Aslim Taslam

 

- N°63 Mars 2008 -

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Coran & Sounnah

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Quelques points sur la prière rituelle (1ère partie)

 

 

I. Généralités

1. La prière rituelle est une obligation pour tout musulman et musulmane, pubère et en possession de toutes ses capacités intellectuelles.

2. La prière est valide seulement si toutes les conditions suivantes sont réunies :

-  Prier en temps et en heure ! Celui ou celle qui accomplit ne serait-ce qu’un seul cycle (rak’a) de sa prière dans le temps imparti, verra sa prière acceptée. Prier avant l’heure invalide la prière.
-  Être en état de pureté rituelle (avoir fait ses ablutions normales, voire ses grandes ablutions si nécessaire). Avoir un corps propre, des habits propres, et prier dans un endroit propre.
-  Il convient de se diriger vers la qibla (direction de la Ka’aba). En cas de confusion, ou si l’on ignore la bonne direction à adopter, il faut se renseigner auprès de ceux qui la connaissent, voire utiliser des moyens techniques pour déterminer la qibla. En l’absence de toute aide, on fait de son mieux... Si on s’aperçoit une fois la prière terminée qu’on s’est trompé de direction, on n’a pas à la refaire.
-  Se couvrir les parties intimes du corps : pour l’homme, ses parties intimes vont des genoux jusqu’au nombril. Un homme qui, pour une raison valable, ne trouve rien pour se couvrir peut prier nu, à condition d’être assis et faire le ruku’ (l’inclinaison) et le sujud (la prosternation) en bougeant simplement la tête. Pour la femme, tout son corps est une partie intime, sauf son visage et ses mains.

3. Les prières obligatoires sont au nombre de cinq :

-  la prière du sobh (2 cycles) - c’est la seule prière dont le terme ne correspond pas au le début de l’autre
-  le dho’hr (4 cycles)
-  le ’asr (4 cycles)
-  le maghrib (3 cycles)
-  l’icha (4 cycles).

II. Les actes fondamentaux de la prière (arkân)

Selon la terminologie juridique religieuse, le terme ar-rkan désigne l’acte essentiel dont l’absence invalide l’élément cultuel qu’il soit prière, jeûne ou autre.

Les actes obligatoires de la prière sont :

-  Avoir l’intention de prier : cette intention ne se traduit pas par la parole, elle est secrète et implicite. Ni le Prophète saws, ni ses compagnons n’avaient en effet, l’habitude de l’exprimer verbalement.
-  Prononcer at-takbir, c’est à dire l’expression Allahouakbar Dieu est grand, au début de chaque prière. C’est la première parole de toute prière. Elle doit être prononcée alors que la personne est en station debout.
-  Se mettre debout pour toute personne saine et capable de se mettre dans cette station. Celui qui ne peut pas, pour un raison valable, priera dans la position qui lui convient. Cela concerne les prières prescrites. Pour accomplir des prières surérogatoires, on peut s’asseoir même quand on est capable de se mettre debout. La récompense de celui qui reste debout est malgré tout plus grande que celui qui reste assis.
-  Lire la Fatiha (la sourate qui ouvre le Coran) à chaque cycle (rak`a) de chaque prière, prescrite ou volontaire, que l’on prie seul ou en collectivité. Toutefois, certains jurisconsultes dispensent ceux qui prient derrière un imam de cette récitation, car l’imam le fait pour eux. Celui qui n’a pas appris la Fatiha peut réciter une autre sourate ou d’autres versets. Celui ou celle qui n’a rien appris du Coran peut répéter Soubannallah (gloire à Dieu), Alhamdoullilah (louange à Dieu), Allahouakbar (Dieu est grand), la Hawla wa la qouwata illabillah (Pas de force ni de puissance sauf ceux accordés par Dieu). Au cas où on ne sait pas dire ces expressions-là (cela peut être le cas d’un nouveau converti qui ne parle pas l’arabe), on garde le silence pendant un temps équivalent à celui de la récitation de la Fatiha, puis on s’incline.
-  Accomplir ar-ruku’ (l’inclinaison) : cela consiste à se courber jusqu’à ce que le tronc forme un angle droit avec le bassin. Les mains doivent être collées aux genoux avec les doigts légèrement écartés, le dos plat autant que possible, la tête doit rester droite. Pour ceux qui ne peuvent pas faire le mouvement, il suffit de se courber jusqu’à ce que les mains touchent les genoux.
-  Se relever de l’inclinaison et revenir à la station debout. Attention ! Il ne suffit pas de se relever, encore faut-il marquer un temps d’arrêt lorsque l’on est debout, tout droit. C’est un acte obligatoire. Ne pas le faire invalide la prière.
-  Accomplir as-sujud (la prosternation). Huit parties du corps doivent toucher le sol : le front, le nez, les genoux, les paumes de la main, les deux pieds avec les orteils allant en direction de la Mecque ! Certains jurisconsultes pensent que l’on doit toucher directement le sol, sans obstacle (habit, chaussettes et chapeau). Les shafi’ites insistent sur le fait de découvrir le front et les mains. Sachez toutefois qu’il est permis de les couvrir pour des raisons valables, comme le froid ou la chaleur provenant du sol.
-  On ne se prosterne pas sur un tabouret ou sur un coussin : la tête ne doit pas être au niveau du postérieur. Mais il existe des exceptions à cette règle. La femme enceinte qui est gênée par le mouvement de la prosternation a le droit de se prosterner sur un objet élevé. La personne qui prie dans une mosquée très bondée, peut également poser sa tête en hauteur, elle peut se prosterner sur le dos de celui qui prie devant elle.
-  Faire tous les mouvements de la prière avec « sérénité ».
-  S’asseoir en fin de prière pour dire la dernière « Tachahoud ».
-  Les salutations finales, as salam `alaikoum : celle qui est dite à droite est une obligation et celle qui est dite à gauche est une recommandation, une sounna.

Voici les éléments essentiels de la prière rituelle : la disparition de l’un ou de l’autre annule la prière !!!

III Les actes recommandés (les sounnan)

Les actes et les paroles qualifiés de sunnan, sont recommandés, voire fortement recommandés par le Prophète saws, mais ils ne sont pas obligatoires. Ne pas les faire n’invalide pas la prière mais prive celui ou celle qui prie, d’avoir le mérite de suivre la sounna, et donc de recevoir une récompense supplémentaire.

1. L’adhan

Il fut adopté par les musulmans durant la première année de l’hégire. Tout musulman de sexe masculin doit apprendre à faire l’appel à la prière. C’est une tâche précieuse à accomplir.

Allahou Akbar (2 fois)
Aschadou’an la illaha illa allah (2 fois)
Assahdou anna Mohamadoun rassul Allah (2 fois)
Hayya ’ala as-salat (2 fois)
Hayya ’ala alfalah (2 fois)
Allahou akbar (2 fois)
La ilaha illa allah (1 fois)

-  Quand on appelle à la prière du Fajr, il est souhaitable d’ajouter après hayya ’ala al falah, la phrase suivante : assaltou khayroun min an-nawm (la prière est meilleure que le sommeil).
-  Celui qui entend l’appel à la prière doit répéter toutes les paroles sauf pour hayya ’ala as salut et hayya ’ala al falah, il faut qu’il réponde « la hawla wa la quwata illa billah. » (Pas de pouvoir ni de force sauf ceux accordés par Dieu).
-  On ne répète pas les paroles de l’appel à la prière :

-  quand on est en train de prier
-  quand on entre aux toilettes
-  ou quand on est dans une situation où il ne sied pas de prononcer le nom de Dieu.

-  Quand on entre dans la mosquée pendant l’appel à la prière, il faut attendre que cela se termine pour faire la prière du salut à la mosquée.
-  Une fois l’appel terminé, il est souhaitable d’invoquer Dieu (cf La citadelle du Musulman). Celui qui le fait a mérité que le Prophète saws intercède en sa faveur le Jour du Jugement.

Récapitulatif de quelques règles à respecter pour celui qui proclame l’adhan :

-  Il est souhaitable que celui qui proclame l’appel ne reçoive pas de rémunération. Sa récompense sera accordée par Dieu.
-  Il doit être en état de pureté rituelle
-  Il doit faire face à la Qibla
-  En disant hayya ’ala as-salat, il doit se tourner à droite et en disant hayya ’ala al falaah, se tourner à gauche.
-  Il doit élever la voix même s’il est seul dans un lieu désert et doit se boucher l’oreille avec le doigt.
-  Il doit le faire lentement.
-  Il doit respecter l’heure exacte de la prière, ni avancer l’appel ni le retarder, sauf pour la prière de Fajr où il est fait deux appels distincts.
-  Il ne faut pas sortir de la mosquée après l’adhan sauf pour une raison valable.

2. L’Iqama

-  Les paroles sont les mêmes que celles de l’adhan, mais elles sont proclamées de manière différente

Allahou Akbar (2 fois)
Aschadou’an la illaha illa allah (1 fois)
Assahdou anna Muhammadan rassul Allah (1 fois)
Hayya ’ala as-salat (1 fois)
Hayya ’ala alfalah (1 fois)
Qad qamati as-salat - la prière est immédiate-(2 fois)
Allahou akbar (2 fois)
La ilaha illa allah (1 fois)

-  La personne qui entend l’iqama doit répéter ce que dit celui qui fait l’annonce, sauf quand ce dernier dit qad qâmati assalat (la prière est immédiate), il faut alors qu’il réponde : aqâmahâ Allah wa adâmahâ. (Que Dieu fasse que la prière soit toujours annoncée et accomplie).
-  Il est souhaitable qu’une même personne fasse l’appel et l’annonce immédiate avant de l’accomplir.
-  L’adhan et l’iqama ne se font que pour les prières prescrites, et non pour :

-  les prières surérogatoires
-  celle faite à l’occasion de l’Aïd
-  la prière de l’inhumation
-  et celle de l’éclipse du soleil ou de la lune.

3. Pendant la prière

Il y a deux types de sounan :

-  Les actes et paroles fortement recommandés : ce sont les actes et paroles que le Prophète saws faisait avec assiduité, sans toutefois les imposer aux autres.
-  Les actes et paroles juste recommandés : ce sont les actes et paroles parfois accomplis par le Prophète saws parfois délaissés.

-  Lever les mains, avec les paumes face à la Qibla, à la hauteur des épaules. Les bouts de doigt se situent près des oreilles. Le fait de lever les mains est recommandé à quatre occasions :

-  lorsqu’on prononce la phrase d’entrée en prière : Allahou Akbar.
-  lorsqu’on s’incline (ruku’)
-  en entamant la prosternation
-  lorsqu’on se relève pour la troisième raka’

-  Croiser les bras sur la poitrine de manière à ce que la main droite repose sur le bras gauche. Certains croisent les mains sur le nombril.
-  Prononcer les invocations de l’ouverture de la prière. (Cf La citadelle du musulman).
-  Suite à cette invocation, on entame la récitation du Coran, en commençant par demander la protection de Dieu contre Satan en disant : « Je cherche refuge auprès de Dieu contre Satan le maudit. » Cette phrase dite en silence et non à haute voix.
-  Dire amine après la lecture de la Fatiha est une sounna. Amine veut dire littéralement « que Dieu répond à ma prière ». Dans la prière orale, on dit tout haut ce mot, alors que dans la prière silencieuse, on le fait silencieusement. Quand on prie derrière un imam, il vaut mieux prononcer ce mot en même temps que lui, car les anges le font aussi. Si on prononce Amine en simultané avec les anges, on obtient le pardon de Dieu.
-  Lire des versets ou des sourates du Coran après la Fatiha. Ca ne concerne que les deux premiers cycle. Après le premier Tachahoud, on ne récite que la Fatiha !
-  Selon la tradition du Prophète saws, il y a des prières prescrites qui sont récitées à haute voix et d’autres qui sont faites silencieusement. La récitation se fait à haute voix dans les prières du Subh, du vendredi, ainsi que les deux premiers cycles des prières du maghrib et de l`icha. On lit aussi à voix audible pendant les prières chaque Aïd, les prières faites à l’occasion de l’éclipse du soleil et de la lune ou pour demander la pluie. En revanche, il faut réciter en silence aux deux prières de dho’hor et de l’asr, et pendant le troisième cycle du maghrib et les deux derniers cycles de ’icha.
-  Dire « Allahou Akbar » chaque fois qu’on change de position, sauf quand on se relève de l’inclinaison (ar ruku’), on dit : Dieu a entendu celui qui le glorifie (sami’a allahu liman hamidah)
-  Quand on prie seul, on dit en se relevant de l’inclinaison (ar-ruku ) : « samihoulah limahamidah ! » Quand on est parfaitement debout, on dit : « Que notre Dieu soit loué » : Rabbanâ wa laka-l-hamd. Quand on prie en groupe, on répète simplement : Rabbanâ wa laka-l-hamd sans le « samihoulah-limahamidah ! »
-  Glorifier Dieu lors de l’inclinaison, en disant : soubhâna rabbi l’azim, au moins 3 fois. D’autres invocations sont à dire (cf La citadelle du musulman).
-  Amorcer le mouvement de la prosternation : on peut tout d’abord s’agenouiller puis déposer les mains ou l’inverse. En se relevant on peut aussi avancer le mouvement des genoux à celui des mains ou vice versa.
-  Les paroles dites au cours de la prosternation sont 1es suivantes :« Gloire à Dieu le Très- Haut » (soubhana rabbi-l’a’la) de trois à dix fois.
-  Bien s’asseoir enter les deux prosternations : « Seigneur ! Pardonne moi ! » trois fois
-  Le premier Tachaouhoud
-  Invoquer Dieu entre le dernier Tachahoud et la salutation finale (as-salamoualekoum) (cf La citadelle du musulman).
-  Les Do’as après la salutation finale. (cf La citadelle du musulman)

4. Gestes et paroles permis au cours de la prière

-  Pleurer par crainte de Dieu
-  Tuer ou écarter un animal nuisible ou nocif, qui peut présenter un danger de mort (le hadith nous parle d’un serpent ou d’un scorpion). La prière reste valable, même si cet acte nous pousse à bouger.
-  Porter un bébé pour le calmer ou le sécuriser est autorisé.
-  Faire trois mouvements maximum tout en gardant le sens de la Qibla.
-  Si l’imam se trompe : les croyants peuvent intervenir en disant « soubharialaia ! », les femmes peuvent frapper des mains.

5. Ce qui annule la prière

-  Délaisser un pilier (arkan)
-  Boire, manger, rire, parler volontairement

6. Ce qui est détesté dans la prière :

-  Délaisser une sounna
-  Le fait de regarder en l’air
-  Le fait de joindre les jambes
-  Mettre ses mains sur sa taille
-  Il est recommandé de lire le Coran dans l’ordre de sa présentation dans le mos’haf.
-  De se balancer lors de la prière.
-  Prier dans un état de besoin (envie de manger, table servie, de dormir ou d’aller aux toilettes...). Pour la simple et bonne raison que l’on est plus concentré sur le besoin que sur la prière. Il faut faire la prière dans un état de vigilance !
-  Il faut éviter que les vêtements touchent le sol (pour les hommes le pantalon ou l’habit ne doivent pas traîner).

7. Comment rattraper les prières non effectuées ?

-  La prière non effectuée doit être rattrapée.
-  La personne qui s’est endormie à l’heure d’une prière doit la rattraper dès qu’elle se réveille.
-  En revanche, celui qui s’est évanouit à l’heure d’une prière et ne se réveille qu’après l’heure, n’a pas à la rattraper.
-  Celui qui est atteint de folie momentanée n’a pas à rattraper ses prières manquées à cause de cette folie.
-  La personne qui manque deux ou trois prières dans la journée doit les rattraper dans l’ordre, avant de faire la prière prescrite du moment. Ne pas respecter cet ordre invalide ces prières.
-  Quand on a 2 prières à faire, l’une est à l’heure et l’autre en retard, on a deux solutions :

-  si le temps imparti à la prière présente est court, on accomplit cette prière puis on rattrape celle en retard
-  si on a le temps d’accomplir celle en retard puis la prière présente, on respecte l’ordre des prières en faisant la première puis la deuxième.
-  Celui qui rattrape une prière silencieuse, la rattrape en tant que telle, quelle que soit le moment. Celui qui rattrape une prière dont la récitation se fait à haute voix, fait de même.


 

Faïza N.
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