Aslim Taslam

Jeune et Musulman

  N°39 Mars 2004

 

Ecoutera, n’écoutera pas la musique ?

 

Se rendre dans un lieu où il y a de la musique (supermarché, salle d‘attente, boutiques...), écouter de son plein gré de la musique, s’investir dans un groupe de musique, se battre pour la musique ? Que dit la religion à ce propos ?
Avant tout, je voudrais rappeler que nous vivons dans un pays occidental, où la musique est présente pratiquement partout. Par rapport à cela, il y a différentes conduites à tenir.

 

Afin de rester le plus neutre possible, je vais vous proposer quelques hadiths et versets à ce sujet car je ne pense pas être à la hauteur de donner une réponse exacte. La divergence des réponses que les savants donnent est très présente puisque d’une part nous avons des hadiths qui bannissent la musique, d’autre qui l’autorisent. Face à cela, le fait d’avoir le « pour » et le « contre » peut sembler contradictoire, mais il peut s‘expliquer par le fait que toutes les musiques ne sont pas interdites.

Hadiths contre la musique

Abou Mâlik Al Ach’ari (Qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète Mouhammad saws a dit : « Il y aura parmi ma oummah (communauté) des gens qui considéreront le vin, le porc, la soie (pour les hommes) et les instruments de musique (ma’âzif) comme étant licites. » (Boukhâri)

Dans une autre version, il est dit : « Des gens de ma communauté consommeront du vin en lui donnant une autre appellation. Des instruments de musique seront joués devant eux, et des chanteuses (seront également présentes). Allah les ensevelira dans le sol et transformera certains d’entre eux en singes et en porcs. » (Ibné Mâjah)

Abdoullah Ibné Oumar (Qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète Mouhammad saws a dit : « En vérité, Allah a interdit le vin, les jeux de hasard, le tambour et le Ghoubayrâ (instrument à six cordes, luth ou autre instrument de musique). » (Ahmad et Abou Dâoûd).

Nâfi’ (Qu’Allah l’agrée) raconte que Abdoullah Ibné Oumar (Qu’Allah l’agrée) entendit (lors d’un voyage) la flûte d’un berger. Il plaça alors ses doigts dans ses oreilles et écarta sa monture de la route en disant : « Nâfi’ ! Nâfi’ ! Entends-tu encore (le son de la flûte) ? » Je répondis : « Oui. » Il continua à avancer jusqu’à ce que je lui répondis : « Non. » Il leva alors ses mains et ramena sa monture vers la route et dit : « J’étais en présence du Prophète Mouhammad saws lorsqu’il entendit la flûte d’un berger. Il fit alors exactement la même chose. » (Ahmad, Abou Dâoûd, Ibné Mâja).
Un autre Hadith similaire est rapporté par Ibné Abbas (Qu’Allah l’agrée). (Ahmad)

Imrân Ibné Houssayn (Qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète Mouhammad saws a dit : « Il y aura dans cette communauté des ensevelissements, des défigurations et des lapidations (autre traduction possible : bombardements). » Un musulman demanda : « Ô Envoyé d’Allah ! Quand aura lieu cela ? » Il dit : « Lorsque proliféreront les chanteuses, les instruments de musique et lorsque sera bu le vin. » (Tirmidhi : Hadith Gharîb)

Abou Houraïra (Qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète Mouhammad saws a dit : « Lorsque (...) les voix s’élèveront dans les mosquées, le dirigeant d’un peuple sera le plus grand pécheur parmi eux, les gens de confiance seront les plus vils, on respectera un homme par crainte de ses méfaits (et non pas pour ses qualités), les chanteuses et les instruments de musique apparaîtront, le vin sera bu et (lorsque) la dernière partie de cette communauté maudira la première partie (c’est-à-dire les premiers musulmans, comme les Compagnons et les Tâbéïnes (Qu’Allah les agrée) : alors attendez-vous à ce moment à ce qu’un vent rougeâtre, des tremblements de terre, des ensevelissements, des défigurations, des lapidations voient le jour, ainsi que signes qui se suivront successivement, à l’instar des grains d’un chapelet qui s’est brisé tombent, les uns après les autres. » (Tirmidhi)

Abou Oumamah (Qu’Allah l’agrée) rapporte du Prophète Mouhammad saws : « Allah m’a envoyé comme miséricorde et guidée pour les mondes. Et Il m’a ordonné de faire disparaître les mazâmîr, les barâbit et les ma’âzif (différents instruments de musique), ainsi que les idoles qui étaient adorées durant l’Ignorance (Al Djâhiyliyah). » (Ahmad)

Ibné Mas’oud (Qu’Allah l’agrée) rapporte : « La musique fait pousser l’hypocrisie (Nifâq) dans le cœur. » (Abou Dâoûd et Bayhaqui). Des propos semblables sont rapportés de Abou Houraïra (Qu’Allah l’agrée).

Anas (Qu’Allah l’agrée) rapporte du Prophète Mouhammad saws : « Celui qui s’assoit pour écouter une chanteuse aura du plomb fondu coulé dans les oreilles le Jour Final. » (Abou Ishâq An naïsâboûri r.a.)

Ibné Mas’oud (Qu’Allah l’agrée) raconte que le Prophète Mouhammad saws entendit un homme chanter la nuit. Il dit : « Pas de prière pour lui ! Pas de prière pour lui ! Pas de prière pour lui ! (C’est-à-dire que ses prières ne sont pas acceptées). » (Abou Ishâq)

Abou Houraïra (Qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète Mouhammad saws a dit : « Ecouter (individuellement) les instruments de musique est un péché. Se rassembler pour le faire est un péché plus grave (Fisq). Y prendre du plaisir est du Koufr (Les savants ont traduit ici le terme Koufr par manque de reconnaissance envers les bienfaits de Dieu). » (Abou Ishâq)

Ali (Qu’Allah l’agrée) cite ceci du Prophète Mouhammad saws : « J’ai été envoyé pour briser les instruments de musique. » (Ibné Ghaylân)

Oumar (Qu’Allah l’agrée) rapporte du Prophète Mouhammad saws : « Le salaire du chanteur et de la chanteuse est illicite. » (Tabrâni)

Puis des hadiths en faveur de la musique

Bouraïdah (Qu’Allah l’agrée) dit : Le Prophète Mouhammad saws partit une fois pour une campagne militaire. A son retour, une jeune fille noire vint le voir et dit : « Ô Envoyé d’Allah ! J’avais formulé le vœu que si Allah vous ramenait sain et sauf, je jouerai du Douff (Il s’agit d’une sorte de tambourin qui existait déjà à l’époque du Prophète Mouhammad saws et qui était employé aussi bien pour la musique que lors des proclamations et annonces publiques) en votre présence et je chanterai. » Le Prophète Mouhammad saws lui dit : « Si tu as réellement fait ce vœu, alors tu peux jouer... Au cas contraire, non. » Elle commença alors à le faire. Abou Bakr (Qu’Allah l’agrée) entra et elle continua à jouer. Puis Ali (Qu’Allah l’agrée) entra et elle continua encore. Ce fut ensuite au tour de Othmân (Qu’Allah l’agrée) d’arriver et elle ne s’arrêta pas. Enfin, Omar (Qu’Allah l’agrée) entra : Elle cacha alors son Douff sous elle et s’assit dessus. Le Prophète Mouhammad saws fit alors la réflexion suivante : « Satan a peur de toi, Ô Omar ! J’étais assis et elle était en train de jouer du douff. Abou Bakr (Qu’Allah l’agrée) est entré et elle a continué à jouer. Puis Ali (Qu’Allah l’agrée) est arrivé et elle a continué encore. Ce fut ensuite au tour de Othmân (Qu’Allah l’agrée) d’arriver et elle ne s’est pas arrêtée. Enfin, lorsque tu es entré, Ô Omar, elle a caché le Douff ! » (Ahmad et Tirmidhi)

Aïcha (Qu’Allah l’agrée) raconte que Abou Bakr (Qu’Allah l’agrée) est entré chez elle une fois, alors que deux fillettes parmi les Ansârs étaient présentes. Elles étaient en train de chanter les actes (de courage et de bravoure) des Ansârs lors de la bataille de Bou’ath. Mais elles n’étaient pas de véritables chanteuses. Abou Bakr (Qu’Allah l’agrée) dit alors : « Quoi ? Des instruments (de musique) de Satan dans la maison de l’Envoyé d’Allah ? » C’était le jour de l’aïd. Le Prophète Mouhammad saws dit : « Ô Abou Bakr ! Chaque peuple a sa fête et c’est aujourd’hui la notre. » (Boukhâri)

Ces hadiths sont très clairs, et en guise de conclusion, je terminerais par un verset :

« Et, parmi les hommes, il est [quelqu’un] qui, dénué de science, achète de plaisants discours pour égarer hors du chemin d’Allah et pour le prendre en raillerie. Ceux-là subiront un châtiment avilissant. »
Sourate 31, Luqman, verset 6

Et Allah seul sait.


 

Nora H.

 

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