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- N°75 Avril 2009 -

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Famille

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Célébrer pour encourager

 

L’islam est souvent perçu comme une religion austère où la place à la joie, la gaieté n’existe pas ou peu, avec une liste interminable d’interdits. Certes les musulmans ne célèbrent pas les fêtes des non musulmans mais cela ne signifie pas qu’ils n’en ont pas. Il existe deux fêtes en islam : l’aïd al fitr à la fin de Ramadan et l’aïd al adha, la fête du sacrifice. En dehors de ces deux fêtes, il n’est pas interdit de célébrer certains évènements, comme le mariage par exemple, à condition que cela ne soit pas une imitation aveugle des non musulmans. Dans ce contexte, pourquoi pas marquer également certaines étapes dans le cheminement de la foi du musulman.

 

Chaque musulman a un niveau de foi, un cheminement différent. A chacun son rythme. Pour certains, la prière, le jeûne, l’apprentissage du Coran ou mettre le voile sont des actes d’adoration qui leur semblent faciles à appliquer. Leur connaissance de la religion, leur foi est suffisamment forte pour les rendre légers. Pour d’autres, cela se fait progressivement, étape par étape selon leur foi et leurs connaissances. Dans ce cas, chaque étape mérite d’être encourager surtout pour les enfants. C’est le rôle des parents de tout faire pour encourager leurs enfants à suivre les préceptes de l’islam. Tout d’abord en leur donnant l’exemple, en leur enseignant les bases par le biais d’histoires, de jeux et si possible des cours. Pour les encourager à appliquer ce qu’ils apprennent, il faut essayer autant que possible de leur procurer un environnement propice, en premier à la maison, ensuite en choisissant une école adéquate et en surveillant leurs fréquentations.

(JPEG) Une autre forme d’encouragement est de marquer les étapes importantes comme le début de la prière, le jeûne, l’apprentissage du Coran et le port du voile. Il ne s’agit de faire une fête à chaque fois mais de marquer l’évènement. Cela peut être un cadeau pour la mémorisation d’une sourate difficile ou longue pour l’enfant, un grand repas familial ou un sacrifice pour la mémorisation complète du Coran. Pour la prière, lorsque l’enfant les fait toutes régulièrement, on peut organiser une petite fête avec ses camarades ou la famille. Pour le voile, étant donné que c’est une étape importante dans la vie d’une jeune fille ou femme, cela mérite bien une petite fête et plus encore lorsqu’on vit dans un environnement qui n’encourage pas ou empêche celle qui désire le porter. C’est le cas de la majorité des pays non musulmans, où, bien au contraire, tout est prétexte pour dévêtir la femme et l’utiliser comme un objet pour en vendre un autre (voiture, voyage, etc). Les sœurs anglophones appellent cette fête hijab party. Elle peut être organisée de la façon suivante : chez une sœur, chacune apporte un plat à partager (ce qui rend l’invitation plus légère pour celle qui reçoit), des anachids et un petit discours peut être donné pour rappeler les critères du voile et le comportement qui va avec (ça ne fait jamais de mal), et la récompense auprès d’Allah pour avoir suivi ce qui a été ordonné.

Une fête a un double objectif. Tout d’abord, elle a pour but de féliciter l’accomplissement d’une obligation et encourager à continuer. Ensuite, c’est une forme de da’wah [1] qui rappelle et encourage les personnes présentes à faire de même. Certaines personnes peuvent être hésitantes à accomplir certains actes d’adoration, elles ont besoin d’encouragements et voir une personne qui y parvient peut être une motivation supplémentaire. En voyant une personne parvenir à une étape clé comme la prière ou le voile, cela suscite l’espoir d’y arriver chez d’autres personnes.

(JPEG) D’autre part, sans que ce soit le but, fêter une étape importante comme la prière ou le voile est bien plus valorisant que fêter un anniversaire. Dans le premier cas, c’est une récompense suite à des efforts fournis. Dans le second, aucun effort n’est requis puisque quoi qu’on fasse on aura un an de plus chaque année, où est l’intérêt de fêter quelque chose qui arrive inéluctablement ? L’islam est une religion d’effort, rien n’est acquis sans travail. Dans le Coran et la sounnah, Allah nous promet à maintes reprises des récompenses pour nos efforts, la récompense ultime étant le Paradis. L’être humain est faible et oublie vite, une petite récompense -insignifiante pourtant à côté de celle promise par Allah - dans cette vie encourage à continuer dans le bon sens.

Attention cependant aux dérives, le hijab party ou toute autre fête ne doit pas devenir une institution, une fête obligée ou quasi systématique comme celle du mariage. Cette fête se doit de rester modeste, sans extravagance, excès, gaspillage ni ostentation. Cela ne doit pas être une opportunité pour des actes répréhensibles tels que des tenues indécentes ou de la musique inappropriée.
Autre dérive possible, la personne devient motivée par la fête et les cadeaux. Son intention n’est plus pour Allah mais pour la récompense matérielle. Son choix risque alors ne plus avoir la même valeur. Attention à l’intention !

(JPEG) Célébrer ces étapes est un encouragement mutuel. Encourager le bien et interdire le mal (Amr-bil Ma’rouf wa Nahyi ’anil mounkar) est une chose très importante en islam et doit être fait de diverses façons, fêter en est une si on prend soin de respecter les limites.



[1] Da’wah : invitation à l’islam, encourager activement à mieux comprendre l’islam et sa pratique.

 

Leila R.
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