Aslim Taslam

 

- N°46 Septembre 2006 -

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Itinéraire

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La tragédie libanaise.
La guerre au Liban.

 

Tous les médias en ont parlé. Cet été 2006 a été marqué par la guerre entre le Hezbollah et Israël. C’est surtout une agression sauvage d’Israël sur le territoire libanais. Que s’est-il passé ? Quels sont les bilans économiques, moraux et humains pour les libanais ?

 

Nous vivons dans l’ère des malheurs et des tueries comme le prophète saws nous l’avait prédit. Pourtant, il y a encore des dirigeants qui osent faire miroiter aux foules qu’il existe des grands principes connus sous le nom de patrie, démocratie, liberté, modernisme et société de consommation. Tout le monde y a le droit. Ce sont les emblèmes du bien et du bonheur au vingt et unième siècle. Mais pour le bien de qui ? Et à quel prix ? Ici, au Proche-Orient, le malheur a un nom, il s’appelle Israël. Son emblème et tous les grands principes sont portés par Tsahal.

Le début des hostilités a commencé le 12 Juillet 2006 avec l’agression sauvage d’Israël sur le territoire libanais. Il ne faut pas être très perspicace pour savoir que la cinquième armée du monde ne peut pas se sentir agressée par quelques libanais. Et elle peut encore moins prétendre au droit de se défendre en détruisant des ponts, des usines industrielles, des antennes émetteurs de radio télé, des troupeaux d’animaux...
Non plus, en alléguant que c’est parce que deux soldats israéliens ont été kidnappés. Car Israël kidnappe chaque jour et depuis des années des palestiniens, des libanais sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit. Bien qu’ils soient agressés, les palestiniens et les libanais eux n’ont pas le droit de se défendre. Israël a le droit de se défendre, crient des voix indignées. MAIS QUI L’A ATTAQUÉ ?
Je me rappelle d’un article qui représentait bien la situation : Si votre fils pique deux biscuits à son camarade. Est-ce que si son père vient tuer toute votre famille, brûler votre maison et celle de vos voisins, détruire les magasins de votre quartier et les routes qui mènent chez vous. Est-ce que vous ne direz pas que c’est un fou ?
Une injustice flagrante d’Israël donc, un pays vandale, qui perpétue des assassinats et du terrorisme d’état en toute impunité et qui s’est installé sur les terres palestiniennes après les avoir spoliées.
Comment s’étonner alors de ce qu’elle a fait subir au Liban : 15 000 logements détruits, 77 ponts cassés et 630 Km de routes détruites. 250 000 libanais et 90 000 étrangers se sont enfuis du pays complètement affolés, 970 000 déplacés ont quitté les régions attaquées pour aller vivre dans les squares et les écoles publiques.
Un exode massif, et des cœurs tiraillés : partir ? Rester ? Rester ? Partir ? Comme l’a dit ce libanais : « Qui y a t-il de plus dur que l’exode ? C’est de vivre dans son pays et de sentir que son pays n’est pas le sien. »

Les pays barbares se sont coalisés et ont laissé Israël se défouler sur le Liban. Humidité, chaleur, pannes de courant, rues sales et abandonnées, angoisse des ponts et des bruits, sursauts d’effroi à l’écoute des explosions, s’endormir et se réveiller pendant trente trois jours sur les images de morts et de destructions... Quel malheur, quel désastre ! Mais le plus grand malheur s’est que tout le monde s’en fou.
Il faut rapidement régénérer la communauté musulmane, visiblement en pleine état de léthargie, hypnotisée par la vie sur terre : elle doit être plus unie, plus fière, plus forte.
Israël de son coté est unie, forte et bien réveillée, elle ne s’endort pas sur ses lauriers et elle sait comment terrifier les gens : appels de l’étranger, petits messages du ciel, destruction de véhicules, couvre feu...
Pendant ce temps, les démocraties se sont mises à l’ouvrage. Après de nombreuses pérégrinations d’hommes politiques, les ajournements, les manœuvres délatoires ont laisser à Israël le temps de finir le travail. Tous ces atermoiements exaspérant ont aussi fini par pondre un accord avec plusieurs acceptions et sans le principal concerné.

Grâce à cette trêve, l’armée libanaise dont les chars datent de la deuxième guerre mondiale (si ce n’est pas d’avant) est partie au sud. Car il ne faut pas toucher à la sacro sainte souveraineté du Liban. Le Liban n’a déjà pas le droit de s’armer depuis les années 80 sous l’ordre des américains. N’empêche que 15 000 soldats étrangers auront le droit eux, de coloniser le sud, peut-être même le nord et l’est. Euh, je voulais dire, de protéger les libanais ? Non plus. Ce n’est pas cela, peu importe, qui pourra refuser l’aide de ses sauveurs...
Depuis plus de 50 jours et après 17 jours de trêve, c’est le statu quo. Rien n’est réglé. Pourtant les émigrants sont repartis chez eux, si il existe encore. Et ce malgré le danger des bombes qui n’ont pas encore explosé sur les milliers qu’Israël a largué sur le Liban. Mais, j’oubliais, la cerise sur le gâteau, des bombes où les petites israéliennes ont pris le soin d’écrire : « Avec amour. » Si un israélien vous dis qu’il vous aime, vous savez à quoi vous en tenir.

La guerre a laissé le pays exsangue. Deux milliards de dollars, c’est le coût pour les démolitions sur les infrastructures. L’embargo continue et asphyxie l’économie. Voilà le prix à payer pour la démocratie et les grands principes.
Quant à Israël, qui a violé des droits, des conventions et des normes internationales [1] comme l’utilisation de bombes à fragmentation, elle sera vite pardonnée. C’est vrai que nul n’est censé ignorer la loi... excepté Israël. La guerre reviendra au Liban dans une semaine, un mois, un an... ? Qu’Allah protège les Musulmans.
Il y a eu durant ces 33 jours de guerre environ 1 000 morts et 4 000 blessés dont le tiers sont des enfants de moins de 12 ans. Autant de petits papillons qui volent autour de notre prophète Abraham aleyhi salam. Qu’Allah leur fasse miséricorde.



[1] http://www.lebanonundersiege.gov.lb/english/F/Info/Page.asp ?PageID=154

 

Sajida M.
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