Aslim Taslam

 

- N°59 Novembre 2007 -

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Coran & Sounnah

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Précisions sur les ablutions

 

 

La purification

La propreté et la pureté

Quatre qualités différencient la personne qui accomplit la prière de celle qui ne le fait pas.

-  Cette personne est toujours propre et pure de toute souillure matérielle.
-  Elle est également purifiée moralement des mauvaises habitudes et vices cachés.
-  Elle est propre dans le sens d’exempte de tout acte rédhibitoire ou vicieux.
-  Elle est, de ce fait, lavée des péchés comme une page blanche sans aucune noirceur.

« Ô les croyants ! Pour vous mettre en état de prier, lavez vos visages et vos mains jusqu’aux coudes ; passez les mains mouillées sur vos têtes ; et lavez-vous les pieds jusqu’aux chevilles. Et si vous êtes en état d’impureté, lavez-vous entièrement le corps. Si vous êtes malades ou en voyage, si l’un de vous revient des lieux cachés, si vous avez touché des femmes [le sens d’attouchements sexuels] et que vous manquiez d’eau, passez vos mains sur une roche pure et lisse et essuyez-vous en le visage et les mains. Dieu n’entend point vous accabler de charges, mais seulement vous purifier et parachever en vous Sa Grâce. Ainsi, Lui en seriez-vous reconnaissants. »
Sourate 5, Al Ma’idah (La table servie), verset 6

Le verset énumère plusieurs manières de se laver et se purifier : faire les ablutions (woudou) les ablutions pulvérales (tayamum) et se laver entièrement le corps après un rapport sexuel (Ghousl pour la janâba). Suite à cela, Dieu le Très-Haut nous rappelle une chose fondamentale : par ces règles de pureté, Il ne veut pas nous accabler et nous rendre la prière plus difficile, mais Il veut que nous soyons propres de l’intérieur comme de l’extérieur. Il nous comble ainsi de Sa grâce. Ces charges sont, en fait, pour notre bien et nous devons remercier Dieu de nous les avoir prescrites. Il est inutile de rappeler que le sens de la pureté dans le texte coranique comprend à la fois la pureté morale et physique. A la lumière de ce verset, on comprend les paroles suivantes du Prophète saws :

« La propreté est la moitié de la foi. »
« Les cinq prières quotidiennes sont à l’image d’un fleuve qui coule abondamment à la porte de l’un de vous, et qui lui permet de se laver cinq fois par jour. »

Les impuretés matérielles

Les saletés matérielles, dont le musulman doit se laver et se nettoyer, faute de quoi il ne peut ni accomplir, ni valider sa prière, sont les suivantes :

-  Les cadavres des bêtes mortes, même ceux des animaux domestiques, sauf si elles ont été sacrifiées selon les règles établies par la religion ; exception faite des cadavres d’animaux marins (car toujours purs, morts ou vivants) et d’insectes (fourmis, criquets, blattes,...). Les os, les cornes, les poils, les ongles, la peau et les plumes de cadavres d’animaux, une fois nettoyés ou teints, ne sont plus impurs. On peut alors les toucher, les utiliser ou les porter, sans être obligé de se laver.
-  Le sang des bêtes sacrifiées, des règles et des couches, le sang qui coule avec abondance de la plaie chez un être humain ou d’un animal (en petite quantité, ne nécessite pas la purification). Le peu qui reste dans la viande qu’on consomme, le sang des boutons sur la peau, le sang d’insectes, n’est pas impur.
-  La viande de porc.
-  L’urine, les excréments et le vomi de l’être humain.
-  Les sécrétions blanches des organes génitaux en état d’excitation sexuelle. Quant au liquide séminal, certains le considèrent comme impureté et d’autres non.
-  Les sécrétions des organes génitaux et urinaires suivant l’urine ou survenant en cas de maladie ou de sensation de froid.
-  Les boissons alcoolisées.
-  Le reste de l’eau lapée par un chien.
-  Le reste de l’eau lapée par le cochon. Tous les autres animaux ne polluent pas l’eau dans laquelle ils boivent.

Pour se purifier de ces impuretés, il n’est pas nécessaire de refaire ses ablutions. En règle générale, il faut verser de l’eau sur l’endroit touché ou sali par l’impureté, jusqu’à ce qu’elle disparaisse et que l’on n’aperçoive plus ni la trace, ni la couleur, ni l’odeur, ni le goût.

Les actes invalidant les ablutions

-  Tout liquide ou solide rejeté par l’organisme humain à travers l’un de ses orifices (urine, excréments, sécrétions liquides des organes génitaux en état d’excitation sexuelle ou de maladie, gaz).
-  Tout ce qui influe sur la perception et la raison (le sommeil profond, l’état de folie ou d’hystérie, l’évanouissement, l’ivresse, l’effet stupéfiant des médicaments ou d’autres substances) annule les ablutions.
-  Toucher son organe sexuel directement (pas à travers le vêtement).

Quant aux actes suivants : toucher son épouse, avoir un saignement, vomir, rire en pleine prière, faire la toilette du mort, il n’y a pas de preuves assez fortes confirmant le fait qu’ils annulent les ablutions.

Les actes d’adoration nécessitant les ablutions

Tous les jurisconsultes sont unanimes à propos des deux actes suivants : faire la prière et faire le tour de la Kaa’ba. On ne peut les accomplir sans avoir fait, au préalable, les ablutions. Plusieurs jurisconsultes ordonnent aussi les ablutions pour toucher le Coran.

Les grandes ablutions

(JPEG) Faire les grandes ablutions, c’est-à-dire se laver le corps tout entier, est obligatoire dans les cas suivants :

-  après la période des menstrues ;
-  quand une femme a accouché et qu’elle ne saigne plus ;
-  après un rapport sexuel ou un rêve érotique ;
-  quand on embrasse l’islam et on prononce la profession de foi pour la première fois.

Il est aussi recommandé de se laver pour les occasions suivantes :

-  le jour du vendredi pour aller à la prière collective ;
-  le jour de la fête de la rupture de jeûne (Aïd al-Fitr) et le jour de la fête du sacrifice (Aid al-Adha) pour aller prier avec le reste des musulmans ;
-  au moment où on entre en état de sacralité pour accomplir le pèlerinage ;
-  pour se rendre au mont ’Arafa.

Les actes obligatoires et recommandés

Pour accomplir les grandes ablutions comme il se doit, il faut respecter deux choses :

-  Formuler l’intention, à voix haute ou non.
-  Laver effectivement tout le corps à l’eau. Il faut veiller scrupuleusement à passer l’eau sur toutes les parties du corps en frottant, notamment derrière les oreilles, sous le menton, sous les aisselles, à l’intérieur de l’oreille, à l’intérieur du nombril, entre les orteils. Si l’eau ne touche pas un de ces endroits, les grandes ablutions sont nulles. En ce qui concerne les cheveux, l’homme doit bien faire pénétrer l’eau dans ses cheveux et les poils de sa barbe (s’il en a une). Quant à la femme, elle peut, le cas échéant, garder sa coiffure, pourvu qu’elle fasse parvenir l’eau aux racines des cheveux. Il ne lui est pas permis de passer seulement ses mains mouillées sur ses cheveux.

Toute personne soucieuse de se laver comme il faut, à la manière du Prophète, doit suivre l’ordre suivant :

-  laver les mains trois fois,
-  laver les organes génitaux et leurs alentours,
-  faire les ablutions normales,
-  verser l’eau sur les cheveux,
-  verser l’eau sur le corps en commençant par le côté droit.

Une fois les grandes ablutions accomplies, on peut directement prier, car on n’a pas besoin de faire en plus les petites ablutions. Il n’y a pas d’invocation spécifique aux grandes ablutions.
L’époux peut partager l’eau avec son épouse. Le savon qui tombe dans cette eau ainsi que tout autre corps propre, n’altérant pas ses caractéristiques intrinsèques, n’influe pas sur sa pureté.

Les ablutions pulvérales (at-tayamum)

L’un des signes de la grâce de Dieu envers la communauté de Son Prophète consiste en la facilité accordée aux croyants dans la pratique de leur culte. Chaque règle prescrivant une obligation, a des exceptions, soit pour dispenser le musulman temporairement d’un devoir devenu difficile à observer (la femme réglée ou accouchée est dispensée de prier et de jeûner, la personne malade ou en voyage est dispensée de jeûner) ou pour faciliter l’accomplissement d’un devoir : les ablutions pulvérales qui remplacent les ablutions à l’eau en cas de nécessité.

Les raisons justifiant les ablutions pulvérales

Il est permis d’avoir recours aux ablutions pulvérales ou sèches dans les cas suivants :

-  Si l’eau n’est pas disponible alors que la personne a besoin de faire ses ablutions pour prier, ou de se laver pour se purifier rituellement, après le rapport sexuel conjugal, les règles ou l’accouchement (pour la femme). Il en est de même si l’eau est disponible, mais en quantité insuffisante, c’est-à-dire si elle suffit à peine aux besoins vitaux des êtres humains ou des animaux.
-  Si l’on ne peut utiliser l’eau, à cause d’une blessure, d’une allergie à l’eau, ou par crainte que l’eau ne soit trop froide, ou encore si l’eau est dans un puits et qu’il n’y a pas de moyen de la puiser, ou si un ennemi ou un danger empêche la personne d’accéder à l’eau.
-  Idem pour la personne qui ne peut chercher l’eau par crainte de mort, de vol de ses biens, d’agression de sa famille en son absence ou de peur d’être isolée de ses compagnons de voyage.
-  Certains jurisconsultes permettent à celui qui craint le dépassement de l’heure prescrite de la prière s’il fait ses ablutions à l’eau, de faire des ablutions pulvérales pour prier à l’heure.

Comment faire les ablutions pulvérales

Il faut tout d’abord formuler l’intention, puis toucher la terre propre, la pierre lisse et propre ou le sable propre en prononçant bismillah, puis essuyer toute la surface du visage. Ensuite, refaire le geste et essuyer la main droite puis la main gauche jusqu’aux poignets. Ces gestes simples suffisent et remplacent les ablutions, grandes ou petites, pour se purifier rituellement.

Ce qui annule les ablutions pulvérales

Tout ce qui annule les ablutions à l’eau annule les ablutions pulvérales. Toutefois, il faut retenir que la permission de faire les ablutions pulvérales s’arrête, quand les raisons qui la justifient disparaissent. Par exemple, quand on peut de nouveau utiliser l’eau, ou qu’elle redevient disponible.
Si on a fait les ablutions pulvérales, faute d’eau, et qu’on a accompli la prière, puis que l’eau est redevenue disponible, on ne doit pas refaire sa prière.

Cas particulier du malade

Un autre aspect de la facilité accordée par Dieu aux croyants consiste à permettre à la personne portant un plâtre de passer les mains mouillées dessus au lieu de le laver à l’eau.
Au cas où la personne aurait une blessure ou une entorse et qu’elle serait obligée de porter un bandage, elle dispose de la même permission.
Si une blessure est légère, mais risquve quand même de s’infecter au contact de l’eau, il est permis aussi de passer les mains mouillées dessus, au lieu de laver le membre à l’eau.
A l’évidence, quand la blessure est guérie, le bandage ou le plâtre est enlevé, la permission d’essuyer avec les mains mouillées devient caduque et on doit laver le membre comme il se doit.
Pour en finir avec cette question, nous rappelons la règle suivante : si la maladie justifie qu’on déroge à la règle d’utiliser l’eau, il en est de même pour le risque d’augmenter la souffrance ou la crainte de retarder la guérison.


 

Faïza N.
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