Aslim Taslam

 

- N°10 Octobre 2001 -

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Le Livre

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Que faire dans les situations suivantes
Ecrit par Sheikh Muhammed Salih Al-Munajjid

 

Sommaire

Introduction

Tahaarah (La pureté et l’hygiène)

Avoir de la peinture ou de la saleté sur les mains au moment de faire le woudou’
Couvrir une blessure d’un vêtement
Des traces de janaabah sur les vêtements
Janabaah pendant les voyages
Saigner après une fausse couche - s’agit-il de nifaas ou non  ? 

Salaah (La prière)

Waswaas (les pensées suggérées par le shaytan)
S’il se passe quelque chose pendant la prière ?
L’appel de la nature quand l’iqaama est effectué
Les doutes à propos des gaz
Si l’adhaan pour fajr est effectué alors qu’on est encore en train de prier witr
Manquer la prière de ‘asr et arriver à la mosquée après le début de la prière de maghreb
Un voyageur qui rejoint une congrégation sans savoir si l’imaam est lui-même un voyageur
Etre incapable de rester debout pour le reste de la prière
Pendant la prière, quelqu’un frappe à la porte ou une mère voit son enfant faire quelque de dangereux
Répondre au salaam pendant la prière
Se joindre à une prière en cours
Ne pas se hâter excessivement pour se joindre à une prière en cours
Emettre un gaz lors de la prière du vendredi
Quand on a déjà prié et qu’on entre dans une autre mosquée où on trouve les gens en train de prier
Continuer à prier sounnah alors que l’iqaamah est fait
Etre informé de la direction correcte de la qiblah durant la prière
Traîner pendant la prière en congrégation
Si l’imaam annule son woudou’
Si la ‘awrah de l’imam se découvre
Se rendre compte que son woudou’ est non valable car on a passé ses mains mouillées sur ses chaussettes alors qu’il n’était plus acceptable de le faire
Si l’imaam oublie la fin d’une aayah
Avoir l’intention de prier pour la pluie, et il se met à pleuvoir avant le début de la prière
Avoir envie de dormir pendant le sermon du vendredi

Règles à propos de l’oubli pendant la prière

Avoir des doutes sur le nombre de rak’as priées
L’imam se rend compte qu’il a oublié de réciter al-Fatihah pendant la rak’a effectuée à voix basse
Un membre de la congrégation oublie de réciter al-Fatihah, ou se joint à la prière au moment de roukou’
Relever sa tête du roukou’, et ensuite se rendre compte qu’on a oublié de dire le tasbih
Oublier le premier tashahhoud
L’imam dit le salaam et fait les prosternations de l’oubli, mais un retardataire se lève pour compléter sa prière
L’imam fait une erreur mais ne comprend pas ce à quoi la congrégation fait référence lorsqu’elle dit « Soubhaan Allah » pour attirer son attention

Règles diverses

Oublier de porter le ihraam pour le Hajj ou la ‘Oumrah
L’interruption de tawaaf ou de sa’i
L’enterrement de celui qui meurt en mer
Faire de la monnaie (dans la même unité monétaire)
Si l’on nous demande de faire quelque chose au travail qui est contraire aux enseignements islamiques

Le comportement général et la sounnah du Prophète saws  

La manière appropriée de remercier Allah
Recevoir de l’argent ou des biens sans en avoir fait la demande
Interroger un hôte musulman sur la nourriture et la boisson qu’il sert
Marcher avec une seule chaussure quand l’autre est abîmée
Les bons rêves
Les mauvais rêves
Etre affecté à la vue d’une femme
S’asseoir entre le soleil et l’ombre n’est pas autorisé
Quand la maladie frappe son épouse
Si son enfant ou un membre de sa famille ment
Quand dire la vérité n’est pas la meilleure option

 

 

Introduction

Louange à Allah, le Seigneur des Mondes, et paix et bénédictions sur le plus noble des Prophètes et des Messagers, notre Prophète Muhammed, ainsi que sur sa famille et ses compagnons.

Le musulman peut se retrouver confronté à certaines situations d’urgence dans sa vie, pour lesquelles il a besoin de réponses immédiates par rapport au comportement qu’il doit adopter dans chaque situation. Dans la plupart des cas, cependant, il n’est pas possible de chercher ou de demander les règles islamiques au moment précis.

D’où l’importance de développer ses connaissances sur l’islam et de connaître les règles de la chariah, afin que, lorsque le Musulman a besoin de cette information, il l’aie à portée de main et qu’il soit ainsi capable de se garder lui ou un frère musulman du haraam ou d’éviter de faire des erreurs. Trop souvent, l’ignorance conduit à la corruption du culte ou tout du moins à un certain embarras. Il est malheureux qu’un imaam se lève par erreur pour une cinquième rak’a, et que personne de la congrégation ou dans la mosquée ne sache quelle règle de la chariah appliquer à ce moment-là. Ou un voyageur qui arrive à l’aéroport à la dernière minute avec l’intention de faire la ‘oumrah et qui découvre tout à coup qu’il a oublié sa tenue d’ihraam, mais il n’a pas le temps de faire quoique ce soit, et personne parmi les musulmans de l’aéroport ne peut lui dire que faire dans ce cas d’urgence. Ou un homme entre dans une mosquée où les prières ont été regroupées en raison de la pluie : la congrégation est déjà en train de prier al-‘isha’ alors qu’il n’a pas encore prié al-maghreb, alors il est confus quant à ce qu’il doit faire. Dans de telles situations, les gens peuvent s’embarquer dans des débats reposant seulement sur l’ignorance, c’est alors que la confusion finit par régner dans les mosquées. Pour de nombreux soucis individuels et personnels, l’ignorance peut mener à l ‘embarras voire au péché, particulièrement quand une personne se trouve obligée de prendre une décision rapide et qu’elle n’a pas les connaissances suffisantes pour baser sa décision.

Les gens dans ce monde ont des informations toutes prêtes pour les guider dans le comportement à adopter en situations d’urgence  : que faire en cas d’incendie, en cas de noyade, en cas de morsure de scorpion, en cas d’accident de la route, en cas de blessure, en cas de fracture... Toutes ces procédures de premiers secours sont bien connues ; elles sont enseignées lors des cours spéciaux. Est-ce beaucoup plus important alors que ceux qui se soucient de l’Au delà apprennent et enseignent les règles de cette religion ? Apprendre et enseigner les règles de la religion n’importe-t-il pas au moins autant que ça ?

A ce point, nous devrions noter l’importance de distinguer les problèmes hypothétiques qui se produisent rarement, voire jamais et les problèmes que connaissent les gens et sur lesquels nous sommes questionnés régulièrement, au vu de notre expérience.

En ce qui concerne le premier type (les situations hypothétiques), s’interroger dessus est une pure perte de temps, ce qui est interdit en Islam. Le Prophète saws nous a mis en garde contre cela lorsqu’il disait : «  Acceptez ce que je vous ai laissé, car les gens qui sont venus avant vous ont été anéantis seulement à cause de leur questionnement excessif et de leurs disputes avec leurs Prophètes...( Rapporté par al-Boukhaari et Mouslim ; cette version a été rapportée par Mouslim, n°1337, vol.2, p.975)

Ibn Rajab (puisse Allah être miséricordieux envers lui) commentait ce hadith : « Ces ahadiths indiquent qu’il est interdit de poser des questions sans nécessité...ou de questionner par entêtement ou avec l’intention de se moquer. » (Jaami’ al- ‘Ouloum wa’l-Houkm, Ibn Rajab, 1/240, édité par al-Arna’out).

Voilà comment nous interprétons cette anecdote d’un groupe de salaf ;quand on demandait quelque chose à Zayd ibn Thaabit, (qu’Allah soit satisfait de lui), il répondait : « Est-ce vraiment arrivé ? » S’ils disaient non, il leur répondait : « Laissez alors jusqu’à ce que cela arrive. » (Rapporté par Ibn Rajab, op. cit., 1/245 ; voir récits similaires dans Sounan al-Daarimi, 1/49, et Jaami Bayaan al-‘Ilm, Ibn ‘Abd al-Barr, 2/174).

En ce qui concerne le second type, les situations qui arrivent, alors là il est bon de poser des questions à leur sujet. Les Compagnons du Prophète saws le questionnaient parfois sur des choses avant qu’elles ne se produisent, mais c’était pour qu’ils puissent agir en accord quand la situation se présentait. Par exemple, ils lui demandaient : « Nous allons rencontrer l’ennemi demain, et nous n’avons pas de couteaux, alors devrions-nous utiliser des cannes à sucre séchées en tant qu’arme ? » Ils l’interrogèrent sur les souverains qui lui succéderaient, et s’ils devaient leur obéir ou lutter contre eux. Houdhayfah l’interrogea sur al-fitan (temps de l’affliction) et sur ce qu’il devrait faire à ce moment-là. (Jaami’ al-‘Ouloum al-Houkm, 1/243). Cela montre qu’il est permis d’interroger sur les choses qui sont susceptibles d’arriver.

Suit ici une discussion regroupant les questions que les musulmans sont susceptibles de se poser dans la vie de tous les jours. Ce sont les situations pratiques qui se sont déjà produites et qui pourraient être vécues par certains. Pour chaque cas, la réponse est accompagnée d’une référence aux sources des savants dignes de confiance. Il peut y avoir des opinions différentes dans certains cas, mais la réponse a été limitée à un point de vue : celui reposant sur les preuves les plus solides, par souci de concision et de facilité de compréhension. Je demande à Allah d’en faire bénéficier mes frères en Islam et moi-même, dans ce monde et le Jour du Jugement.Qu’Il récompense avec le bien tout ceux qui contribuent à cet effort, car Il est le plus grand dispenseur de bonté et le plus généreux. Qu’Allah bénisse notre Prophète Muhammad, toute sa famille ainsi que ses compagnons.

 

Tahaarah (la pureté et l’hygiène)

De la peinture ou de la saleté sur les mains au moment de faire le woudou’

Si un musulman se retrouve avec de la peinture ou de la saleté sur les mains, quand il fait le woudou’, et essaie de l’enlever, est ce que cela rompt la continuité de son woudou’ et doit-il recommencer ?

Réponse : Selon l’opinion la plus sûre, cela ne rompt pas la continuité de son woudou’, même si les parties du corps qui ont déjà été lavées sont sèches, car il a été retardé par quelque chose qui est relié à tahaarah. De façon similaire, son woudou’ n’est pas affecté s’il bouge d’un robinet à un autre pour avoir de l’eau, etc....

Mais s’il est interrompu par quelque chose qui n’est pas lié à son woudou’, comme retirer des impuretés de ses vêtements, ou manger , boire et ainsi de suite, et que les parties de son corps qu’il a déjà lavées pendant le woudou’ ont séché, alors il doit répéter son woudou’. (Fataawa Ibn ‘Outhaymin, 4/145-146).

 

Couvrir une blessure d’un vêtement

Si un musulman a une blessure sur une quelconque partie du corps qui doit être lavée pendant le woudou’, et ne peut pas mettre un pansement, ni la couvrir par un vêtement, alors il doit faire le woudou’, et faire le tayammoum pour la partie blessée (Al-Moughni ma’a al-Sharh al-Kabir, 1/282). Il n’a pas à laver la blessure si cela peut lui faire du mal.

 

Des traces de janaabah (impuretés) sur les vêtements

Si un musulman voit des traces de janaabah (impuretés telles que du sperme, etc.) sur ses vêtements, et qu’il a déjà fait quelques prières sans se rendre compte qu’elles y étaient, il doit accomplir le ghousl et répéter les prières effectuées depuis la dernière nuit ou sieste où il portait ces vêtements. Si, cependant, il sait que cette janaabah date d’une période de sommeil antérieure, il devra répéter toutes les prières depuis la fin du sommeil durant lequel il pense que la janaabah a eu lieu. (Al-Moughni ma’a al-Sharh al-Kabir, 1/199). La preuve qu’il doit effectuer le ghousl pour la salaah dans les cas de janaabah se retrouve dans de nombreuses sources, notamment dans la aayah : « Ô vous qui croyez ! N’approchez pas de la prière quand vous êtes en état d’ébriété jusqu’à ce que vous sachiez ce que vous dites, ni quand vous êtes dans un état de janaabah (c’est-à-dire dans un état d’impureté sexuelle et que vous n’avez pas encore pris de bain), sauf quand vous êtes en voyage sur la route (sans avoir suffisamment d’eau à proximité) jusqu’à ce que vous vous laviez le corps complet... » [ Al-Nisaa’ 4/43] et dans le hadith de ‘Ali (qu’Allah soit satisfait de lui) dans lequel il disait : « J’étais un homme qui avait beaucoup de décharge urétrale, alors je me lavais continuellement (en faisant le ghousl) jusqu’à ce que la peau de mon dos se craquèle. Je mentionnais cela au Prophète saws , ou cela lui a été soumis, et il dit : «  Ne fais pas cela. Si tu vois des pertes, lave tes parties privées et fais le woudou’ pour la prière comme d’habitude. Si l’eau (c’est-à-dire le sperme) jaillit, alors fais le ghousl. » (Rapporté par Abou Dawoud, n°206 ; classé sahih par al-Albaan, Irwaa’ al-Ghalil, n°125). Cela indique que lorsque le sperme est émis, le ghousl est une obligation, mais quand il s’agit de décharge, il suffit de se laver les parties et de faire le woudou’.

 

Janaabah pendant les voyages

Un voyageur se retrouve en avion pour un long voyage durant lequel il devient jounoub (impur). Il n’a pas de moyen pour faire le ghousl, et il n’y a rien dans l’avion qu’il puisse utiliser pour le tayammoum. S’il attend d’atteindre sa destination, le temps de la prière sera dépassé, et cela peut être une prière qu’il ne peut regrouper avec une autre, tel que al-fajr, s’il s’est mis en route avant al-fajr et s’il n’arrive pas avant le lever du soleil. Ou alors le temps de grouper les deux prières telles que le dohr et le ’asr peut être terminé, parce qu’il s’est mis en route avant le dohr et il n’arrivera pas avant le maghreb. Que doit-il faire dans une telle situation ?

Si l’on accepte qu’il n’a aucun moyen d’accomplir le ghousl à bord de l’avion, alors il est dans la situation connue par les savants de « celui qui n’a pas accès aux deux matériaux purifiants (c’est-à-dire l’eau et la terre) ». Les opinions varient sur le sujet. Imam Ahmad et la majorité des mouhaddithoun disent qu’il doit prier tel quel, parce que c’est tout ce qu’il peut faire, et « Allah ne charge pas une personne plus qu’elle ne peut supporter en charge . » [Al-Baqarah 2 :286 - interprétation du sens]. La preuve particulière à ce cas est le récit narré par Mouslim dans son Sahih, dans lequel il est question du Prophète saws qui avait envoyé des gens chercher un collier que ‘Aisha avait perdu. L’heure de la prière arriva, et ils prièrent sans woudou’ (parce qu’ils ne pouvaient trouver d’eau). Quand ils retournèrent chez le Prophète saws , ils le lui dirent et c’est alors que la aayah sur le tayammoum fut révélée. (Mouslim,Sahih, 367). Le Prophète saws ne les en blâma pas, ne les critiqua pas, ne leur demanda pas de refaire leur prière.

Cela indique que la prière est obligatoire, et même si la tahaarah est une condition pour la prière, la prière ne devrait pas être retardée parce que justement la tahaarah ne peut être accomplie. (Al-Moughni wa’a al-Sharh al-Kabir, 1/251). Une règle similaire s’applique quand le malade ne peut pas du tout bouger ses membres, ou quand on est emprisonné, enchaîné ou suspendu.

La prière doit être effectuée de la meilleure manière qui soit selon les circonstances, et elle ne devrait pas être retardée au-delà de son temps prescrit. Selon l’opinion la plus solide, elle ne doit pas être répétée, car Allah ne met pas de difficultés dans la religion.

 

Saigner après une fausse couche - s’agit-il de nifaas ou non ?

Si une femme fait une fausse couche et saigne, doit-elle prier ou non ?

La réponse à cette question dépend de la nature du sang : s’agit-il de nifaas ou non ? Les savants ont mentionné des règles à ce propos : « Si elle voit du sang après avoir évacué quelque chose aux traits humains, alors il s’agit de nifaas, mais si elle voit un écoulement de sang qui ressemble à un caillot (nouftah ou ‘alaq), alors ce n’est pas le nifaas. » (Al-Moughni ma’a al-Sharh al-Kabir, 1/361).

Dans ce cas, il s’agit d’istihaadah (saignement irrégulier), et là elle doit faire le woudou’ à chaque prière, après que le moment de la prière a commencé, et ensuite prier. Si elle a évacué un fœtus complètement formé ou avec des membres formés, comme une main, un pied ou une jambe alors il est question de nifaas. Si elle dit qu’on le lui a enlevé à l’hôpital et qu’ils l’ont jeté, sans qu’elle ait pu le voir, alors les savants disent que la plus petite période pour que des traits humains soient formés est de 81 jours depuis le jour de la conception. (Majmou’at Fataawa al-Cheikh ibn ‘Outhaymin, 4/992). Ceci est basé sur une hadith raconté par ‘Abd-Allah ibn Mas’oud selon lequel le Messager d’Allah saws , qui ne parle que pour dire vrai, disait : « La création de chacun de nous est regroupée pendant 40 jours dans l’estomac de la mère(utérus), ensuite il devient ‘alaqah (quelque chose qui adhère) pour un laps de temps similaire, ensuite il est moudghah (comme un morceau de chair mâchée) pour une même durée. Ensuite, Allah envoie un ange qui a pour ordre de faire quatre choses : il doit écrire les actions, sa provision et s’il sera malheureux (destiné à l’enfer) ou béni( destiné au paradis)... » (Version de al-Boukhaari,Fath, 6/303).

Toute femme qui fait face à ce problème devrait chercher l’avis des docteurs pour déterminer exactement dans quelle situation elle se trouve.

En ce qui concerne le sang qui peut être évacué avant une naissance normale : si le saignement est accompagné de douleurs liées au travail de l’accouchement ou aux contractions, alors c’est le nifaas, sinon ça ne l’est pas. Cheikh al-Islam Ibn Taymiyah (puisse Allah être miséricordieux envers lui) disait : « Ce qu’elle voit quand les douleurs de l’accouchement commencent est le nifaas. Il s’agit ici des contractions suivies de l’accouchement ; si ce n’est pas le cas, alors ce n’est pas le nifaas. » (Majmou’ Fataawa Ibn ‘Outhaymin, 4/327).

 

Salaah ( la prière)

Waswaas (les pensées suggérées par le shaytan)

Si durant la prière, un musulman connaît le waswaas (pensées suggérées) du shaytan, ce qui le fait hésiter dans sa récitation du Coran, lui donne de mauvaises pensées et le fait douter du nombre de rak’as qu’il a effectué, que doit-il faire ?

Un des Sahaabah, ‘Outhmaan ibn Abi al-‘Aas (qu’Allah soit satisfait de lui) vécut cela. Il alla trouver le Prophète saws et s’en plaignit : « Le shaytan vient entre ma salaah et moi, et me fait hésiter dans ma récitation. » Le Messager d’Allah saws lui dit : « C’est le shaytan (démon) nommé Khanzab qui agit ainsi. Si tu sens sa présence, cherche refuge auprès d’Allah et crache (sans salive) sur ta gauche trois fois. » ‘Outhmaan dit plus tard : « Je l’ai fait, et Allah m’a débarrassé de lui. » (Mouslim, Sahih, n°2203).

Ce hadith indique deux manières de parer les attaques du shaytan qui essaie de perturber les prières. La première consiste à chercher refuge auprès d’Allah du mal du shaytan, en prononçant ces mots même pendant la prière - il n’y a aucun mal à le faire dans ce cas. La seconde est de cracher (sans salive) à gauche trois fois. Cela signifie souffler de l’air comme si on crachait mais en n’éjectant qu’une petite quantité de salive, de sorte à ne pas affecter le voisin et à ne pas salir le masjid.

 

S’il se passe quelque chose pendant la prière ?

S’il se passe quelque chose pendant la prière, les hommes doivent dire « Soubhaan Allah » et les femmes doivent taper des mains. Ce hadith narré par Sahl ibn Sa’d appuie cette règle, le Messager d’Allah saws dit : « S’il se passe quelque chose durant la salaah, les hommes doivent dire ‘Soubhaan Allah’ et les femmes doivent taper des mains. » (Rapporté par Abou Dawoud ). Selon la version racontée par al-Boukhaari et Mouslim : « Le Tasbih (dire ‘Soubhaan Allah’) est pour les hommes et le claquement des mains est pour les femmes. » (Sounan Abi Dawoud, 941 ; Al-Bukhaari, Sahih (édition al-Bougha), 1145 ; Mouslim, Sahih, 106).

 

L’appel de la nature quand l’iqaama est effectué

Si la prière est sur le point de commencer (l’iqaama est fait) et qu’on sent l’appel de la nature, alors on doit aller aux toilettes et satisfaire ses besoins, même si cela signifie manquer la prière en congrégation. Le récit de ‘Abd-Allah ibn Arqam appuie cela : «  Le Messager d’Allah saws dit : « Si l’un d’entre vous a besoin de se soulager et que la prière est sur le point de commencer, qu’il satisfasse son besoin d’abord. » » (Rapporté par Abou Dawoud, 88 ; voir aussi Sahih al-Jami’, 373).

 

Les doutes à propos des gaz

Si un musulman qui prie doute quant à savoir s’il a émis un gaz ou non, ou qu’il sent des mouvements dans son abdomen, doit-il arrêter sa prière ou doit-il continuer ?

S’il est certain d’avoir émis un gaz, il doit s’arrêter de prier, mais s’il est incertain ou qu’il doute, il ne doit pas s’arrêter - jusqu’à ce qu’il en soit sûr, soit en entendant un bruit, soit en sentant une odeur. S’il découvre qu’effectivement il a eu un gaz, il s’arrête alors de prier ; sinon il ne doit pas y prêter attention.

Abou Hourayrah (qu’Allah soit satisfait de lui) nous en apporte la preuve dans ce hadith : « Le Messager d’Allah saws dit : « Si l’un d’entre vous est en train de prier et il sent du mouvement dans sa partie postérieure, et il doute quant à savoir s’il a eu un gaz ou non, il ne doit pas s’arrêter de prier jusqu’à ce qu’il entende un son ou qu’il détecte une odeur. » » (Rapporté par Abou Dawoud, 177 ; voir aussi Sahih al-Jaami’, 750).

C’est l’une des importantes prescriptions islamiques pour soigner le waswaas (les idées suggérées par le shaytan).

 

Si l’adhaan pour fajr est effectué alors qu’on est encore en train de prier witr

Un musulman prie le witr et il entend le muezzin faire l’appel (adhaan) pour fajr alors qu’il est encore en train de prier, doit-il continuer avec le witr ?

Oui, si l’adhaan tombe alors qu’il prie le witr, il doit compléter sa prière, et il n’y a rien de mal à le faire. (Ibn ‘Outhaymin, Fataawa Islamiyya, 1/346). Le problème provient de la détermination du moment de la prière de witr :la question est de savoir si le moment pour witr se termine au début de fajr ou à la fin de fajr. La majorité des savants disent qu’il se termine au début de la prière de fajr. (Fayhaan al-Mutayri, Is’aaf Ahl al-‘Asr bima warada fi Ahkaam Salaat al-Witr, p.33).

 

Manquer la prière de ‘asr et arriver à la mosquée après le début de la prière de maghreb

Si un musulman manque la prière de ‘asr et arrive au masjid quand la prière de maghreb a déjà commencé, que doit-il faire ?

Cheikh al-Islam Ibn Taymiyah (puisse Allah être miséricordieux envers lui) disait : Il doit prier maghreb avec l’imaam, et ensuite ‘asr, comme il est admis par tous les principaux savants. Quant à savoir s’il doit répéter maghreb, il y a deux opinions. La première est qu’il doit le refaire ; c’est l’avis d’Ibn ‘Omar, Maalik et Abou Hanifah et le point de vue le plus connu d’Ahmad. La seconde opinion est qu’il n’est pas obligé de répéter maghreb, et c’est la position de Ibn’Abbaas et al-Shaafi’i, et le deuxième point de vue de Ahmad. Cette deuxième tendance est plus correcte dans le sens où Allah n’a pas obligé le musulman à prier deux fois une même prière s’il craint Allah autant que possible. Et Allah est plus Savant. (Majmou’ Fataawa Ibn Taymiyah, 22/106).

 

Un voyageur qui rejoint une congrégation sans savoir si l’imaam est lui-même un voyageur

Si un voyageur rejoint une congrégation en train de prier, et il ne sait pas si l’imaam est aussi un voyageur (et donc s’il accomplit la prière raccourcie), ou s’il s’agit d’un résident (et donc s’il doit accomplir la prière complète avec lui), que doit-il faire ?

Selon l’opinion la plus sûre, il doit se baser sur les signes de voyage qu’il peut observer chez l’imaam, tels que les vêtements ou le matériel de voyage. S’il lui semble que l’imaam est un résident, alors il devra effectuer la prière complète derrière lui.

Ceci repose sur le récit de Ibn ‘Abbas narré par Ahmad, on demande à Ibn ‘Abbas : « Pour quelle raison un voyageur prie deux rak’as quand il est seul et quatre quand il prie derrière un résident ? » Il répondit : « C’est sounnah. » Selon un autre récit : « C’est sounnah d’Abou’l-Qaasim. » (Al-Haafiz n’a pas fait de commentaire sur ce hadith dans al-Takhlis, 2/50, mais Ahmad Shaakir a classé son isnaad comme sahih dans son commentaire sur al-Musnad, 3/260).

Si le voyageur suppose que l’imaam est un voyageur, et prie deux rak’as avec l’intention de prier une prière raccourcie, et qu’après le salaam (l’aboutissement de la prière) il découvre qu’en fait l’imaam est un résident et que ces deux rak’as étaient les troisième et quatrième priées par l’imaam. Dans ce cas, il doit se lever et prier deux rak’as supplémentaires pour compléter la prière et faire soujoud sahw (deux prosternations supplémentaires). (Al-Majmou’ li’l-Nawawi, 4/356). Il n’y a pas de mal à parler ou à poser les questions nécessaires au bon accomplissement de sa prière.

 

Etre incapable de rester debout pour le reste de la prière

Si un musulman en train de prier est soudainement incapable de se relever pour le reste de la prière ou inversement un musulman en train d’effectuer sa prière assis est soudainement capable de se lever, que faire ?

Ibn Quoudaamah (puisse Allah être miséricordieux envers lui) disait : « Dès qu’un musulman malade qui prie devient capable de faire ce qu’il ne pouvait faire au début de la prière, qu’il s’agisse de se lever, de s’asseoir, de se pencher, de se prosterner ou tout autre mouvement, il doit alors continuer et ajouter à ce qu’il a déjà accompli. De façon similaire, si un musulman commence sa prière en étant capable de faire tout ces mouvements, et soudainement il devient incapable de faire certains d’entre eux, il doit continuer comme il a commencé autant qu’il le peut et ajouter à ce qu’il a déjà accompli comme si rien n’avait changé. (al-Moughni ma’a al-Sharh al-Kabir, 1/782 ; voir aussi al-Majmou’ li’l-Nawawi, 4/318).

Le hadith d’ ‘Imraan ibn Housayn (qu’Allah soit satisfait de lui) le prouve : « J’avais des hémorroïdes, alors j’ai interrogé le Prophète saws à propos de la salaah. Il répondit : « Prie debout, et si tu ne peux pas, prie assis, et si tu ne peux pas prie sur ton flanc. » » (Rapporté par al-Bukhaari, Fath, 2/587).

 

Pendant la prière, quelqu’un frappe à la porte ou une mère voit son enfant faire quelque de dangereux

Si quelqu’un frappe à la porte alors qu’on est en train de prier, ou un mère en train de prier voit son enfant jouer avec une prise électrique ou faire quelque chose de tout aussi dangereux, que faire ?

Si un musulman en train de prier à besoin de faire quelque chose de relativement mineur comme ouvrir une porte, il n’y a pas de mal à le faire, tant qu’il continue à faire face à la qiblah.

Ce hadith de ‘Aisha (qu’Allah soit satisfait d’elle) raconté par Abou Dawoud le prouve, ‘Aisha disait : «  Le Messager d’Allah saws avait l’habitude de prier avec la porte fermée. Je suis venue et je lui ai demandé de m’ouvrir, alors il vint, me l’ouvrit et retourna à sa prière. » Le narrateur mentionnait que la porte était en direction de la qiblah.(Sounan Abi Dawoud, 922 ; Sahih Sounan Abi Dawoud, 815).

Le même raisonnement s’applique pour la mère qui prie et qui a besoin d’éloigner son enfant d’un danger. Un simple mouvement sur la droite, sur la gauche, en avant ou en arrière n’affectera pas sa prière. De façon similaire, si un ridaa’ (vêtement couvrant la partie supérieure du corps) tombe, celui qui prie peut le ramasser, et si le izaar (vêtement de la partie inférieure) se détache, on peut le resserrer. Dans certains cas, la shari’ah autorise des mouvements excessifs durant la prière, même si cela signifie s’éloigner de la direction de la qiblah, comme il est rapporté dans un hadith raconté par Abou Hourayrah (qu’Allah soit satisfait de lui) : « Le Messager d’Allah saws disait : « Tuez les deux choses noires pendant la prière : le serpent et le scorpion. » (Sounan Abi Dawoud, 92 ; Sahih Sounan Abi Dawoud, 814).

 

Répondre au salaam pendant la prière

Si un musulman reçoit le salaam (la salutation islamique) alors qu’il est en train de prier, il peut répondre par un geste, comme l’avait rapporté Souhayb (qu’Allah soit satisfait de lui) qui disait : « Je passais près du Messager d’Allah saws alors qu’il était en train de prier. Je l’ai salué avec le salaam, et il a répondu par un geste. » (Sounan Abi Dawoud, 925 ; Sahih Sounan Abi Dawoud, 818). Le geste est décrit dans bon nombre de hadiths, tel que celui raconté par Ibn ‘Omar (qu’Allah soit satisfait de lui) qui disait : « Le Messager d’Allah saws alla à Qoubaa’ pour y prier. Les Ansaar vinrent à lui et le saluèrent avec le salaam alors qu’il priait. Je demandais à Bilaal : « Comment as-tu vu le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah) leur répondre quand ils lui dirent salaam et qu’il priait ? » Il répondit : « Comme ça. » Et il aplatit sa main. » Ja’far ibn ‘Awn (l’un des narrateurs) aplanit sa main avec la paume en direction du sol et le dos de sa main en direction du ciel. (Sounan Abi Dawoud, 927 ;Sahih Abi Dawoud, 820).

 

Se joindre à une prière en cours

Si un homme entre dans le masjid alors que l’imaam prie, doit-il suivre l’imaam immédiatement, quelle que soit la position où il est et commencer à prier, ou doit-il attendre de voir si l’imaam va s’asseoir ou se lever ?

La réponse correcte est ce qui est indiqué par la preuve (dalil) : il doit se joindre à l’imaam quel que soit l’avancement de la prière - prosterné, debout, penché ou assis. Le hadith d’Abou Hourayrah (qu’Allah soit satisfait de lui) le prouve : « Le Messager d’Allah saws disait : « Si vous venez pour prier et que nous sommes prosternés, alors prosternez vous, mais ne la comptez pas, et quiconque attrape une rak’ah attrape la prière. » (Sounan Abi Dawoud, 893 ; Sahih Sounan Abou Dawoud, 792). Mou’aadh disait : « Le Messager d’Allah saws disait : « Si vous arrivez pour prier et que l’imaam est dans une certaine position, alors faites comme l’imaam fait. » » (Sounan al-Tirmidhi, 591 ; voir aussi Sahih Sounan al-Tirmidhi, 484). Il y a également une autre interprétation du hadith : « Quelque soit le moment où vous arrivez, priez. »

 

Ne pas se hâter excessivement pour se joindre à une prière en cours

Si la prière commence et le musulman est encore sur le chemin de la mosquée, il ne doit pas se presser outre mesure ; il doit marcher calmement et avec dignité, comme indiqué dans le hadith d’Abou Hourayrah (qu’Allah soit satisfait de lui) : « Le Prophète saws disait : « Si la prière commence, ne l’approchez pas en courrant ; approchez-vous avec calme et dignité. Quel que soit le moment où vous arrivez, priez, et quoi qu’il vous manque, complétez-la [après]. » » (Rapporté par al-Bukhaari, Fath, 2/390).

 

Emettre un gaz pendant la prière du vendredi

Si un homme émet un gaz pendant la prière en commun, que doit-il faire dans cette situation embarrassante ?

Il doit mettre sa main devant son nez et sortir. La preuve en est ce que ‘Aisha (qu’Allah soit satisfait d’elle) a rapporté : « Le Messager d’Allah saws disait : « Si l’un d’entre vous émet un gaz pendant qu’il prie, il doit tenir son nez et sortir. » » (Sounan Abi Dawoud, 1114 ; voir aussi Sahih Abi Dawoud, 985). Al-Tibi disait : « L’ordre de tenir son nez est intimé pour faire croire que l’on saigne du nez. Il ne s’agit pas de mentir ; c’est une forme d’action qui est permise pour que le shaytan ne convainque pas une personne à rester car elle est trop timide face aux autres. » (Mirqaat al-Mafaatih, Sharh Mishkaat al-Masaabih, 3/18).

Il s’agit là d’un exemple du type d’ambiguïté qui est autorisé et approuvé, afin d’éviter l’embarras et que tout le monde croie que cette personne part car elle souffre d’un saignement de nez. Un autre bénéfice de ce conseil prophétique est que cela arrête les pensées suggérées par le shaytan, qui pourrait sinon retenir la personne dans les rangs à prier avec la congrégation alors qu’elle a émis un gaz, et cela ne plait pas à Allah. Comment peut-on rester alors que le Prophète saws a ordonné de partir ? Dans ce cas présent, il est permis soit de passer à travers les rangées ou de marcher vers le coin de la mosquée, afin de partir, de retourner faire woudou’, de revenir et de rejoindre la prière.

 

Quand on a déjà prié et qu’on entre dans une autre mosquée où on trouve les gens en train de prier

Si un musulman a déjà prié dans une mosquée, ensuite va dans une autre mosquée pour une leçon ou pour une autre raison, il trouve des gens en train de prier, alors il doit se joindre à eux et sa prière sera considérée comme prière naafil (surérogatoire ou « supplémentaire »). Il doit le faire même si cela tombe pendant les heures interdites de prières parce qu’il y a une raison derrière cela. La preuve provient du hadith de Yazid ibn al-Aswad (qu’Allah soit satisfait de lui) : « J’ai accompli le Hajj avec le Prophète saws et prié fajr avec lui dans Masjid Al-Khayf. Après avoir accompli sa prière, il se tourna et vit deux personnes au fond qui n’avaient pas prié avec lui. Il dit : « Il faut que je leur parle. » Alors il les rejoignit et ils tremblaient. Il leur demanda : « Qu’est-ce qui vous a empêché de prier avec nous ? » Ils répondirent : « O Messager d’Allah ! Nous avons déjà prié chez nous. » Il dit alors : « Ne faites pas cela. Si vous avez déjà prié chez vous et allez à une mosquée, priez en congrégation aussi, et cela deviendra une prière surérogatoire pour vous. » » (Sounan Al-Tirmidhi, 219 ; Sahih al-Jaami’, 667).

Dans un autre hadith, il est raconté que ces deux hommes arrivèrent après la prière de fajr, qui correspond à un moment où il est interdit de prier. Imaam Maalik a rapporté dans al-Mouwatta’ dans le chapitre sur « Ce qui a été rapporté à propos de la répétition de la prière avec l’imaam après qu’une personne a prié individuellement. » :

« Mihjan (radiAllahou’anhou) disait qu’il était en compagnie du Messager d’Allah saws quand l’appel à la prière a été fait. Le Messager d’Allah saws se leva et pria en congrégation, ensuite il revint, alors que Mihjan resta à sa place et ne pria pas avec eux. Alors le Messager d’Allah saws lui dit : « Qu’est-ce qui t’a empêché de prier avec les autres ? N’es-tu pas musulman ? » Il répondit : « En effet, je le suis, Ô Prophète d’Allah ! Mais j’avais déjà prié à la maison. » Le Prophète saws lui dit : « Si tu es à la mosquée, alors prie avec les gens, même si tu as déjà prié. » » (al-Mouwatta’, 1/130 ; Silsilah al-Sahihah, 1337).

 

Continuer à prier sounnah alors que l’iqaamah est fait

Si un musulman est dans la mosquée en train de prier sounnah, et il entend que l’iqaamah est effectué, la meilleure opinion dans ce cas est que s’il en est à sa seconde rak’a, il doit vite la terminer et s’il en est à la première, il doit tout simplement interrompre sa prière et entrer dans la prière en commun avec l’imaam (Fataawa Ibn ‘Outhaymin, 1/345). Ceci est basé sur le récit qu’Imaam Muslim a raconté dans son Sahih :

« Le Messager d’Allah saws disait : « Si l’iqaamah est fait pour la prière alors il n’y a d’autre prière que la prière obligatoire. » (Sahih Muslim, 1/493).

Donc, si un musulman a effectué le roukou’ de la seconde rak’a au moment où l’iqaamah est fait, alors il doit terminer sa prière. Si l’iqaamah est fait avant le roukou’ de sa deuxième rak’ah, alors il doit s’interrompre parce que ce qui reste de soujoud et tashahhoud n’est plus nécessaire. De plus, il doit s’arrêter sans salaam, et il suffit d’avoir l’intention du cœur, contrairement aux idées communes fausse.

 

Etre informé de la direction correcte de la qiblah durant la prière

Si une congrégation en prière est informée au cours de la prière que la qiblah est autre que la direction qu’elle avait, alors tous ses membres doivent se tourner vers la bonne direction. Cela est également valable pour une personne seule. Quelle que soit la portion de prière déjà accomplie (avant de changer de direction), elle sera correcte. Le récit de Anas (qu’Allah soit satisfait de lui) rapporté par Imaam Mouslim le prouve :

« Alors que le Prophète saws priait en direction de Bayt-al-Maqdis (Jérusalem), la aayah lui a été révélée (interprétation du sens) : « Vraiment ! Nous avons tourné ton visage vers le ciel. Aussi, Nous te mettrons sur une qiblah qui te satisfera, alors tourne ton visage en direction d’al-Masjid al-Haram. » [Al-Baqaarah 2 :144] Un homme des Bani Salamah passait par là et les trouva (c’est-à-dire les Bani Salamah) dans la position de roukou’ dans la deuxième rak’a de la prière de fajr. Il les interpella : « La qiblah a été modifiée », alors ils changèrent de direction alors qu’ils étaient encore en roukou’ ». (Sahih Mouslim, 527)

Si certains ont été informés et d’autres pas, alors ceux pour qui l’explication est claire doivent se tourner dans la direction qu’ils pensent être l’orientation correcte de la qiblah. Maintenant si tous ces gens étaient en train de prier ensemble dans la même direction à l’origine, ensuite certains se tournèrent plus sur la droite, d’autres plus sur la gauche, il est encore valable pour l’un d’entre eux de les guider dans la prière. Mais les savants ont une opinion différente à propos des gens qui en suivent d’autres dans les cas de désaccord complet sur la direction de la qiblah. S’il y a quelqu’un de complètement ignorant quant à la direction, il se doit de suivre celui qui est le plus conscient de la direction de la qiblah. (Al-Moughni ma’a al-Sharh al-Kabir, 1/473). Si quelqu’un ne connaît pas la direction de la qiblah, il doit s’en enquérir s’il le peut ou alors faire ijtihaad (faire le meilleur jugement basé sur l’information disponible) s’il le peut, sinon il doit suivre quelqu’un de fiable. S’il ne peut trouver une telle personne, alors il doit craindre Allah, faire de son mieux et prier, et sa prière sera valable. Cela arrive parfois à ceux qui voyagent dans les pays de mécréants et qui ne trouvent aucun musulman ou autre qui puisse leur indiquer la bonne direction de la qiblah, et n’ont donc aucun moyen de trouver par eux-mêmes. Mais si un musulman est capable de trouver la direction de la qiblah, mais a été négligent et a prié sans faire tous les efforts possibles, il doit répéter sa prière car il était négligent. ( Al-Moughni ma’a al-Sharh al-Kabir, 1/490).

 

Traîner pendant la prière en congrégation

Si un musulman prie en communauté et commence à somnoler ou que le haut-parleur s’arrête de marcher , il est en retard par rapport à l’imaam d’un ou plusieurs actes obligatoires (arkaan) de prière (c’est-à-dire l’imaam l’a accompli et lui pas car il n’a pu entendre la voix de l’imaam), quand il se réveille ou que le son du haut-parleur revient, il doit alors accomplir les actes obligatoires qu’il a manqués, et ensuite continuer à suivre l’imaam.

Ce problème peut apparaître dans de nombreux cas. Par exemple : l’imaam récite un verset et contient le mot « prosternation » (sajdah) et certains se méprennent et croient qu’il s’agit d’un verset de prosternation alors qu’en réalité ça ne l’est pas. Quand l’imaam fait le takbir pour roukou’ à la fin du verset et accomplit le roukou’, certains des disciples (plus particulièrement ceux du fond de la congrégation) pensent qu’il s’agit du takbir de la prosternation pour la récitation , alors il se prosternent. Quand l’imaam se relève de roukou’ en disant « sami’a Allahou li man hamidah », ils se lèvent de leur prosternation, ayant ainsi manqué l’acte de roukou’. Pour ceux qui ne l’ont pas fait intentionnellement, il leur incombe de compléter ce qu’ils ont manqué et ensuite de rattraper l’imaam. Cependant, en ce qui concerne celui qui traîne derrière l’imaam intentionnellement (par exemple, celui qui prolonge sa prosternation pour faire une longue supplication afin de manquer l’acte obligatoire qui vient après la prosternation), la majorité des savants disent que la prière de celui qui manque deux actes obligatoires consécutifs sans une excuse valable est nulle et il est un pécheur. (Kashashaaf al-Qinaa’, 1/467 ; al-Mawsou’ah al-Fiqhiyyah, 6/29). Cependant, le principe est que l’imaam doit être suivi, comme le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lu) disait :

« L’imaam est là pour être suivi, alors ne faites pas différemment de lui. Quand il accomplit le roukou’, faites le roukou’. Quand il dit « Sami’a Allahou li man hamidah »(Allah entend celui qui Le glorifie), dites « Rabbanaa laka’l-hamd » (Ô notre Seigneur ! A Toi la Louange). Quand il est en sajdah, faites la sajdah. S’il prie assis, priez tous assis. » (Sahih al-Boukhaari, 689).

 

Si l’imaam annule son woudou’

Si l’imaam annule son woudou’ alors qu’il est en train de prier ou se rappelle pendant la prière qu’il n’a pas fait ses ablutions, alors il doit arrêter la prière et nommer quelqu’un pour finir la conduite de la prière, comme cela a été raconté de ’Omar, ‘Ali, ‘Alqamah et ‘Ataa’. S’il ne désigne personne et que les musulmans prient individuellement, c’est aussi acceptable, et c’est l’opinion d’Imaam Al-Shaafi’i. S’il met en avant quelqu’un pour les conduire, c’est également acceptable.

La preuve en est ce qui a été raconté sur ’Omar (qu’Allah soit satisfait de lui) lorsqu’il fut poignardé : il prit la main de ‘Abd al-Ramaan bin ‘Awf et le fit avancer, et il termina la prière. (Rapporté par al-Boukhaari, Fath, 7/60). Cette déduction se justifie par le fait que ‘Omar fit cela en présence de bon nombre de Compagnons et d’autres personnes, et personne ne s’opposa à cet acte, alors c’est devenu un consensus (ijmaa’). (Ahkaam al-Imaamh, al-Mounif, p.234).

Si l’imaam se rappelle qu’il n’est pas dans un état de pureté, il doit indiquer aux gens de rester tels qu’ils sont et il doit aller se purifier, et revenir, dire « Allahou Akbar » et conduire à nouveau la prière. Cela est valable. Le récit raconté par Abou Dawoud de Abou Bakrah le prouve :

« Le Messager d’Allah saws commença à diriger la prière de fajr, et ensuite il indiqua aux gens de rester à leur place. Ensuite il revint et l’eau dégoulinait de sa tête. » (Sounan Abi Dawoud, n°233 ; Sahih Sounan Abi Dawoud, 1/45. Abou Dawoud incluait un chapitre ayant pour titre Fi’l-Jounoub yousalli bi’l-qawmi wa houwa naasin (Celui qui par inadvertance dirige la prière en état de janaabah.))

En commentaire de ce hadith, Imaam Al-Khattabi disait : « Dans ce hadith, il y a la preuve que si on dirige une prière alors qu’on est en état de janaabah et que les gens ne le savent pas, alors leur prière n’en est pas affectée et ils n’ont pas besoin de la répéter. Mais l’imaam doit répéter sa prière. » ( Al-Khattaabi,Sounan Abi Dawoud wa ma’ahou Ma’alim al-Sounan,1/159, édité par al-Da’aas).
 

Si la ‘awrah de l’imaam se découvre

Si quelqu’un prie en congrégation derrière l’imaam et voit que son ‘awrah (les parties du corps qui doivent être couvertes) est découverte car ses vêtements se sont ouverts ou parce que ses vêtements sont fins et transparents, alors si c’est possible, cette personne doit aller le couvrir, sinon il doit sortir de la prière et informer l’imaam en lui disant « Couvre ton ‘awrah » (en arabe « ghatti’l-‘awrah ») ou « protège ce qui est découvert ». Il ne doit pas se taire et continuer à prier parce qu’il sait que la prière de l’imaam (dans cette condition) est incorrecte et le suivre serait alors également incorrect. (De la fataawa orale de Cheikh ‘Abd al-‘Aziz ibn Baaz).

 

Se rendre compte que son woudou’ n’est plus valable car on a passé ses mains mouillées sur les chaussettes alors qu’il n ‘était plus acceptable de le faire.

Si on prie (que ce soit en tant qu’imaam ou en tant que membre d’une assemblée ou de manière individuelle) et on se rappelle qu’on a passé ses mains mouillées par dessus les chaussettes (khouff) pendant le woudou’ alors que la période acceptable pour le faire a expiré, on doit arrêter sa prière car l’ablution n’est pas effectuée correctement. Ceci est tiré des Imaams Ahmad et al-Shaafi’i (al-Moughni, 2/505.)

 

Si l’imaam oublie la fin d’une aayah

Si l’imaam récite une partie du Coran dans la prière et oublie la fin du verset, et aucun membre de l’assemblée ne la lui rappelle, il peut choisir soit de dire le takbir et de terminer la récitation, soit de réciter un verset ou plus d’une autre sourate. Mais cela est autorisé seulement si la partie oubliée ne provient pas de al-Fatihah. En ce qui concerne al-Fatihah, elle doit être récitée entièrement, car sa récitation est un acte obligatoire de prière. (Ibn Baaz, Fataawa Islaamiyyah, 396).

 

Avoir l’intention de prier pour la pluie, et il se met à pleuvoir avant que le début de la prière

Si des gens se rassemblent dehors pour prier salaat al-istisqaa’ (la prière pour la pluie) ou avec l’intention d’effectuer cette prière, et il se met à pleuvoir, l’une des deux situations s’applique alors :

    1. S’ils s’étaient préparés à sortir et qu’il s’est mit à pleuvoir avant qu’ils ne sortent, alors ils doivent remercier Allah (soubhanahou wa ta’ala) pour Ses bénédictions et ne pas sortir.

    2. S’ils étaient déjà dehors et qu’il s’est mit à pleuvoir avant qu’ils ne commencent à prier, ils doivent offrir une prière de gratitude à Allah, soi-Il Exalté. (Al-Moughni, 2/296)

 

Avoir envie de dormir pendant le sermon du Vendredi

Si un musulman a envie de dormir ou somnole en écoutant le sermon du Vendredi, il est recommandé qu’il échange de place avec son voisin. En faisant de la sorte, il doit prendre garde de ne pas parler ; il doit communiquer avec des gestes. La preuve en est le hadith raconté par Samourah qui disait : « Le Prophète saws disait : « Si l’un d’entre vous somnole pendant le sermon du Vendredi, il doit échanger de place avec son voisin. » » (Al-Bayhaqi, 3/238 ; Sahih al-Jaami’, 812).

Un autre hadith rapporté par Ibn ‘Omar disait : « Le Prophète saws disait : « Si l’un d’entre vous somnole à la mosquée le vendredi, il doit changer de place. » » (Abou Dawoud, 1119 ; Sahih al-Jaami’, 809)

 

Règles à propos de l’oubli pendant la prière (al-sahw)

Avoir des doutes sur le nombre de rak’as priées

Si un musulman doute quant à savoir s’il a prié par exemple 3 ou 4 rak’as, il doit agir en fonction de ce qui est le plus probable. Cependant, s’il ne peut pas être sûr de ce qui est le plus probable, il doit se baser sur ce dont il est sûr (ce qui est la plus petite valeur), et faire les prosternations de l’oubli (soujoud al-sahw).

Preuve en est le hadith raconté par Abou Sa’id Al-Khoudri (qu’Allah soit satisfait de lui) qui disait : « Le Prophète saws disait : « Si l’un de vous a des doutes pendant sa prière et ne se rappelle pas combien de rak’as il a effectuées, trois ou quatre, alors il doit oublier son doute et compléter sa prière en se basant sur ce dont il est sûr, et effectuer deux soujoud avant le salaam. S’il s’avère qu’il a prié cinq rak’as, les deux soujoud compenseront et si au final il a complété ses quatre rak’as, ces deux soujoud seront en défi au shaytan. » » (Sahih Mouslim, 571)

 

L’imaam se rend compte qu’il a oublié de réciter al-Fatihah pendant la rak’a effectuée à voix basse

Si l’imaam se rappelle pendant le tashahhoud final (la position assise de la prière) qu’il a récité at-tahiyyaat (les salutations effectuées pendant la position assise) au début d’une rak’a à voix basse au lieu de al-Fatihah, il doit se lever et offrir une autre rak’a correcte pour rattraper celle incorrecte où il n’avait pas récité al-Fatihah. Cela parce que le Prophète saws disait : « N’est pas une prière une prière où al-Fatihah (le chapitre d’ouverture du Coran) n’est pas récitée. » (Sahih, al-Boukhari, 723).

Les membres de l’assemblée derrière lui doivent le suivre, même si cela revient à une cinquième rak’a pour eux. S’ils ne comprennent pas et ne se lèvent pas, mais disent « Soubhaan Allah » comme pour dire que l’imaam fait erreur, l’imaam doit signifier par des gestes de la main vers la gauche et vers la droite que c’est intentionnel de sa part et ainsi il leur indique qu’il sait ce qu’il fait et donc qu’ils doivent se lever.

Cependant, la prière de celui qui prie derrière l’imaam reste correcte à partir du moment où il a suivi l’imaam.

Le hadith de Abou Bakrah le prouve : il décrit qu’il a rejoint la prière au moment du roukou’ et qu’il n’avait pas récité al-Fatihah. Le Prophète saws lui dit : « Qu’Allah augmente ton effort. Tu n’as pas besoin de la répéter. » (Sahih, al-Boukhari, 750).

 

Un membre de la congrégation oublie de réciter al-Fatihah ou se joint à la prière au moment de roukou’

Si un musulman qui suit l’imaam oublie de réciter al-Fatihah ou s’il ignore sa nature obligatoire, ou se joint à la prière quand l’imaam est en position de roukou’, alors sa rak’a sera considérée comme complète et sa prière comme correcte. Il n’a pas besoin de la répéter, car il est excusé par son ignorance, son oubli, ou pour ne pas avoir rejoint la prière au moment du qiyaam (la partie de la rak’a où on est debout). C’est l’opinion de la majorité des savants. (Ibn Baaz, Fataawa Islamiyyah, 1/263).

C’est une de choses que l’imaam prend en charge au nom de ceux qu’il conduit pendant la prière.

 

Relever sa tête du roukou’ et ensuite se rendre compte qu’on a oublié de dire le tasbih

Si un musulman lève la tête de roukou’ et se rappelle qu’il a oublié de dire le tasbih du roukou’, il ne doit pas retourner à la position de roukou’ parce que la nécessité de la supplication de roukou’ n’est plus applicable du fait d’avoir justement relevé la tête. S’il retourne intentionnellement à la position de roukou’, cela invalidera sa prière car il aura ajouté un roukn supplémentaire (acte obligatoire de la prière), c’est-à-dire ce second roukou’ superflu. Cependant, si c’est par ignorance ou par oubli, sa prière ne sera pas annulée, mais dans ce cas, il devra faire la prosternation de l’oubli s’il priait seul ou à la tête d’une congrégation. Le fait de dire le tasbih (« Soubhaan Rabbi al-Azim », Quelle Perfection en toi O Seigneur, Le Suprême !) est waajib (obligatoire), et si on l’oublie, cela peut être compensé par une prosternation de l’oubli. S’il prie derrière un imaam et oublie le tasbih, alors il n’est pas considéré qu’un acte obligatoire a été omis. (Al-Moughni ma’a al-Sharh al-Kabir, 1/679).

 

Oublier le premier tashahhoud

Si un musulman oublie le premier tashahhoud, se lève et prie la troisième rak’a et commence la récitation de al-Fatihah, alors selon la majorité des savants, il ne doit pas retourner à la position assise. S’il le fait tout en sachant que ce n‘est pas approuvé, sa prière sera annulée parce qu’il a déjà commencé un autre acte obligatoire. L’acte obligatoire qu’il a oublié (c’est-à-dire le tashahhoud) peut être remplacé par des prosternations de l’oubli. Le hadith raconté par al-Moughirah ibn Shou’bah : « Le Prophète saws disait : « Si l’imaam commence à se lever pour la deuxième rak’a, et se rend compte, avant d’être complètement debout, qu’il aurait du s’asseoir, alors qu’il s’asseye, mais s’il s’est mis complètement debout, il ne doit pas s’asseoir, mais faire deux prosternations de l’oubli. » » (Abou Dawoud, 1036 ; Silsilah al-Sahihah, 321).

En résumé, si on se lève pour la troisième rak’a en oubliant le tashahhoud, l’un des trois scenarii suivants s’applique :

Si on se le rappelle avant de se lever complètement : alors on revient au tashahhoud.

Si on se le rappelle après s’être complètement mis debout, et avant le début de la récitation de al-Fatiha : alors il vaut mieux ne pas se rasseoir, mais si on décide de s’asseoir la prière reste valide.

Si on se le rappelle après la récitation de al-Fatiha : alors il n’est pas permis de retourner au tashahhoud. (Al-Moughni ma’a al-Sharh al-Kabir, 1/677).

Ces trois cas sont déduits du hadith cité ci-dessus.

 

L’imaam dit le salaam et fait les prosternations de l’oubli, mais un retardataire se lève pour compléter sa prière

L’imaam dit le salaam et un retardataire se lève pour rattraper ce qu’il a manqué ; si celui-ci voit l’imaam faire la prosternation de l’oubli après le salaam, alors il doit se rasseoir et faire les prosternations avec l’imaam, à condition qu’il ne soit pas complètement redressé. Par contre, s’il s’est complètement relevé, il ne doit pas se rasseoir ; il doit terminer sa prière, et récupérer les prosternations de l’oubli qu’il a manquées. La preuve est la même que celle présentée dans la discussion sur l’oubli de s’asseoir pour tashahhoud entre les deuxième et troisième rak’as.( Al-Moughni ma’a al-Sharh al-Kabir, 1/697).

 

L’imaam fait une erreur mais ne comprend pas à quoi la congrégation fait référence lorsqu’elle dit « Soubhaan Allah » pour attirer son attention

SI l’imaam fait une erreur et manque un élément obligatoire de la prière, la congrégation lui rappelle son erreur (en disant « Soubhaan Allah »), mais il ne comprend pas ce qu’on essaie de lui dire ou il ne sait pas où était la faute ; il continue et passe à d’autres actes obligatoires qui n’incluent pas l’acte manqué, alors il y a un certain nombre d’opinions sur la manière de lui faire comprendre. La meilleure de ces opinions consiste à l’aider en disant la supplication particulière à l’acte obligatoire omis, par exemple on dira « Soubhaana Rabbi al-‘Azim » s’il s’agit du roukou’, ou « Soubhaana Rabbi al-‘Ala » s’il s’agit de la prosternation, ou « Rabbighfir li » s’il s’agit de la position assise entre deux prosternations.... (Al-Moughni ma’a al-Sharh al-Kabir, 1/707).

 

Règles diverses

Oublier de porter ihraam pour le Hajj ou la ‘Oumrah

Si quelqu’un voyage en avion et oublie de porter les vêtements d’ihraam, et l’avion décolle. Il doit essayer de le remplacer par deux pièces de linge, quelle que soit la couleur, ou avec n’importe quel type de tissu ou serviette qu’il trouve. S’il ne peut pas trouver quoique ce soit d’approprié, il doit retirer tout vêtement cousu et couvre-chef (s’il en porte un), et entrer en état d’ihraam , peu importe la couleur ou le tissu de ce qu’il porte au moment où il passe le miqaat dans les airs (tant que ce n’est pas un vêtement cousu) . Il ne doit pas traverser le miqaat sans être dans l’état d’ihraam. Une fois qu’il a atteint un point où il peut changer ses vêtements et porter deux pièces de tissus (les vêtements corrects pour le ihraam), il doit se changer. De plus, il doit payer une pénalité (fidya) : sacrifier un mouton, jeûner 3 jours ou nourrir 60 pauvres. Il a le choix entre ces trois options et son ihraam sera valable.

 

L’interruption de tawaaf ou de sa’i

Si un musulman effectue le tawaaf (rotation autour de la Ka’bah) ou le sa’i (entre Safa et Marwah), et se retrouve en état de besoin (c’est-à-dire qu’il a soif et qu’il a besoin de boire quelque chose, qu’il a perdu un membre de sa famille et s’est arrêté pour le rechercher, ou se fatigue et a besoin de se reposer quelques instants), alors si la pause est courte et reconnue en tant que telle (‘ourfan), il peut continuer au point où il s’est arrêté. Dans le cas où c’est l’appel à la prière qui l’interrompt, et qu’il s’arrête pour prier, les savants ne sont pas d’accord sur ce point. L’opinion la plus prudente est que, quand il continue son tawaaf, il ne doit pas compter le dernier tour qu’il n’a pas terminé quand il a interrompu son tawaaf pour prier. (Ibn Baaz, Fataawa al-Hajj wa’l-‘Oumrah, p.80 ; al-Majmou’ li’l-Nawawi, 8/49).

La possibilité de prendre du repos pendant le tawaaf et le sa’i dépendra de la condition d’ininterruption requise ou non pour tawaaf et sa’i . Dans le sa’i, la continuité n’est pas requise selon la meilleure opinion .(Al-Moughni ma’a al-Sharah al-Kabir, 3/414). Donc, si une personne effectue le sa’i et s’arrête après quelques tours, et revient pour les compléter, cela sera considéré comme acceptable. Cependant, concernant la continuité de tawaaf, les savants ont deux opinions :

  •  La continuité est waajib (obligatoire) et une longue interruption sans justification convenable annule le tawaaf.

  •  La continuité est sounnah, et le tawaaf n’est pas annulé même si la pause a été longue. (C’est l’opinion favorisée par al-Nawawi, al-Majmou’, 8/47).

    Cependant, il est meilleur d’agir selon la première opinion, pour plus de sécurité.

     

  • L’enterrement de celui qui meurt en mer

    Si une personne meurt sur un bateau alors qu’elle voyage en mer, selon Imaam Ahmad, les gens doivent attendre d’atteindre la terre (s’ils pensent être à proximité d’une île ou d’une plage) où ils pourront l’enterrer un jour ou deux après son décès, s’ils sont sûrs que le corps ne se décomposera . Cependant, si cela n’est pas possible, alors ils doivent laver le corps, l’envelopper dans un linceul, l’embaumer, effectuer la prière funéraire et finalement y attacher quelque chose de lourd et le jeter à l’eau. (al-Moughni ma’a al-Sharh al-Kabir, 2/381).

     

    Faire de la monnaie (dans la même unité monétaire)

    Supposons qu’une personne a un billet d’une valeur de 50 et qu’elle souhaite le changer en 5 pièces de 10, elle demande à une autre personne de lui fournir de la monnaie, mais cette personne n’a que trois pièces de 10. Est-il permis pour la première personne (c’est-à-dire celle qui a besoin de la monnaie) de lui donner son billet de 50 et de prendre les trois pièces de 10, et de laisser les 20 restants comme un prêt qu’elle récupérera plus tard ?

    Etant donné que cette pratique est largement répandue de nos jours, la plupart des gens peuvent être interloqués si on leur dit qu’il s’agit de riba (usure). La raison (pour laquelle cette pratique est considérée comme de l‘usure) est que le montant que chacun récupère est différent, alors que si on vend et fait de la monnaie à partir de billets de banque d’une même monnaie (par exemple, des dollars en échange de dollars, des dinars en échange de dinars...) alors on doit récupérer la même valeur monétaire et l’échange de l’argent se fait comptant (de main à main , et non en différé). C’est parce que le Prophète saws disait : 

    « Ne vendez pas de l’or pour de l’or à moins que les deux ne soient équivalents, et ne vendez pas une moindre quantité pour une plus grande quantité et vice versa. Ne vendez pas de l’argent pour de l’argent à moins que les deux ne soient équivalents, ne vendez pas une moindre quantité pour une plus grosse quantité et vice versa. Ne vendez pas l’or et l’argent qui ne sont pas présents au moment de l’échange (c’est-à-dire un montant différé) pour l’or et l’argent qui sont présents. » (Sahih al-Boukhaari, 2068).

    Ce hadith interdit à la fois riba al-fadl (l’usure du surplus) et riba an-nasi’ah ( l’usure du crédit ou le paiement différé).

    Puisqu’on a toujours besoin de monnaie, voici un moyen pour les musulmans d’éviter cela : celui qui un billet de 50 doit le donner à l’autre comme une garantie et prendre les 30 de l’autre comme un prêt. Plus tard, il devra rembourser le prêt et récupérer les 50. (NB : Bien que le résultat net semble être le même, il y a une différence dans la tournure de la transaction).

    (Tiré de la Fataawa orale de Cheikh ‘Abd al-‘Aziz ibn Baaz).

     

    Si l’on nous demande de faire quelque chose au travail qui est contraire aux enseignements islamiques

    Que doit-on faire quand au travail on nous demande de faire quelque chose qu’on estime contraire aux enseignements islamiques ?

    Si un musulman reçoit l’ordre d’effectuer une mission, il doit y réfléchir : si l’acte n’implique aucune désobéissance envers Allah, qu’Il soit glorifié et exalté, alors qu’il l’accomplisse. Sinon, si cela implique une désobéissance envers Allah, qu’Il soit glorifié et exalté, il ne doit pas obéir à l’ordre, ou alors il collaborera au péché et au méfait. Le Prophète saws disait : « On ne doit pas obéir à un être humain si cela implique une désobéissance envers Allah, qu’Il soit glorifié et exalté. En effet, l’obéissance s’applique seulement dans le cas des actions droites. » (Sahih al-Boukhaari avec Fath al-Baari, 13/121 ; Ahmad, 1/91 ; cette version est racontée dans al-Silsilah al-Sahihah, 181).

    Allah dit dans le Coran (à propos des gens qui se sont égarés) (interprétation du sens) :

    « Ils diront : « Notre Seigneur ! En vérité, nous avons obéis à nos chefs et à nos grands et ils nous ont égarés du (droit) chemin. » »
    Sourate 33, Al-Ahzaab, verset 67

     

    Le comportement général et la Sounnah du Prophète saws

    La manière appropriée de remercier Allah

    Si un musulman reçoit une bonté ou un secours lors d’une épreuve, il lui est recommandé d’effectuer la prosternation de remerciement. Abou Bakrah (qu’Allah soit satisfait de lui) rapporte que : « Quand le Prophète saws recevait quelque chose qui lui plaisait ou des nouvelles réjouissantes, il faisait la prosternation en remerciement pour Allah. » (Abou Dawoud, 2774. Ce hadith est sahih et a également été rapporté dans Mishkaat al-Masaabih, 1494) 

    La pureté rituelle (tahaarah) et l’orientation vers la qiblah ne sont pas nécessaires pour effectuer la prosternation du remerciement ; cependant, si on fait le woudou’ et se dirige dans le sens de la qiblah c’est préférable. (Ibn ‘Outhaymin,Majmou’ Fataawa, 4/216).

     

    Recevoir de l’argent ou des biens sans en avoir fait la demande

    Si on reçoit quelque chose (par exemple de l’argent, des biens,...) de halaal (permis du point de vue de l’islam) grâce à une autre personne ou une autre entité, sans avoir demandé, sans y aspirer, sans la solliciter, et sans s’être abaissé dans une attitude vile, alors on doit l’accepter. ‘Omar (qu’Allah soit satisfait de lui) racontait : « Le Prophète saws disait : « Si vous recevez une chose (c’est-à-dire de l’argent, des biens, etc.....) à laquelle vous n’aspiriez pas ou que nous n’avez pas demandé, alors acceptez-la. Sinon ne vous en inquiétez pas. » » (Sahih al-Boukhaari, 1404).

     

    Interroger un hôte musulman sur la nourriture et la boisson qu’il sert

    Si un musulman reçoit un frère musulman chez lui et lui sert de la nourriture, et l’invité est soucieux de savoir si la viande est halaal ou haraam, il peut la manger sans questionner car, en Islam, le principe est qu’un musulman est digne de confiance. La preuve en est la parole du Prophète saws  : « Si l’un de vous entre dans la maison de son frère musulman et qu’il lui offre de la nourriture, qu’il la mange et ne questionne pas à son propos, et s’il reçoit à boire, qu’il boive sans questionner à son sujet. » (Ahmad, 2/399 ; al-Silsilah al-Sahihah, 627)

    En effet, une telle question pourrait insulter l’hôte et lui faire croire qu’on a des doutes à son sujet.

     

    Marcher avec une seule chaussure quand l’autre est abîmée

    Si un musulman marche avec ses chaussures, et en abîme ou en déchire une, alors il ne doit pas marcher avec seulement une des deux chaussures, avec l’autre pied nu. Il doit soit réparer sa chaussure et porter les deux, soit enlever les deux et marcher pieds nus. Marcher pieds nus parfois est sounnah. Le récit d’Abou Hourayrah le prouve : « Le Prophète saws disait : « On ne doit pas marcher avec une seule chaussure. On doit soit porter les eux ou enlever les deux. » (Sahih al-Boukhaari, 5518)

    Les savants ont énumérés un certain nombre de raisons pour cela. La plus authentique est décrite par Ibn al-‘Arabi et d’autres : « C’est la façon de marcher du shaytan. » (Fath al-Baari, 10/310). Le récit d’Abou Hourayrah (qu’Allah soit satisfait de lui) appuie cela : « Le Prophète saws disait : « En effet, le shaytan marche avec une chaussure. » » (Al-Silsilah al-Sahihah, 348)

     

    Les bons rêves

    Si un musulman fait un bon rêve, il lui est conseillé de faire ce qui suit :

  •  Il doit glorifier et remercier Allah, qu’Il soit glorifié.

  •  Il peut interpréter le rêve lui-même ou en discuter avec une personne bien informée qui l’interprétera pour lui.

  •  Il ne doit en parler à personne si ce n’est à quelqu’un qui pourra lui donner de bons conseils, ou à quelqu’un de sage ou à quelqu’un qu’il aime. Il ne doit pas en parler à quelqu’un qui pourrait le jalouser.

    La preuve provient du récit de Abou Sa’id al-Khoudir (qu’Allah soit satisfait de lui) : « Le Prophète saws disait : « Si l’un de vous fait un rêve qui lui fait plaisir, alors il vient d’Allah et il doit remercier Allah pour cela et le dire aux autres. » » (Sahih al-Boukhaari, 6584)

    Il est également rapporté d’Abou Hourayrah (qu’Allah soit satisfait de lui) : «  Le Prophète saws disait : « Ne racontez pas vos bons rêves si ce n’est à une personne érudite ou à quelqu’un de bon conseil. » » (Jaami’ al-Tirmidhi, 2280 ; al-Silsilah al-Sahihah, 1119)

    Cela s’explique par le fait que ces personnes peuvent interpréter le rêve de la manière la plus appropriée, contrairement à quelqu’un de jaloux ou d’ignorant.

     

  • Les mauvais rêves

    Si un musulman fait un mauvais rêve (cauchemar), il doit faire ce qui suit :

  •  Il doit cracher (sans salive) sur sa gauche trois fois.

  •  Il doit chercher refuge auprès d’Allah du shaytan trois fois.

  •  Il doit chercher refuge auprès d’Allah du mal de ce rêve.

  •  Il doit se lever et prier.

  •  Il doit changer de côté sur lequel il dormait s’il souhaite se rendormir, même si cela signifie se coucher sur le flanc gauche.

  •  Il ne doit en informer personne.

  •  Il ne doit pas ni essayer de l’interpréter ni demander à quelqu’un de l’interpréter pour lui.

    La preuve vient du récit de la narration de Jaabir (qu’Allah soit satisfait de lui) : « Le Prophète saws disait : « Si l’un de vous fait un rêve qu’il n’aime pas, il doit cracher sur sa gauche trois fois, chercher refuge auprès d’Allah du shaytan et se tourner sur l’autre flanc. » » (Sahih Mouslim, 2262)

    Selon un autre récit, les termes sont : « Il doit chercher refuge en Allah du mal de son rêve, pour qu’il ne lui fasse pas de mal. »

    Le narrateur de ce hadith disait : «  Je faisais souvent des rêves qui pesaient plus lourds sur moi que les montagnes, mais dès que j’ai entendu ce hadith, je n’ai plus eu à m’en inquiéter. » ( Sahih Mouslim, 2261)

    Jaabir (qu’Allah soit satisfait de lui) racontait qu’un bédouin vint trouver le Prophète saws et lui dit : « Ô Prophète d’Allah, j’ai rêvé qu’on m’avait tranché la tête et qu’elle roulait, et que je courrais après. » Le Prophète saws lui répondit : « Ne raconte pas aux gens que le shaytan joue avec toi dans tes rêves. » (Sahih Mouslim, 2268)

    Selon un autre récit, la formulation est :

    « Si l’un de vous voit quelque chose qu’il n’aime pas, il doit se lever et prier. » (Jaami’ al-Tirmidhi, 2280 ; Sahih al-Jaami’, 3533)

     

  • Etre affecté à la vue d’une femme

    Si un musulman voit une femme non-mahram et qu’elle a eut de l’effet sur lui, alors s’il est marié il doit rentrer chez lui et avoir une relation avec son épouse pour qu’il puisse se débarrasser de ce qui peut l’affecter. Cette narration de Jaabir (qu’Allah soit satisfait de lui) le prouve : « Le Prophète saws disait : « Si l’un de vous est attiré par une femme et l’apprécie, il doit retourner chez son épouse et avoir une relation avec elle, parce que cela le débarrassera de tout ce qui peut l’affecter. » (Sahih Mouslim, 1403)

     

    S’asseoir entre le soleil et l’ombre n’est pas autorisé

    Si l’endroit où l’on est assis se situe entre le soleil et l’ombre, on doit changer de place, parce que le Prophète saws disait : « Si l’un de vous est assis dans l’ombre qui diminue en taille, de telle sorte qu’une partie de son corps est au soleil et l’autre dans l’ombre, il doit se lever et bouger. » (Abou Dawoud, 4821 ; Sahih al-Jaami’, 748)

    La raison en est que c’est la position favorisée par le shaytan. L’interdiction du Prophète de s’asseoir partiellement au soleil et partiellement à l’ombre le prouve. Il saws disait : « C’est l’endroit où le shaytan s’assoit. » (Ahmad, 3/413 ; Sahih al-Jaami’, 6823)

     

    Quand la maladie frappe son épouse

    Si une maladie frappe son épouse, il est recommandé à ce musulman de faire ce que le Prophète saws faisait : « Quand la maladie frappait l’une de ses femmes, il ordonnait qu’on prépare de la soupe. Il la lui faisait boire. Il disait : « Cela renforce le cœur de celui qui est affligé et nettoie le cœur de la malade comme si vous laviez son visage avec de l’eau. » » (Jaami’ al-Tirmidhi, 2039 ; Sahih al-Jaami’, 4646)

     

    Si son enfant ou un membre de sa famille ment

    Si l’un des enfants ou l’un des membres de la famille d’un musulman ment, il doit traiter le problème comme le faisait le Prophète saws  : « S’Il saws apprenait qu’un des membres de sa famille avait menti, il s’en écartait jusqu’à ce qu’il s’en repente. » (Al-Silsilah al-Sahihah, 2052 ; Sahih al-Jaami’, 4675)

     

    Quand dire la vérité n’est pas la meilleure option

    Si un musulman se trouve dans une situation difficile où il a besoin de mentir pour se protéger ou pour protéger quelqu’un d’innocent ou pour se sauver d’un grave danger, y-a-t-il un moyen de se sortir de cette situation sans mentir ou sans tomber dans le péché ?

    Oui, il y a un moyen légal et une sortie acceptable qu’on peut utiliser si nécessaire. Ce sont les paroles équivoques ou un discours indirect. Imaam Boukhaari (qu’Allah soit satisfait de lui) a titré un chapitre de son Sahih : « Le discours indirect est une manière sûre d’éviter le mensonge ». (Sahih al-Boukhaari, Kitaab al-Adab (Livre des Manières/des mœurs/des usages), chapitre 116).

    Avoir des paroles équivoques c’est dire quelque chose qui a une signification directe que l’interlocuteur comprendra, mais aussi un sens reculé qui est en fait ce qui était signifié et est linguistiquement correct. La condition pour cela est que ce qui est dit ne doit pas présenter la vérité comme une fausseté et vice versa. Voici des exemples de ces affirmations utilisées par les salaf et les premiers imaams et rassemblés par Imaam Ibn al-Qayyim dans son ouvrage Ighaathat al-Lahfaan :

    Il y raconte à propos de Hammaad ( puisse Allah être miséricordieux envers lui), si quelqu’un venait le trouver et qu’il ne souhaitait pas lui tenir compagnie, il disait comme s’il souffrait : « Ma dent, ma dent ! » Alors la personne qui le dérangeait partait et le laissait seul.

    Imaam Soufyaan Atl-Thawri fut amené au khalifah al-Mahdi, qui l’apprécia, mais alors qu’il voulait partir, le kalifah lui dit de rester. Al-Thawri jura qu’il reviendrait. Il sortit, en laissant ses chaussures au pied de la porte. Après quelques temps, il revint, prit ses chaussures et repartit. Le khalifah demanda après lui, et on lui dit qu’il jura de revenir, alors il était revenu et avait repris ses chaussures.

    Imaam Ahmad était chez lui, et quelques uns de ses étudiants, parmi lesquels al-Mirwadhi, étaient là avec lui. Quelqu’un vint et demanda après al-Mirwadhi de l’extérieur de la maison, mais Imaam Ahmad ne voulait pas qu’il sorte, alors il dit : « Al-Mirwadhi n’est pas ici, que ferait-il ici ? » tout en mettant son doigt sur la paume de son autre main, et la personne à l’extérieur ne voyait pas ce qu’il pointait.

    Suivent également d’autres exemples de paroles équivoques ou de discours indirect :

    Si on vous demande si vous avez vu untel, et que vous craigniez que si vous répondez à l’interrogateur cela cause du mal, vous pouvez dire « ma ra’aytuhu », ce qui veut dire que vous n’avez pas coupé son poumon, parce que c’est une traduction correcte en Arabe [ « ma ra’aytuhu » signifie habituellement « je ne l’ai pas vu », mais peut aussi vouloir dire « Je n’ai pas coupé son poumon »] ; ou vous pouvez nier l’avoir vu, en faisant référence au fond de votre cœur à un moment et à un endroit particuliers où vous ne l’avez effectivement pas vu. Si on vous demande de faire un serment de ne jamais parler à untel, vous pouvez dire : « Wallaahi lan oukallumahou », signifiant que vous ne le blesserez pas, parce que « kalam » peut aussi vouloir dire « blessure » en arabe [et aussi « discours »]. De façon similaire, si une personne est obligée de prononcer des mots de koufr et est obligée de nier Allah, il lui est permis de dire « kafartou bi’l-laahi », qui veut dire « je dénonce le playboy » [qui sonne à l’oreille comme la phrase qui signifie « Je renie Allah ».]

    (Ibn al-Qayyim,Ighaathat al-Lahfaan, 1/381ff., 2/106-107. Voir aussi la section sur les paroles équivoques (ma’aarid), Ibn Mouglih,Al-Adaab al-Shar’iyyah, 1/14).

    Cependant, on doit être prudent car l’utilisation de telles affirmations est restreinte seulement aux situations très difficiles, sinon :

  •  L’utilisation excessive peut mener au mensonge.

  •  On peut perdre de bons amis, parce qu’ils douteront toujours de ce qu’on veut dire.

  •  Si une personne avec laquelle on utilise un tel procédé apprend que la réalité était différente de qu’on lui a dit, et qu’elle ne sait pas qu’on s’engage délibérément dans l’ambiguïté ou dans l’équivoque, elle peut nous considérer comme un menteur. Cela est contraire au principe qui consiste à protéger son honneur en ne donnant pas de doutes aux gens quant à notre intégrité.

  •  Une personne qui utilise une telle technique fréquemment peut devenir fière de son habileté à prendre avantage sur les gens.

     

    En conclusion, je demande à Allah, qu’Il soit glorifié et exalté, de nous donner une compréhension correcte de notre religion, de nous enseigner ce qui est dans notre intérêt, et nous faire bénéficier de ce qu’Il nous enseigne, de nous guider et nous protéger de nos maux. Allah est le meilleur Protecteur et Il est le Tout Miséricordieux parmi tout.

    Qu’Allah bénisse notre Prophète Muhammad saws et sa famille et ses compagnons.

  • Traduction par Fatima B.


     


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