Aslim Taslam

 

- N°77 Juin 2009 -

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Famille

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4 conseils pour élever ses enfants

 

Elever des enfants n’est pas une tâche facile et si il existait un mode d’emploi, certainement tout le monde se ruerait pour se le procurer. Il n’y a pas de recette miracle, ni de méthode idéale, chaque parent fait de son mieux selon son enfant. Parfois, les parents doutent, ne savent pas comment faire face à tel ou tel problème, c’est tout à fait normal. Nous essayerons de donner ici quelques conseils à travers des témoignages de parents. Ils ne résoudront certes pas tous les problèmes mais donnent une orientation pour élever des enfants musulmans.

 

Ces conseils ont été suivis par de nombreuses familles avec succès. Elles sont travaillé dur pour offrir à leurs enfants une sécurité dans leur tête, coeur et âme. Leur but premier dans cette vie était de guider leurs enfants sur le chemin en leqeul il croyait et qui leur fera gagner la satisfaction de leur Créateur et le respect des autres êtres humains.

Le résultat est impressionnant, en voici quelques exemples. Des enfants de moins de dix ans règlent d’eux-mêmes leur réveil pour la prayer Tahajjud. Un enfant commence sa journée en lisant le Coran à la prière de Fajr. Une étudiante en voiture qui insiste pour faire demi-tour juste parce qu’elle a quitté sa maison sans donner le salam à sa mère. Des médecins qui gagnent en un mois plus d’argent que d’autres gagnent en un an et malgré ça, choisissent de vivre dans un petit logement, sans crédit, et peuvent ainsi dépenser pour soutenir financièrement des savants. Un fils qui fait un long vol avec sa mère des Etats-Unis en Jordanie et rentre aussitôt par le prochain vol, uniquement pour que sa mère n’ait pas à voyager seule à l’autre bout du monde. Des enfants de CM1 capables de rester assis tranquillement devant des savants alors qu’autour d’eux les adultes s’étiraient, baillaient. D’autres qui demandent à leurs camarades de se taire en leur rappelant "Ne dis pas ça sur lui ! C’est de la médisance !"

Un signe qu’Allah aime une personne est que lorsque vous voyez cette personne, vous vous rappellez Allah. Bien qu’Allah Seul connait la réalité cachée des coeurs, les exemples cités précédemment montrent que ces personnes sont parvenus à concilier le vrai esprit de l’Islam et l’application pratique dans cette vie (dunya). Qu’Allah continue à nous donner de tels exemples dans nos vies pour que nous puissions continuer à apprendre et implémenter ce qui nous conduit plus proche de Lui. Amine.

1- Invocations, invocations, invocations

"Rien de cela n’est de nous" insiste une mère de trois enfants diplomés de l’University de Berkeley qui n’ont jamais manqué intentionnellement une seule prière. "Tout commence et finit avec des invocations. C’est uniquement par Sa Générosité que nous avons été bénis avec des enfants croyants, nous n’avons aucune part en cela. Maintenant que nous l’avons, nous essayons de le garder en montrant de la gratitude et non en le prenant pour acquis."

Chaque famille interrogée à propos de l’éducation des enfants a inévitablement commencé par rappeler la puissance des invocations. "Chaque succès que j’ai vu dans la vie dans la vie de ma famille, je peux me souvenir avoir prié pour" admets une grand-mère de trois huffadh (qui ont mémorisé le Coran). "Si mes invocations ne se réalisent pas dans cette vie, j’ai confiance que cela arrivera dans l’autre, donc je patiente."

Une autre mère de quatre enfants dit : "J’ai récité sourate Maryam chaque nuit de ma grossesse. Je veux des enfants pieux plus que tout autre chose, c’est tout ce qui compte."

Une convertie suggère que les couples qui sont sur le point d’embarquer sur le chemin de la parentalité devraient se demander à eux-mêmes "Pourquoi voulons-nous des enfants ?" Elle croit au renouvellement quotidien de l’intention. "Pour qui faisons-nous cela ?" Quand elle est embarrassée par quelque chose que ses enfants ont dit ou fait, elle se questionne : "Pourquoi suis-je énervée ? Est-ce parce que j’ai peur que ce qu’ils font déplaise à Allah ? Ou bien est-ce parce que j’ai peur qu’ils déplaisent aux gens ?"
Son invariable invocation est que ses enfants vivent leur vie uniquement recherchant la satisfaction d’Allah.

Nombreux sont ceux qui se reposent sur la prière de consultation (Salat al Istikhara) avant toute importante décision modifiant leur vie et sur la prière du besoin (salat al haajah) lorsqu’ils souhaitent quelque chose qu’ils pensent crucial pour le bien-être de leurs enfants.

"Tout ce que j’ai est dû aux invocations de ma mère" pense une mère de cinq enfants. "Elle était celle qui priait toujours pour nous, même quand nous oubliions de le faire."

2- La compagnie peut vous construire ou vous détruire

Une mère d’enfants d’école élémentaire déclare : "J’ai un groupe d’amis qui croient en la philosophie que les enfants doivent être vus mais pas entendus. Ils plantent leurs enfants devant la télévision et les jeux vidéos pendant que les parents socialisent dans la pièce voisine. J’ai aussi un autre groupe d’amis qui font participer leurs enfants aux discussions des adultes, qui ne gardent pas les plus jeunes "loin des yeux, loin de l’esprit". Ce n’est pas un mystère de savoir avec quel groupe de personnes mes enfants préfèrent être."

"Parfois, je regarde les gens que je fréquente et pense "Quel s’est-il passé ?"" déclare en riant une mère qui a choisi de scolarisé ses trois enfants à la maison. "Aucune de ces personnes sont du type que j’aurais choisi quand j’étais plus jeune, mais j’admire la façon dont ils vivent leur vie and envie la paix et tranquilité qu’ils laissent derrière eux partout où ils vont. Ils ont une conscience qu’Allah est dans tout ce qu’oms font. Je veux passer ces qualités à mes enfants, voilà."

"La compagnie est de la plus haute importance. Si vous dormez avec les chiens, ne soyez pas surpris si vous vous réveillé avec des puces" conseille un savant respecté. Les mots qui marquent le plus dans leur sagesse : "Lorsque tu t’assoies avec les gens de dunya, tu deviens une goutte dans leur océan, mais si tu t’assoies avec les gens de l’akhira, dunya devient une goutte dans ton océan."

"Une personne est connue par qui sont ses amis." rappelait sans cesse une mère à ses enfants.

"J’avais une amie dont j’appréciais vraiment la compagnie" se rappelle une mère. "Elle était la meilleure personne avec qui partager une tasse de thé, faire les magasins." Quel s’est-il alors passé ? "Elle et son mari décidèrent qu’ils n’allaient pas élever leurs enfants en tant que Musulmans. Bien que nous nous aimions l’une et l’autre beaucoup, nous ne voyions pas de la même façon concernant les enfants. Il y avait certains comportement dans sa maison qui étaient de complet anathèmes pour nous. Je décidais que nous ne pouvions avoir une amitié indépendante. A un certain point, ses enfants commençaient à influencer mes enfants. Nous devions séparer nos chemins... C’est que nous avons fait."

Un père confesse avec un sourire penaud : "Je ne sais pas si nos enfants sont si conscients d’Allah à cause de quelque chose que nous avons fait. Mes nièces sont de très spirituelles jeunes femmes, et mes propres filles étaient toujours attirées par elles. Je pense que nous avons été chanceux que nos enfants veuillent suivre les traces de leurs cousins plus agés."

"Le Jour du Jugement, vous serez avec ceux que vous aimiez le plus dans la dunya, donc choisissez vos amis judicieusement." rappelle un savant.

Plus d’un parent a parlé du pouvoir qu’une personne charismatique, tante, oncle, imam, responsable de halaqa ou enseignant de l’école islamique a eu sur leurs enfants. Beaucoup d’adultes consacrent une bonne partie de leur week-ends à parcourir de longues distances pour enmener leurs enfants à des rencontres et évènements qu’ils espèrent bénéfiques pour eux par le fait d’être avec des gens semblables.
"Je crois fermement qu’aucun ami est mieux que de mauvais amis" affirme un père de cinq enfants, "mais j’ai fait des kilomètres supplémentaires pour être sur que mes enfants aient des amis avec lesquels ils s’entendent."

Une mère d’un enfant au collège dit avec le sourire : "Parfois les enfants commencent à se détourner de ce que les parents disent parce que tout a été dit avant. Mes propres parents m’ont dit de prier toute ma vie mais ce ne fut pas le cas jusqu’à ce que je rencontre une enseignante qui m’expliqua comment la prière nous était bénéfique, je compris enfin le message... Et c’étaient mes amis qui m’avaient menée à cette enseignante."

3- Le Prophète saws doit être une réalité vivante dans nos vies

Lorsqu’on a demandé à un savant "Que devons-nous enseigné à nos enfans ?", sa réponse fut rapide et explicite : "La biographie du Prophète saws et des anashids. Si vos enfants aime le Prophète saws, ils aimeront automatiquement Allah."

"La meilleure façon d’appeler les gens à l’Islam est qu’ils tombent amoureux du Prophète saws" insiste un autre savant. "Les enfants doivent craindre et aimer Allah mais enseigner-leur l’amour en premier. Ils peuvent apprendre la crainte quand ils sont plus grands... Et qui aimait Allah plus que le Prophète saws ?"

Un enfant de huit ans éclata en sanglot lorsqu’il réalisa que sa mère avait négligé de le réveiller pour la prière de Fajr. Les adultes qui étaient présents échangèrent des regards, se demandant quel genre de terreur les parents avaient du mettre dans le coeur de ce jeune. Etait-il effrayé qu’Allah le punisse ? Pensait-il qu’il allait brûler en enfer ? Après investigation, l’enfant révéla que la vraie cause de sa détresse était de savoir qu’il avait négligé quelque chose que le Prophète saws prenait très sérieusement, quelque chose dont il avait exhorté les croyants sur son lit de mort. Inutile de dire que la mère a été attentive de réveiller son fils à temps pour la prière depuis.

De nombreux parents ont inclus dans la routine quotidienne de réciter les invocations sounnah (invocations pour le début et la fin des repas, invocations pour entrer et sortir de la maison, invocations pour étudier, etc) jusqu’à ce que cela devienne automatique. Ce n’est pas une surprise pour les invités dans leurs maisons de voir les enfants jeunes de trois ans réciter l’invocation pour le voyage dès qu’ils sont fixés dans leur siège auto. "Nous ne minimisons aucune sounnah dans notre maison", dit un père Americano-Pakistani. "Une fois que vous commencez à penser "Oh, cette sounnah n’est pas très importante, on peut l’ignorer", vous êtes entrés dans un territoire dangereux. Qu’est-ce qui va suivre ?"

"La génération d’aujourd’hui est chanceuse, macha Allah", dit une grand-mère. "Quand nos enfants était jeunes, on trouvait difficilement une littérature ou média islamique de qualité. Les enfants d’aujourd’hui ont tant de choix ! Mes petits-enfants ont un nouveau livre de sirah [1] chaque année. Ils bourdonnent constamment des chansons sur le Prophète saws. Je prie qu’ils trouvent toujours la joie d’apprendre sur le Prophète saws, ainsi que les suivants incha Allah."

4- S’amuser n’est pas interdit à la maison, mais il faut garder l’environnement familial aussi pur que possible.

Une femme raconte : "Nous sommes Indiens mais nous n’avons jamais regardé de films Bollywood chez nous. Nous n’avions pas de soirée de danse bhangra, nous ne portions pas des vêtements dénudant comme des minuscules saris ou des blouses sans manches, nous n’étions pas autorisées à trop sociales avec nos cousins."

Sur le fond, ce qui est souvent excusé en tant que culture ne doit pas contredire la loi islamique que ses parents lui ont enseigné de respecter.

(JPEG) "Mais ne pensez pas que nous nous ennuyions et étions privés !", s’empresse-t-elle de dire. "Mes parents nous ont inculqué l’amour de la poésie Ourdou. Nous lisions des nouvelles classiques en anglais à haute vois les uns aux autres les soirées et allions faire des randonnées avec notre père les matinées. Ma mère nous montrait comment jardiner, mon père nous enseignait comment pêcher. Mon frère avait une feuille de route, les plus jeunes filles étaient des scouts. Nous avions une vie familiale pleine d’énergie et d’activité."

"C’est important de remplacer tout activité illicite (haram) que vous empêcher votre enfant de faire par au moins deux activités licites (halal) qu’ils peuvent apprécier.", conseille un conseiller de famille musulmane. "Vous ne voulez pas que vos enfants grandissent pensant que l’Islam est juste un ensemble de nons - non, tu ne peux pas faire ci, non tu ne peux pas faire ça. Faites que cela soit "Oui, nous pouvons !""

Une femme yéménite a suivi cette philosophie au coeur. Elle et son mari peuvent ne pas faire d’anniversaire ou des fêtes de fin d’année, mais quelles festivités ils arrangent ! Lorsque ses jumeaux ont mémorisé le trentième jouz, un pique-nique séparé en deux parties a été organisé dans le parc avec deux gâteaux gourmets et accessoires de fête pour tous. Lorsque cette même paire frère et soeur ont mémorisé le vingt-neuvième jouz, ils découvrirent en rentrant de l’école leurs chambres décorées de serpentins et remplies de cadeaux. Avec de tels souvenirs, les adultes musulmans doivent à coup sûr se retourner sur leurs enfances comme un temps rempli des célébrations.

"Il y a tant de tentations dans le monde extérieur. Nous ne pouvons protéger nos enfants de tout ce qui est mauvais", avertit un grand-père dévoué de dix enfants. "Mais c’est pour cette raison que la maison doit être une oasis où Allah est mentionné et obéi, où les enfants peuvent se détendre et se sentir chéris, où ils peuvent pratiquer leur religion sans sentir à avoir à donner des excuses ou paraître bizarre. L’environnement de la maison doit être licite (halal) autant que possible. Notre test était toujours : "Serions-nous honteux si le Prophète saws entrait dans notre maison à l’instant ? Y a-t-il quelque chose que nous voudrions cacher ?"."

Le résultat du test de cette famille était une maison bien rangée, simplement meublée, où la télévision était absente et les livres alignés sur les étagères. Les fleurs fleurissaient au dehors de chaque fenêtre, des calligraphies islamiques compliquées décoraient les murs, et une nourriture saine était servie avec générosité et enthousiasme à tous ceux qui entraient. La sérénité dans l’air était quelque chose de tangible.

Une fille d’une personne hautement respectée dans la communauté locale eut une réponse pertinente lorsqu’on lui demanda comment ses semblables restaient si proches de leurs parents bien qu’ayant été élévés dans un petite ville avec seulement une poignée de musulmans. N’ont-ils jamais été rebelles ? Comment ont-ils résisté à la sirène de la culture non islamique de leurs pairs qui les entoure ? "Si vous sentez l’amour dans votre maison, vous ne le cherchez pas ailleurs."

 

Extrait et traduit de l’article Raising Children with Deen & Dunya - Part 1, Al Huda Institute, Canada, www.alhudainstitute.ca



[1] Sirah : biographie du Prophète saws

 

Leila R.
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