Aslim Taslam

 

- N°42 Mars 2006 -

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Femina

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Le Prophète et les femmes

 

Présenter toutes les femmes du Prophète Mohammed saws et son comportement avec elles nécessite d’y consacrer un livre, ce qui a été fait par quelques auteurs. Cet article se limite donc à quelques aspects de la relation du Prophète saws avec ses femmes afin de distinguer ce que l’islam préconise du comportement de certains musulmans. En effet, il ne faut pas confondre les deux et attribuer à l’islam les attitudes et les actes des individus ignorant de leur religion, malheureusement l’amalgame est trop souvent vite fait.

 

Ses mariages

Le Prophète saws eut onze épouses, le Coran leur donne le titre honorifique de Mère des Croyants. A celles-ci, il convient d’ajouter quatre femmes dont le mariage n’a pas été consommé. Nombre de personnes peuvent être choquées par le nombre mais à l’époque cela n’avait rien d’extraordinaire. Il est à noter que le Prophète saws n’a commencé à avoir plusieurs épouses qu’à partir de cinquante ans. Jeune, il resta célibataire jusqu’à vingt-cinq ans. Or un homme jeune est normalement attiré par les femmes mais le Prophète saws n’avait pas une telle réputation mais au contraire, il était connu comme un homme digne de confiance et respecté par tous. A vingt-cinq ans, il épousa sa première femme Khadija, une veuve âgée de quinze ans de plus que lui. Il n’eut pas d’autre épouse jusqu’à la mort de celle-ci c’est-à-dire pendant vingt-cinq de mariage. Ce ne fut qu’après qu’il épousa plusieurs femmes et pour chacune, il leur donna leur dot conformément aux principes de l’islam. Derrière ces mariages, il y avait des raisons sociales ou politiques, soit pour ne pas laisser des femmes seules sans soutien, soit pour créer des alliances ou des rapprochements avec une tribu. Il en résulta des bienfaits pour la communauté tels que la conversion de tribus. Des femmes se sont proposées en mariage au Prophète saws sans que celui-ci n’y accorde une réponse favorable, il ne se mariait pas selon son propre gré mais guidé par une raison divine. Lorsqu’un verset fut révélé au Prophète saws pour qu’il ne prenne plus d’épouse, celui-ci proposa à ses femmes de mettre fin à leur mariage mais aucune n’accepta, elles choisirent toutes de rester auprès de lui.

« Il ne t’est plus permis désormais de prendre d’autres femmes, ni de changer d’épouses, même si leur beauté te plaît ; - à l’exception des esclaves que tu possèdes. Et Allah observe toute chose. »
Sourate 33, Al Ahzab (Les coalisés), verset 52

La polygamie n’est donc pas une règle absolue dans l’islam et elle y est très réglementée. Tout musulman ne peut pas prendre plusieurs épouses comme il l’entend, il se doit de respecter des principes d’équité envers elles.

Voici le nom de ses principales épouses et leur âge lors de leur mariage avec le Prophète saws (dans l’ordre chronologique) :
-   Khadija bint Khouwaylid, 40 ans
-   Sawda bint Zama ibn Kaïs, 50 ans
-   Aicha bint Abou Bakr, 7 ans
-   Hafsa bint Omar ibn Al Khattab, 20 ans
-   Zaynab bint Khouzayma ibn Al Harith al Hilaliya, 30 ans
-   Oum Salama, Hind bint Abou Oumayya ibn Al Moughira, 29 ans
-   Zaynab bint Jahsh, 35 ans
-   Jouwayriya, Barah bint Al Harith, 18 ans
-   Oum Habiba, Ramla bint Abou Soufiyan, 35 ans
-   Safiya bint Houyay ibn Akhtab, 17 ans
-   Maymouna bint Al Harith ibn Hazan, 36 ans

Excepté Aicha (que Dieu soit satisfait d’elle), le Prophète saws ne s’est pas marié avec des femmes jeunes et vierges, ceci contredit ceux qui affirment qu’il se mariait par plaisir des femmes, ou encore ceux qui prétendent que la virginité est une condition indispensable. Les femmes du Prophète saws n’étaient pas toutes jeunes et étaient soit veuves (Khadija, Sawda, Hafsa, Zaynab, Oum Salama, Jouwayriya, Oum Habiba, Maymouna), soit divorcées (Zaynab bint Jahsh, Safiya), que Dieu soit satisfait d’elles.
Le Prophète saws étant un modèle pour les musulmans, ils se doivent de le suivre de leur mieux et s’inspirer de son comportement. Ainsi, ne pas exiger absolument une femme jeune et vierge pour se marier, il ne s’agit que d’une possibilité parmi d’autres, et considérer l’éventualité de se marier avec une femme veuve ou divorcée est louable. Malheureusement la femme divorcée est souvent délaissée, ignorée dans les sociétés musulmanes, elle est vue comme fautive ou ayant un défaut quelconque ; rares sont celles qui se remarient.

Humilité

Aicha la mère des croyants (que Dieu l’agrée) a rapporté : « Un jour l’Envoyé de Dieu saws me dit : « Ô Aicha, as-tu quelque chose à manger ? » « Non, répondis-je, ô Envoyé de Dieu, je n’ai rien de quoi manger. » « Je jeûne alors » reprit-il [...] » (Mouslim)

D’après ce hadith, il ne se mettait pas en colère s’il n’y avait pas tel ou tel mets, pas même s’il n’y avait rien à manger. Et ce, alors qu’il avait neuf épouses ! Il ne se considérait pas comme un seigneur dans la maison, qui devait être servi sur le champ, au contraire, il était humble, modeste. Ce comportement est, certes, à méditer et à suivre. Combien d’hommes ne se sont pas mis en colère pour un repas servi trop tard, pas assez délicieux, pas suffisamment copieux, pas assez chaud ?

De plus, le Prophète saws participait aux tâches de la maison, telle la couture. Il se servait et n’attendait pas d’être servi. En effet, Al Aswad rapporte : « J’ai demandé à Aicha ce que faisait le Prophète saws dans sa demeure. Elle m’a répondu qu’il s’occupait des affaires domestiques (il aidait sa femme), et sortait pour prier quand venait l’heure de la prière. » (Rapporté par Al Boukhâri)
Selon une variante rapportée par Ahmad : « On demanda à Aicha ce que le Prophète saws faisait dans sa demeure. Elle répondit : « Il était un homme comme les autres, il arrangeait son vêtement, trayait sa brebis et se servait lui-même. » »
Aicha (que Dieu l’agrée) a également rapporté : « Il faisait comme n’importe lequel d’entre vous, soulevant ceci, remettant cela à sa place, et il participait aux occupations des siens : il leur découpait la viande, balayait la maison et aidait le domestique dans ses travaux. » (Tabarani)

Les compagnons prenaient le Prophète saws comme exemple et le suivaient. Ils aidaient également leur femme dans les tâches domestiques. De nos jours, beaucoup d’hommes répugnent à aider leur femme à la maison, ils considèrent cela comme une atteinte à leur virilité, les tâches domestiques étant un travail pour les femmes. Certains rentrent chez eux du travail, vont s’asseoir sur le canapé et attendent d’être servi, comme un seigneur, et se plaignent si ce n’est pas à leur goût, ils ne daignent même pas se lever pour aller chercher un verre d’eau. Ce type de comportement est emprunt d’orgueil et bien loin de celui du Prophète saws comme nous l’avons vu dans le hadith précédent. Il ne faut donc pas confondre entre les habitudes de certains musulmans qui suivent leurs traditions et l’islam qui n’a jamais prétendu que la femme doit tout assumer au sein de son foyer. Son principal rôle est bien le maternage et l’éducation des enfants mais elle ne doit pas être épuisée par les travaux domestiques au détriment de ses actes d’adoration comme la prière, la lecture du Coran et l’apprentissage de sa religion. Cela ne signifie pas que la femme ne doit pas prendre soin de son mari mais elle n’est pas sa servante, c’est un équilibre à trouver entre la maison, les enfants, le mari et les actes d’adoration. Certes s’occuper des siens peut être considéré comme un acte d’adoration si l’intention en est faite mais la femme est un être à part entière qui a besoin de moments de spiritualité, de méditation, de savoir. Elle peut alors se ressourcer à travers ce type d’activités. Pour s’épanouir la femme a également besoin d’avoir des occupations sociales à l’extérieur telles que rencontrer des amies ou participer à des œuvres de bienfaisance, elle ne peut être en permanence dévouée à son foyer.

Education

Abou Saïd al Khoudri rapporte : « Une femme vint trouver le Prophète saws et lui dit : « Envoyé de Dieu, les hommes accaparent tes paroles. Consacre-nous une journée... » Il leur répondit : « Rassemblez-vous tel jour, à tel endroit. » Elles se rassemblèrent et le Prophète saws vint les trouver... » (Rapporté par Al Boukhâri et Mouslim)

Ainsi, le Prophète saws ne maintenait pas les femmes dans l’ignorance, suite à leur demande, il leur consacra une journée par semaine. D’autre part, il demandait à celles qui étaient instruites d’enseigner la lecture aux autres femmes.

Certes le Prophète saws fut le meilleur des hommes pour ses femmes et a encouragé les musulmans à le suivre en étant les meilleurs avec les femmes.

Pour en savoir plus

L’encyclopédie de la femme en islam - tomes 2 et 5, ‘Abd al Halîm aboû Chouqqa, Editions Al Qalam

Les épouses du Prophète de l’islam, Malika Dif, Editions Tawhid, ISBN 2-0902916-60-3

Abou Houraïra (qu’Allah l’agrée) a rapporté que l’Envoyé de Dieu saws a dit : « Le croyant dont la foi est la plus parfaite est celui dont les mœurs sont les plus nobles. Les meilleurs d’entre vous sont les meilleurs avec leurs épouses. » (Rapporté par Tirmidhi)


 

Leila R.
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