Aslim Taslam

 

N°17 Mai 2002

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Londres

 

Introduire ce poème vibrant ne sera certainement pas une chose aisée. De multiples facteurs, en effet, de nature différente s’entrecroisent et rendent la tentative extrêmement délicate. Le poète, ambassadeur de l’Arabie Saoudite à Londres, brosse un tableau criant d’injustice, d’humiliation, d’héroïsme et de mort.

Une nation, en l’occurrence arabe - émergée d’un passé fier et glorieux déroute la raison par son indécision, son mutisme, son incapacité à surgir. Nous est proposé dans ce poème l’image d’une nation désespérante, humiliée - par son propre choix - qui se confond à celle de l’impuissance du meilleur des étalons, puisqu’il est castré !

Heureusement pour cette nation, certains de ses fils et filles résistent encore, luttent et combattent l’ennemi pour pouvoir recouvrer leur liberté et lui rendent par là même dignité et fierté. Epris de justice et de liberté et dégoûtés, par la même occasion, de la mort des vivants, des jeunes garçons et filles mettent terme à cette situation injuste par une explosion d’un tonnerre assourdissant semant la mort et la destruction autour.

C’est pour Ayat, symbole de l’héroïsme et de l’altruisme, que le poète a voulu rendre éternel sa mémoire. Ayat est une jeune fille, belle de surcroît, qui a voulu - par son action - arracher cette nation arabe, engluée dans le marasme de l’humiliation. Mais qu’importe les fatwas, les beaux poèmes et les nobles sentiments de toute l’humanité à l’égard des écrasés et des humiliés, si les bombes et les missiles continuent à moissonner leurs âmes innocentes. Tant que les faiseurs d’injustice font leurs jeux macabres, il ne faut pas s’étonner que des milliers de jeunes soient des Aye et des Ayat.


Les Martyres

Vous êtes des martyres, Dieu en est témoin
En seront témoins, aussi, les prophètes et les saints

Vous êtes morts pour élever la parole de Dieu
Dans des lieux par l’Isra* enorgueillis

Suicidés ? Vous ? Non, nous sommes les suicidés dans une vie
Où les vivants sont des morts !

Ô peuple ! Nous sommes morts
Allons écouter ce que de nous dit l’élégie

Impuissants ! Même l’impuissance, de nous s’est plainte
Et nous avons pleuré, jusqu’à ce que les pleurs nous méprisent

Agenouillés, jusqu’au dégoût de l’humiliation
Nous avons espéré, jusqu’à ce qu’espérance ne supporte plus

Nous nous sommes plaints aux démons d’une Maison Blanche
De l’injustice son cœur est gros

Avons léché la botte de « Sharon », jusqu’à crier :
Halte ! Vous m’avez mutilé la botte

Ô peuple ! Nous sommes morts
Et même des tombes nous sommes rejetés

Dis à « Ayat », fille de noblesse !
Que toute beauté, pour ses yeux, soit sacrifiée

Lorsque, de mon peuple, sont castrés les meilleurs des étalons
Résiste au criminel, la belle

Embrassant la mort et riant de bon cœur
D’autres, allure de chefs, fuient la mort

Le paradis t’a ouvert sa porte en te souhaitant la bienvenue
Et Fatima* t’a accueilli les bras ouverts

Dis : Halte à ceux qui embellissent les fatwas
Car, peut-être qu’un fatwa révolterait le ciel

Lorsque le djihad appelle, s’éclipsent
Encre, plume, livres et érudits

Lorsque le djihad appelle, plus de fatwas
Le jour du djihad, c’est le sang

Isra : Voyage nocturne effectué par le prophète Mohammad saws de la Mecque à Jérusalem.
Fatima : Fille du Prophète saws et épouse de Ali Ibn Abi Taleb.

Ghazi Alqossaibi Londres, avril 2002


L’ambassadeur fut convoqué par le Foreign Office du gouvernement britannique suite aux protestations de la communauté juive pour le contenu du poème ; concept du martyre et éloge de la mort.


 


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