Aslim Taslam

 

- N°71 Décembre 2008 -

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Itinéraire

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Pourquoi j’en suis venue à aimer le voile

 

Yvonne Ridley est journaliste, ancienne captive des talibans, convertie à l’Islam. A travers son récit, elle répond aux stéréotypes sur la femme musulmane.

 

POLITIQUES ET JOURNALISTES adorent parler de l’oppression des femmes en Islam... sans jamais parler avec celles sous le voile.

Ils n’ont simplement aucune idée de combien les femmes musulmanes sont protégées et respectées à l’intérieur du cadre islamique, construit il y a plus de 1400 ans.

Malgré cela, en parlant de questions culturelles comme le mariage précoce, la circoncision féminine, les crimes d’honneur et les mariages forcés, ils croient à tort qu’ils se basent sur des faits.

Et j’en ai marre d’entendre citer l’Arabie Saoudite comme l’exemple de la séquestration des femmes parce qu’elles y sont interdites de permis de conduire.

Ces questions n’ont absolument rien à voir avec l’Islam et pourtant, ils continuent d’écrire et d’en parler avec l’air arrogant de l’autorité, alors qu’ils mettent en cause l’Islam à tort. Merci de ne pas confondre les pratiques culturelles avec l’Islam.

On m’a demandé d’écrire sur le fait que l’Islam permet aux hommes de battre leur femme. Désolé, c’est faux. Oui, je suis sûre que les détracteurs de l’Islam citeront au hasard quelques versets du Coran ou des hadiths prophétiques mais tous sont en général cités hors contexte. Si un homme lève le doigt sur sa femme, il n’est pas permis d’en laisser la moindre marque sur son corps... c’est une manière pour le Coran de nous dire : "Hé, ne frappe pas ta femme, idiot."

Alors jetons un oeil sur certains chiffres vraiment intéressants, oui. Selon la Hotline Nationale de la Violence Intérieure, 4 millions de femmes américaines subissent une agression sérieuse de la part de leur partenaire dans une période de 12 mois.

En moyenne, plus de 3 femmes sont tuées par leurs maris et copains chaque jour, c’est presque 5 500 femmes battues à mort depuis le 11 septembre.

Certains pourront s’offusquer d’une mise en cause insupportable contre une telle société civilisée, mais avant d’avoir l’air de trop frimer, je dois dire que la violence contre la femme est une question globale. Les hommes violents ne viennent pas d’une culture ou d’une religion en particulier. La réalité est que 1 femme sur 3 dans le monde a été battue, violée ou agressée dans le cours de sa vie. La violence contre les femmes transcende la religion, la richesse, la classe sociale, la couleur de peau et la culture.

Toutefois, avant que l’Islam n’arrive sur la scène, les femmes étaient traitées comme des êtres inférieurs. En fait, les femmes ont encore un problème en Occident où les hommes pensent qu’ils leur sont supérieurs. Cela se révèle à travers notre structure de rémunération et de promotion, de la femme de ménage à la cadre supérieure qui se fait une place dans le conseil d’administration.

La femme occidentale est encore traitée comme un bien, où l’esclavage sexuel est en hausse, déguisé par les euphémises marketing, où les corps des femmes font l’objet de commerce dans le monde de la publicité. Comme dit plus haut, c’est une société où le viol, l’agression sexuelle et la violence sont des lieux communs, une société où l’égalité homme/femme est une illusion, une société où le pouvoir d’influence d’une femme est habituellement proportionnel et uniquement lié à la taille de ses seins.

(fin de la 1ère partie)


Source : site d’Yvonne Ridley

 

Abd-ul-Jalîl B.
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