces hypothèses, il cite :

« La découverte du mimétisme (H.W. Bâtes, 1862) fût une véritable bénédiction, et Darwin écrivit aussitôt avec enthousiasme un article laudatif à son sujet. Bâtes avait observé que chaque espèce ou race géographique de papillons héliconidés non comestibles (voire vénéneux) était associée, dans les régions où elles se rencontrent, à une ou plusieurs espèces de papillons comestibles qui en reproduisaient les couleurs par mimétisme ce phénomène fut appelé « mimétisme batésien [...]Bâtes (1862 : 512) en conclut que ce type de variation ne pouvait être due qu’à « la sélection naturelle, les agents de la sélection étant les animaux insectivores qui détruisent les variétés pas assez proches de leur modèle pour les induire en erreur ». La variation géographique des papillons, en partie graduelle, montrait de ce fait que le mimétisme n’était pas acquis par saltations majeures, mais par sélection naturelle » [2]

Critique de la théorie de Darwin

Il est un argument qui passe à l’esprit de n’importe quel personne, même néophyte : comment se fait-il que nous constations plus de transformations d’espèces animales ou végétales aujourd’hui ? Vu le nombre de milliards d’individus et si on considère que le phénomène est connu depuis un siècle au moins, nous devrions au moins être en mesure de désigner ne serait-ce qu’un seul exemple de transformation totale d’une espèce en une autre ? Si l’algue bleue a pu donner des êtres vivants aussi variables que le serpent, le chien ou la fourmi, en des temps relativement courts - courts parce que par exemple l’origine de la séparation de l’espèce humaine et celle du singe ne remonte qu’à quelques milliers d’années, tout cela en fonction des estimations que l’on donne aux derniers vestiges trouvés.-, pourquoi les algues vertes ne seraient-elles pas transformées, ne serait-ce que sur les plages au contact avec le sol ? N’aurait-t-elle pas eu l’intelligence de conquérir cet espace vital beaucoup plus stable et s’épanouir ne serait-ce qu’en une laitue ? La deuxième critique est que la théorie de la sélection naturelle implique que toutes les espèces se transforment, or Maurice Bucaille est septique :

« Des espèces qu’on appelle panchroniques, parce que persistant au cours des temps, sont bien connues des zoologistes pour cette particularité. Les algues bleues, dont on a tout lieu de penser qu’elles existaient il y a au moins un milliard d’années, sont toujours représentées aujourd’hui. De même, il y a des ferro-bactéries, des éponges, des mollusques, des animaux comme l’opossum ou le fameux coelacanthe, qui ont une ancienneté se comptant par centaines de millions d’années : ils n’ont pas changé depuis. Le coelacanthe a beaucoup fait parler de lui lorsque, en 1938, on pécha, au large de 1 Afrique du Sud, ce poisson long de 1,40 m qui aurait pu apparaître il y a environ 300 millions d’années. Quelques unités furent capturées dans l’océan Indien à une date plus récente, sur commande pourrait-on dire, car les pêcheurs locaux sollicités connaissaient ce poisson. Leur examen fournit des renseignements précieux sur l’anatomie et la physiologie de cette espèce réfractaire, avec tant d’autres, à la sélection naturelle de Darwin. Or tous ces organismes n’ont cessé de subir des mutations : c’était fatal. Pour eux l’évolution était achevée. Pourquoi ? La théorie darwinienne est incapable d’apporter une explication conforme à sa doctrine de cette conservation du patrimoine héréditaire.
La sélection naturelle ne devrait pas laisser se former et se perpétuer les imperfections telles que l’exubérance d’un caractère puisse nuire à l’animal ou au végétal intéressé. Or il est bien connu qu’il existe des plantes, les conifères, qui fabriquent des composés chimiques attirant de façon irrésistibles des coléoptères qui viennent les dévorer. Cette production chimique voue 4onc la plante à sa perte ; elle persiste depuis des millions d’années. La sélection naturelle n’intervient pas pour protéger les pins et les sapins de la destruction par ces insectes.
L’antilope peut échapper aux prédateurs par la rapidité de sa course, mais il est des espèces de cet animal dont les pattes possèdent des glandes à sécrétion odorante, déposant celle-ci sur le sol de sorte que le carnassier qui les chasse n’a qu’à s en remettre à son odorat pour suivre son gibier à la trace. Les thèses de Darwin ne protègent pas les gracieuses antilopes ! Parmi les autres caractères nuisibles à l’individu on peut citer aussi l’excessif développement des cornes qui peut handicaper -plus ou moins l’animal : c’est le cas bien connu du cerf, dont les bois sont gênants en forêt. » [3]

Le 22 mai 1860, Charles Darwin écrivait à de ses rares amis chrétiens qui lui était un soutien : « L’omission la plus importante dans mon livre a été de ne pas expliquer comment il se fait selon moi, que toutes les formes ne progressent pas nécessairement, et qu’il puisse exister des organismes encore très simples. » [4] Aujourd’hui encore, les critiques sont toujours aussi sévères et les études étendues sur l’ADN montrent de jour en jour l’impossibilité de créer un nouveau type, les seules variations constatées n’étant que la modification de caractères, qui ne permettent en rien de nommer la descendance différemment. Comment expliquer qu’aujourd’hui encore qu’une telle théorie soit toujours en vogue et enseignée dans les écoles ? Qu’est-ce que cette invention de la méthodologie dite hypothético-déductive ? Pour affirmer que la théorie est plausible, Ernst Mayr invoque le succès de cette œuvre en ce qu’elle a suscité un engouement et de nombreuses recherches [5]. Mais je suis persuadé que c’est plutôt la manière dont a voulu imposer aux scientifiques une méthode nouvelle de prédiction, loin de l’expérimentation classique, qui fut le moteur de vives critiques. Remettre en cause le principe d’évolution, c’est légitimer le retour du fait religieux, celui-ci n’avait pas été totalement anéanti mais il avait été mis à la marge. Il sera difficile de convaincre une génération matraquée médiatiquement et marquée à vie sur le danger des religions, que l’alternative divine invoquée jadis par les grecs ou le Dieu aujourd’hui des religions, n’est pas une stupidité. La moindre des choses pour un esprit sain, c’est de n’écarter aucune piste et d’être critique : réfléchir un instant loin du chahut des transports et du travail, du rire des uns ou des pleurs, sur les questions existentielles, sur Dieu, sur la mort, c’est devenu essentiel.

 



[1] Histoire de la biologie, Ernst Mayr, Fayard 1989, p 692.

[2] Idem, p 692-693

[3] L’homme d’où vient-il ?, Maurice Bucaille, Editions Seghers, p 42

[4] Idem p 41

[5] Histoire de la biologie, Ernst Mayr, Fayard 1989, p 666

 

Abdelhak O.
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