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- N°60 Décembre 2007 -

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Perspectives

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L’aïd en Jordanie

 

(JPEG) L’aïd al adha approche et les plus heureux sont bien entendu ceux qui ont la possibilité de partir pour le grand pèlerinage, ils auront alors l’occasion de passer une fête inoubliable. Quant aux autres, ils se préparent à la fêter selon leur culture. Sans pour autant délaisser la sounnah du Prophète saws, chaque pays, chaque région a ses propres traditions pour l’aïd. Nous présentons ici les habitudes en Jordanie.

 

Officiellement, l’aïd al adha comporte quatre à cinq jours fériés en Jordanie. Cela permet aux familles de se réunir lorsque les membres habitent dans des villes éloignées les unes des autres.

(JPEG) A Amman, la capitale, l’adhan est unifié, c’est-à-dire que toutes les mosquées diffusent le même adhan en même temps mais il ne s’agit pas d’un adhan enregistré. Les gens sont donc habitués à entendre un seul et même adhan. L’aïd modifie un peu cet harmonie sonore car chaque mosquée devient alors autonome. Si votre habitation est proche d’une mosquée ou est entourée par plusieurs, il est impossible de manquer la prière de l’aïd car le bruit ne manquera pas de vous réveiller. En effet, le jour de l’aïd, après la prière de l’aube, dans chaque mosquée est récité le takbir :

« Allahou akbar, Allahou akbar, Allahou akbar, la ilaha ilAllah, ... »

Il est diffusé par les haut-parleurs jusqu’à la prière de l’aïd, un peu après le lever du soleil. Parfois des enfants viennent prendre le relais au microphone. L’ambiance est donc donnée très tôt le matin.

La prière de l’aïd est généralement célébrée dans les mosquées et en hiver c’est appréciable car le froid et la pluie sont bien réels en Jordanie. Les retardataires trouvent difficilement une place et doivent parfois aller de mosquée en mosquée, surtout pour les femmes car l’espace réservé est souvent insuffisant. Chacun revêt ses plus beaux vêtements et les enfants ont souvent des vêtements neufs pour l’occasion.

De retour de la mosquée, les familles prennent leur petit-déjeuner avant d’aller faire le sacrifice si ils en ont les moyens. Le sacrifice de l’aïd peut être réalisé de trois façons. Soit il est fait à la maison si on dispose d’un jardin, dans ce cas, le mouton est amené quelques jours avant et un boucher vient le premier, deuxième ou troisième jour de la fête pour égorger. Soit il est fait par un boucher dans sa boucherie. Soit il est réalisé dans une boucherie de fortune improvisée sur un terrain au bord de la route, les conditions d’hygiène laisse alors à désirer car le sang s’écoule sur la route ou stagne au sol. Parfois, on voit une vache ou chameau pour le sacrifice, le chameau est impressionnant. Le sacrifice est rarement fait par la personne même mais devant elle par le boucher. Il n’est pas rare que les familles se réunissent pour le sacrifice et ensuite cuisinent et mangent ensemble le foie.

(JPEG) La tradition se poursuit par la visite des femmes de la famille, mère, sœur et tante, c’est ce qu’on appelle silat ar-rahim, ceci principalement pour les hommes. Les femmes restent donc à la maison et reçoivent les visites des hommes de leur famille. Sont alors servis les traditionnels gâteaux de l’aïd, les ma’amouls et le café amer, qahwa sa’ada puis avant de partir des chocolats et bonbons. Autrefois, les ma’amouls, petits gâteaux fourrés aux pistaches ou dattes, étaient faits à la maison en famille, aujourd’hui de plus en plus les achètent tout prêts surtout lorsque la femme travaille. A la fin de la journée, tout le monde est gavé de ces gâteaux et certains pour contourner la tradition proposent des olives à leurs invités. Lors de ces visites, les enfants reçoivent de l’argent, un peu ou beaucoup selon les moyens. Certains enfants, les plus petits, se précipitent à l’épicerie du coin pour acheter des friandises ou des pétards. Les visites familiales se font surtout les deux premiers jours de la fête et le troisième jour est plutôt consacré aux sorties et visites entre amis.

L’aïd devrait être une période de réjouissance pour tous les Musulmans. Malheureusement, c’est loin d’être le cas pour nos frères et sœurs en Afghanistan, en Irak, en Palestine et tous ceux qui souffrent de la faim et de l’injustice. Que ceux qui partent pour le grand pèlerinage ne les oublient pas dans leurs invocations. Qu’Allah soulage leurs peines et leur donne la patience dans l’épreuve. Amine


 

Leila R.
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